La Poste au tribunal mardi, accusée de «fermer les yeux» sur «l'exploitation de sans-papiers»

Des manifestants défilent derrière une banderole intitulée "La Poste française exploite les demandeurs d'asile", lors d'une manifestation contre le projet de loi sur l'asile et l'immigration du ministre français de l'Intérieur, Gerald Darmanin, à Paris, le 29 avril 2023. (Photo Alain JOCARD / AFP)
Des manifestants défilent derrière une banderole intitulée "La Poste française exploite les demandeurs d'asile", lors d'une manifestation contre le projet de loi sur l'asile et l'immigration du ministre français de l'Intérieur, Gerald Darmanin, à Paris, le 29 avril 2023. (Photo Alain JOCARD / AFP)
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Publié le Dimanche 17 septembre 2023

La Poste au tribunal mardi, accusée de «fermer les yeux» sur «l'exploitation de sans-papiers»

  • Après deux ans de procédures, le groupe se défendra mardi lors de l'audience au fond devant le tribunal judiciaire de Paris
  • Un nombre croissant de multinationales se voient reprocher de ne pas respecter leur «devoir de vigilance», telles TotalEnergies, Suez, BNP Paribas, Casino, Yves Rocher, Teleperformance

PARIS: La Poste comparaîtra mardi au tribunal de Paris, assignée par le syndicat Sud PTT qui l'accuse de manquer à son "devoir de vigilance" sur les conditions d'emploi de travailleurs sans-papiers au sein de ses filiales Chronopost et DPD France.

Le syndicat reproche à La Poste de "fermer les yeux sur ce qui se passe dans ces entrepôts où sont exploités des sans-papiers" alors qu'elle a "l'obligation de prendre des mesures concrètes (et pas uniquement de belles déclarations) vis-à-vis de ses sous-traitants", dénonce Sud PTT dans un communiqué de presse.

Sud PTT a mis en demeure plusieurs fois La Poste depuis 2020, pointant du doigt des "insuffisances manifestes" dans la rédaction et la mise en œuvre de son plan de vigilance, obligatoire depuis une loi de 2017.

Le syndicat lui demande de rendre publique une cartographie "des risques et atteintes graves envers les droits humains, les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes", selon une assignation de 2021 que l'AFP s'est procurée, mais aussi de publier la liste exhaustive de ses fournisseurs et sous-traitants, les procédures d'évaluation adaptées aux risques ainsi que de prendre des "mesures adéquates pour éviter le travail dissimulé".

Après deux ans de procédures, le groupe se défendra mardi lors de l'audience au fond devant le tribunal judiciaire de Paris.

Il dit réserver "selon l'usage, ses réponses et ses arguments" à la justice, mais précise toutefois à l'AFP avoir "toujours veillé au respect" de ses obligations, à savoir la publication annuelle d'un plan de vigilance "conforme à la loi", veiller à sa mise en œuvre "effective" et transcrite dans un compte-rendu, "en toute transparence vis-à-vis des organisations syndicales".

"La Poste, avec l'ensemble de ses filiales, condamne fermement tout travail illégal", ajoute le groupe.

"C'est la première fois en France qu'un juge tranchera sur le fond d'un dossier lié au devoir de vigilance", se réjouit le conseil de Sud PTT, Céline Gagey. "D'autres affaires existent, mais elles butent sur des questions de procédure".

«Cascade de sous-traitants»

Un nombre croissant de multinationales se voient reprocher de ne pas respecter leur "devoir de vigilance", telles TotalEnergies, Suez, BNP Paribas, Casino, Yves Rocher, Teleperformance.

Ce devoir leur a été imposé par une loi de 2017 obligeant les grosses sociétés françaises à publier un plan de vigilance sur les risques humains et environnementaux de leurs activités, y compris au sein de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.

A ce jour, aucune procédure n'a abouti à une condamnation.

En juin dernier, le Parlement européen a voté pour imposer aux entreprises de l'Union européenne un "devoir de vigilance", dont le texte doit encore être négocié avec les États membres.

L'idée, c'est qu'en cas de manquement, le donneur d'ordre ne "puisse pas se cacher derrière une cascade de sous-traitants", explique Céline Gagey.

Ce sujet de la sous-traitance est "d'actualité à l'heure des débats de la loi immigration qui portent sur la régularisation des sans-papiers dans les secteurs +en tension+", souligne l'avocate.

En 2022, l'AFP avait rencontré des travailleurs sans-papiers de Chronopost et DPD en grève à Alfortville (Val-de-Marne) depuis neuf mois, logés dans des abris de fortune au bord d'une zone industrielle.

"Ils sont toujours là", s'exclame Nicolas Galépides, responsable fédéral de Sud PTT, interrogé par l'AFP.

Des centaines de personnes travaillent pour ces deux filiales de La Poste, embauchées par "des agences d'intérim véreuses", pour le compte de Derichebourg d'abord puis par Onet et Atalian, explique M. Galépides.

La Poste avait été condamnée en 2020 pour prêt illicite de main-d'œuvre et marchandage après la mort d'un salarié non déclaré d'un sous-traitant, Seydou Bagaga, qui s'était noyé en voulant rattraper un colis dans la Seine. Après une cassation de la procédure, l'affaire est toujours en cours, précise M. Galépides.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.