TotalEnergies annonce un projet pétrolier de 200.000 b/j au Suriname

Le directeur général de Total Energies, Patrick Pouyanné (à gauche), à côté du directeur général de l'entreprise publique Staatsolie, Annand Jagesar, lors d'une conférence de presse à Paramaribo, au Suriname, le 13 septembre 2023. (AFP).
Le directeur général de Total Energies, Patrick Pouyanné (à gauche), à côté du directeur général de l'entreprise publique Staatsolie, Annand Jagesar, lors d'une conférence de presse à Paramaribo, au Suriname, le 13 septembre 2023. (AFP).
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Publié le Jeudi 14 septembre 2023

TotalEnergies annonce un projet pétrolier de 200.000 b/j au Suriname

  • "Les études de développement du Bloc 58 que nous lançons aujourd'hui constituent une étape majeure vers la mise en valeur des ressources pétrolières du Suriname", a affirmé M. Pouyanné
  • Ancienne colonie néerlandaise de 600.000 habitants, le Suriname est plongé dans une grave crise économique, avec une inflation galopante

PARAMARIBO: TotalEnergies va lancer des études de développement d'un grand projet pétrolier de 9 milliards de dollars et de 200.000 barils/jour au large du Suriname, avec "pour objectif" de prendre une décision finale d'investissement "fin 2024", a annoncé son PDG Patrick Pouyanné à Paramaribo, capitale de ce petit pays du nord-est de l'Amérique du sud.

"Les études de développement du Bloc 58 que nous lançons aujourd'hui constituent une étape majeure vers la mise en valeur des ressources pétrolières du Suriname", a affirmé M. Pouyanné, après une rencontre avec le président surinamien, Chan Santokhi, et le PDG de la compagnie pétrolière nationale Staatsolie, Annand Jagesar.

"La décision finale d'investissement" (FID qui décide de l'exploitation ou non) est "attendue pour la fin de l'année 2024 avec un objectif de production en 2028", selon un communiqué de TotalEnergies.

Ancienne colonie néerlandaise de 600.000 habitants, le Suriname est plongé dans une grave crise économique, avec une inflation galopante et une dette extérieure qui a explosé. Le pays attend avec impatience l'exploitation de réserves de pétrole qui s'annoncent importantes et pourraient le transformer en El Dorado.

Son petit voisin le Guyana a déjà commencé à exploiter ses gisements, qui en font le premier pays au monde en réserves de pétrole per capita.

Le bloc offshore 58 du Suriname est situé à proximité de l'immense zone d'ExxonMobil dans l'ouest du Guyana et devrait devenir le premier projet pétrolier offshore du pays.

"L'appréciation des deux principales découvertes de pétrole, Sapakara South et Krabdagu, s'est achevée avec succès en août (...) et a confirmé des ressources cumulées de près de 700 millions de barils pour les deux champs", indique le communiqué.

"Ces réserves, situées entre 100 m et 1.000 m de profondeur, seront produites par un système de puits sous-marins reliés à un FPSO (unité flottante de production, stockage et chargement) situé à 150 km de la côte du Suriname, d'une capacité de 200.000 barils par jour", souligne le communiqué de TotalEnergies. "Ce projet représente un investissement d'environ 9 milliards de dollars" (8,3 milliards d'euros).

« Préparez-vous! »

Selon le communiqué, le pétrolier français est "l'opérateur du Bloc 58, avec une participation de 50% au côté" de l'américain "APA Corporation".

Toutefois, le président Santokhi a précisé que Staatsolie allait exercer son droit de participation à hauteur de 20%.

"20% des recettes vont à la Staatsolie, ce qui signifie en clair: 20 milliards de dollars de recettes en 20 ans. Recettes uniquement pour l'État", a-t-il déclaré, indiquant que ce montant ne comprenait pas les impôts ou encore les effets directs et indirects de la production.

"Tous les Surinamiens. Le secteur financier, des assurances, l'industrie locale, le tourisme, la restauration, les hôtels, les taxis, tous ceux qui font quelque chose, préparez-vous!", a-t-il lancé. "C'est le marché en milliards que le Suriname attend depuis des années. Je l'ai déjà dit: il y a de la lumière au bout du tunnel".

Le président a aussi estimé qu'il fallait "une bonne gouvernance" et profiter de la manne pour diversifier l'économie en vue d'un "développement durable".

TotalEnergies et ses partenaires détiennent également des contrats de partage de production sur les blocs 6 et 8 en eaux peu profondes avec Staatsolie, près de la frontière avec le Guyana. D'une profondeur comprise entre 30 et 50 mètres, les blocs 6 et 8 sont adjacents au bloc 58.

TotalEnergies exploitera les deux blocs avec une participation de 40%, aux côtés de QatarEnergy (20%) et de Paradise Oil Company (POC), une filiale de Staatsolie (40%).


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.