Les États arabes du Golfe et d’Asie centrale poursuivent leur intégration économique, selon les experts

La 18e réunion consultative des dirigeants du CCG et le sommet du Golfe avec les pays d'Asie centrale du C5, à Jeddah. (Dossier)
La 18e réunion consultative des dirigeants du CCG et le sommet du Golfe avec les pays d'Asie centrale du C5, à Jeddah. (Dossier)
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Publié le Jeudi 14 septembre 2023

Les États arabes du Golfe et d’Asie centrale poursuivent leur intégration économique, selon les experts

  • Au mois de juin, l’Arabie saoudite et le Kazakhstan sont convenus d’établir un cadre de coopération dans le secteur énergétique
  • Les pays du Golfe souhaitent également investir dans l’agriculture, les projets de chaîne d’approvisionnement et la main-d’œuvre qualifiée en se tournant vers les marchés d’Asie centrale

WASHINGTON: Une récente vague de coopération économique étendue entre les États arabes du Golfe et les républiques d’Asie centrale a le potentiel de stimuler les économies des deux régions riches en pétrole et de renforcer la coopération et les liens économiques. 

Tel est l’avis partagé par des experts lors d’une discussion intitulée «États du Golfe, Asie centrale et Caucase du Sud: une action sans précédent en faveur de l’intégration économique serait-elle en cours?» et organisée mercredi par l’Institut du Moyen-Orient, basé à Washington. 

Au mois de juillet, l’Arabie saoudite a accueilli un sommet qui a marqué la première réunion collective entre les États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG: le Royaume, les Émirats arabes unis [EAU], Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman) et le groupe C5 des pays d’Asie centrale (Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan, Kirghizistan et Kazakhstan), dans le but de stimuler le commerce et la coopération économique entre les régions. 

Akbota Zholdasbekova, professeure agrégée de relations internationales à l’université nationale eurasienne L.N. Gumilyov du Kazakhstan, déclare que l’Arabie saoudite et les EAU sont des chefs de file parmi les États du Golfe en matière d’investissement dans l’Asie centrale, riche en énergie, dans le cadre de leurs efforts visant à diversifier leurs portefeuilles d’investissement et à ouvrir de nouveaux marchés aux exportations. 

Elle affirme que les pays d’Asie centrale tirent profit de telles initiatives, car elles contribuent à stimuler la croissance économique et à établir de nouvelles voies pour le commerce et les investissements bilatéraux. L’Arabie saoudite et les EAU ont déjà investi des centaines de millions de dollars (1 dollar = 0,93 euro) dans des sociétés énergétiques au Kazakhstan et dans d’autres pays de la région, ajoute-t-elle. 

Au mois de juin, l’Arabie saoudite et le Kazakhstan sont convenus d’établir un cadre de coopération dans le secteur énergétique, pour soutenir les efforts du Royaume visant à faire progresser ses partenariats énergétiques mondiaux. L’accord envisage une collaboration dans les domaines du pétrole, du gaz, du raffinage, de la pétrochimie, de l’électricité et des énergies renouvelables. 

Mohammed al-Sulami, directeur de Rasanah, l’Institut international d’études iraniennes à Riyad, met en lumière les similitudes entre les deux blocs régionaux et déclare qu’à mesure que les États du Golfe recherchent des possibilités économiques, ils redécouvrent le potentiel des États d’Asie centrale en tant que partenaires précieux ayant des valeurs et des objectifs communs. 

Les pays du Golfe souhaitent également investir dans l’agriculture, les projets de chaîne d’approvisionnement et la main-d’œuvre qualifiée que les marchés d’Asie centrale sont bien placés pour fournir, ajoute-t-il. 

M. Al-Sulami soutient également que les pays du Golfe ne prennent pas parti dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui a des effets négatifs sur l’économie mondiale et le commerce régional, malgré les pressions américaines et européennes en ce sens. 

«La politique actuelle des États du Golfe est que nous voulons être un pont… sans avoir à prendre parti», renchérit-il. 

Fariz Ismailzade, de l’université ADA de Bakou, indique que l’Azerbaïdjan se tourne traditionnellement vers l’Europe pour ses relations commerciales et bilatérales, mais qu’il existe désormais une conviction plus large dans le pays, selon laquelle le Golfe a plus de valeur. L’Azerbaïdjan devrait donc se tourner vers «notre région» pour trouver de meilleures options en matière de croissance économique et de développement. 

Notant que les échanges commerciaux entre l’Azerbaïdjan et les pays du Golfe ont été multipliés par cinq à dix au cours des cinq dernières années, il ajoute: «Le plus important est que l’Azerbaïdjan considère la région du Golfe comme un partenaire stratégique parce qu’elle est une source majeure d’investissements, de tourisme et de croissance économique.» 

M. Ismailzade souligne par ailleurs que l’Azerbaïdjan a signé deux contrats importants avec Acwa et Masdar, des sociétés énergétiques d’Arabie saoudite et des EAU, qui ont investi massivement en Azerbaïdjan. 

«L’Azerbaïdjan sera ainsi en mesure d’exporter de l’énergie propre et renouvelable vers l’Europe, ce qui stimulera la croissance économique du pays», conclut-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.