Interview Fox News: Mohammed ben Salmane aborde les relations avec les États-Unis, l'Iran et la paix avec Israël

Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane s'adressant à Bret Baier de Fox News (Photo, X/@Bandaralgaloud).
Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane s'adressant à Bret Baier de Fox News (Photo, X/@Bandaralgaloud).
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Publié le Vendredi 22 septembre 2023

Interview Fox News: Mohammed ben Salmane aborde les relations avec les États-Unis, l'Iran et la paix avec Israël

  • Le prince héritier a déclaré que les relations avec les États-Unis étaient compliquées mais qu'il entretenait de bonnes relations avec le président Biden
  • «Pour nous, la question palestinienne est très importante. Nous devons résoudre cette question», a précisé le prince héritier

NEOM: Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a évoqué le partenariat stratégique saoudo-américain, la normalisation des relations avec Israël et a prévenu que si l'Iran se dotait d'une arme nucléaire, l’Arabie saoudite «devrait se procurer une».

S'adressant à Bret Baier, de Fox News, lors d'une interview diffusée mercredi et filmée à Neom, le prince Mohammed a signalé: «Nous avons de nombreuses relations sécuritaires et militaires qui renforcent la position de l'Arabie saoudite et du Moyen-Orient, ainsi que la position de l'Amérique dans le monde.»

Il a également déclaré que, même si les relations avec les États-Unis étaient compliquées, il entretenait de bonnes relations avec le président américain, Joe Biden.

«L'agenda entre l'Arabie saoudite et l'Amérique, aujourd'hui, est vraiment intéressant et nous avons une relation extraordinaire avec le président Biden», a assuré le prince héritier.

«Il est vif d’esprit, il est très concentré et bien préparé, et c'est ce que je vois», a-t-il ajouté.

Lors de l’interview, le prince héritier a de plus rappelé que l'Arabie saoudite avait enregistré la croissance la plus rapide du produit intérieur brut parmi les pays du G20 pour deux années consécutives.

Question palestinienne

Selon Mohammed ben Salmane, «chaque jour, nous nous rapprochons» de la normalisation des relations de l’Arabie saoudite avec Israël.

«Pour nous, la question palestinienne est très importante. Nous devons résoudre cette question», a déclaré le prince héritier lorsqu'on lui a demandé ce qu'il faudrait faire pour obtenir un accord de normalisation. «Et nous avons de bonnes négociations qui se poursuivent jusqu'à présent.»

«Nous devons voir où nous allons. Nous espérons que cela aboutira, que notre démarche facilitera la vie des Palestiniens et qu'elle permettra à Israël de jouer un rôle au Moyen-Orient», a-t-il poursuivi.

Lorsque Baier lui a demandé si les négociations entre l’Arabie saoudite et Israël avaient été suspendues, le prince héritier a répondu: «Non, ce n’est pas vrai.»

Si l'administration du président américain, Joe Biden, arrive à négocier un accord entre l'Arabie saoudite et Israël, il s'agirait certainement de l'accord le plus important depuis la fin de la guerre froide», a-t-il souligné.

Le prince Mohammed a insisté sur le fait que si l'Iran devait acquérir l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite devrait également en posséder une, ajoutant que Riyad est préoccupé par le fait que tout pays obtienne ou utilise une arme nucléaire, affirmant que le monde ne pouvait pas tolérer «un autre Hiroshima».

«C'est une mauvaise décision. Si vous l'utilisez, vous devrez vous battre avec le reste du monde. Il est inutile de posséder des armes nucléaires car elles ne peuvent pas être utilisées», a-t-il poursuivi.

Depuis l'accord signé en mars entre l'Arabie saoudite et l'Iran sous l'égide de la Chine, pour rétablir leurs relations diplomatiques, le prince héritier a déclaré que les relations avec Téhéran progressaient bien et qu'il espérait qu'elles continueraient à le faire dans l'intérêt de la sécurité et de la stabilité régionales.

11 septembre 2001

L'un des piliers du programme de réforme, la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, consiste à faire du pays une destination touristique mondiale. Le prince héritier a indiqué que les investissements dans le secteur feraient passer sa contribution au PIB saoudien de 3 à 7%.

D’après Mohammed ben Salmane, la décision de l'Opep de réduire la production de pétrole était fondée sur la stabilité du marché et n'avait pas pour but d'aider la Russie à mener sa guerre en Ukraine.

«Si l'offre est insuffisante, notre rôle au sein de l'Opep+ est de combler cette pénurie. Si l'offre est excédentaire, le rôle de l'Opep+ est de l’évaluer pour assurer la stabilité du marché», a-t-il précisé.

Baier a évoqué les liens entre l'Arabie saoudite et les attaques terroristes du 11 septembre aux États-Unis, ainsi que les rapports faisant état d'un soutien gouvernemental aux terroristes, dont 15 étaient des citoyens saoudiens.

Le prince héritier a rejeté cette affirmation, soulignant le fait que Ben Laden avait planifié et exécuté des attaques contre l'Arabie saoudite dans les années 1990. C’était un ennemi commun à nos deux pays, a-t-il ajouté. 

À propos des accusations selon lesquelles l'Arabie saoudite ferait du «sportswashing», c'est-à-dire améliorer son image par le biais du sport dans le monde entier, le prince héritier a assuré que «si le sportswashing permet d'augmenter le PIB de 1%, alors je continuerai à le faire, je vise 1,5% de plus. Appelez cela comme vous voulez, nous allons l'obtenir.»

Interrogé sur la fusion entre le LIV Golf League, soutenue par le Fonds d'investissement public saoudien, et le PGA Tour, le prince a ajouté: «Cela va changer la donne pour le domaine du golf, vous allez vous concentrer sur le développement du jeu et c'est une bonne chose pour les joueurs et les fans» de ce sport.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com