Les prix du blé et du maïs arrêtent leur chute, mais le marché reste déprimé

Après avoir déjà diminué ses prévisions en août, le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a de nouveau abaissé, de 6 millions de tonnes, son estimation de production mondiale de blé pour la campagne en cours, principalement du fait de récoltes inférieures aux attentes en Australie, Canada et Argentine, frappés par la sécheresse. (AFP).
Après avoir déjà diminué ses prévisions en août, le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a de nouveau abaissé, de 6 millions de tonnes, son estimation de production mondiale de blé pour la campagne en cours, principalement du fait de récoltes inférieures aux attentes en Australie, Canada et Argentine, frappés par la sécheresse. (AFP).
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Publié le Jeudi 21 septembre 2023

Les prix du blé et du maïs arrêtent leur chute, mais le marché reste déprimé

  • Depuis le printemps, le blé vit au rythme des exportations russes, qui inondent le marché, à prix cassés, et rognent sur les parts de marché d'autres grands producteurs
  • Mais depuis quelques jours, "il n'y a pas que des nouvelles négatives pour les cours qui arrivent de Russie"

NEW YORK: Après de longues périodes de baisse, les cours du blé et du maïs semblent avoir trouvé un plancher, mais l'offre abondante empêche ces marchés de rebondir franchement, alors que la récolte bat son plein en Europe et aux Etats-Unis.

"Ce mois de septembre est la meilleure occasion pour le blé de se stabiliser, en particulier avec le rapport de l'USDA, la semaine dernière", a commenté Michael Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting.

Après avoir déjà diminué ses prévisions en août, le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a de nouveau abaissé, de 6 millions de tonnes, son estimation de production mondiale de blé pour la campagne en cours, principalement du fait de récoltes inférieures aux attentes en Australie, Canada et Argentine, frappés par la sécheresse.

Depuis le printemps, le blé vit au rythme des exportations russes, qui inondent le marché, à prix cassés, et rognent sur les parts de marché d'autres grands producteurs, en premier lieu les Etats-Unis, dont les exportations sont en baisse de quasiment 30% par rapport à 2022.

Mais depuis quelques jours, "il n'y a pas que des nouvelles négatives pour les cours qui arrivent de Russie", explique Michael Zuzolo.

Selon l'analyste, des signaux laissent penser que les producteurs russes cherchent à obtenir des prix plus élevés, quitte à écouler moins de marchandises à court terme.

"Il paraît de plus en plus évident que les Russes ont mis en place un prix plancher à 270 dollars la tonne +FOB+ (hors frais de transport, taxes et assurances), alors qu'ils étaient encore récemment autour de 230 dollars", avance Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage.

"On assiste à un durcissement côté russe, qui fait un peu le jeu des autres origines", poursuit l'analyste. "On a l'impression qu'ils essaient de jouer en blé ce qu'ils font en pétrole, en essayant de maintenir un certain niveau de prix pour amasser des gains."

Selon Michael Zuzolo, certaines régions russes auraient, en outre, été pénalisées par une pénurie de carburant, qui a perturbé les récoltes et le transport de la céréale reine.

Par ailleurs, le cabinet SovEcon a abaissé mercredi sa projection pour la récolte russe de blé, à 92,1 millions de tonnes contre 91,6 jusqu'ici, du fait de la sécheresse en Sibérie.

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Récoltes record

L'annonce du départ du port ukrainien de Tchornomorsk d'un vraquier transportant 3.000 tonnes de blé en début de semaine, malgré les menaces répétées de Moscou, n'a pas joué sur les cours, car le chargement était symbolique au regard des exportations ukrainiennes.

"On voit qu'il n'y a pas eu trop de galères pour charger ce bateau mais c'est une toute petite goutte d'eau", insiste ainsi Gautier Le Molgat, du cabinet Agritel. "Il faudrait vraiment repartir sur des bateaux en eaux profondes (par la mer Noire plutôt que le Danube) pour être dans une phase de dynamique export."

Globalement, malgré le tableau plus contrasté en Russie, "il n'y a pas de vrai motif à un rebond" du blé, "même si je ne vois pas les cours descendre de nouveau", estime Rich Nelson, d'Allendale.

La situation est plus sombre encore pour le maïs, dont les récoltes sont en cours en Europe et en Amérique du Nord, période traditionnellement propice à un fléchissement des cours.

Mi-septembre, la graminée a touché aux Etats-Unis un plancher qu'elle n'avait plus connu depuis près de trente mois, tandis qu'en Europe, elle est tombée à son plus bas depuis mars 2022, soit aux premiers jours de l'invasion de l'Ukraine.

La "nécessité de trouver une compétitivité par rapport au blé et les disponibilités pèsent sur ce produit", situe Gautier Le Molgat.

Selon Arlan Suderman, de StoneX, la récolte américaine de maïs devrait montrer "des rendements décevants", du fait d'un manque de précipitations, mais d'une ampleur insuffisante pour faire nettement réagir les opérateurs.

L'USDA s'attend toujours à une production mondiale record de maïs, à 1.214 millions de tonnes, ainsi qu'à des stocks de fin de période colossaux, plombant durablement les cours.

Relativement préservé jusqu'ici des affres du blé et du maïs, le soja subit à son tour une correction.

L'oléagineux a reculé mardi à son plus bas depuis plus de trois mois, sapé, là aussi, par la perspective d'une récolte historique, dopée par le Brésil.

Côté demande, relève Arlan Suderman, l'accumulation récente de stocks par la Chine fait craindre que le marché chinois ralentisse ses achats dans les mois à venir.


La transformation de l’économie saoudienne crée des opportunités, selon un responsable du PIF

S'exprimant lors du forum Future Investment Initiative Priority à Miami, Jerry Todd a présenté les trois piliers de la transformation de l'économie saoudienne (Capture d'écran/FII Priority).
S'exprimant lors du forum Future Investment Initiative Priority à Miami, Jerry Todd a présenté les trois piliers de la transformation de l'économie saoudienne (Capture d'écran/FII Priority).
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  • Selon Jerry Todd, les changements économiques structurels en Arabie saoudite requièrent des ressources et des talents, des capitaux et des capacités d'exploitation au niveau mondial
  • Un ancien secrétaire au Trésor américain a souligné les opportunités d'investissement dans les énergies propres et la transformation énergétique dans le Moyen-Orient élargi

LONDRES: Il est important que les investisseurs comprennent les changements structurels à long terme de l'économie saoudienne qui sont en cours et les opportunités qu'ils offrent, a déclaré jeudi le chef de la division du développement national du Fonds d'investissement public saoudien.

S'exprimant lors du forum «Future Investment Initiative Priority» à Miami, Jerry Todd a déclaré que les trois piliers de cette transformation sont l'industrialisation de l'économie, le développement et l'expansion des secteurs de services, et le renforcement des capacités en matière d'énergie verte.

«La Vision 2030 est le plan directeur de cette transformation économique. Il s'agit d'un projet national, mais il nécessite des ressources, des talents, des capitaux et des capacités d'exploitation à l'échelle mondiale», a-t-il indiqué. «L'attraction de ces ressources en Arabie saoudite fait partie intégrante de ce plan.»

«La question de savoir ce qui va se passer ensuite dépend vraiment de la capacité des personnes présentes dans cette salle, et des personnes présentes dans des salles comme celle-ci, à apprendre davantage et à essayer de comprendre ce qui se passe en Arabie saoudite. Personnellement, je suis optimiste, je pense qu'il y a une prise de conscience croissante des opportunités qui sont créées», a ajouté Todd.

«Une autre chose qui est en train de changer est la capacité de l’économie nationale d’absorber les investissements à long terme, en grande partie grâce à la construction de l’industrie qui se déroule dans le cadre de la Vision 2030. Il s’agit de créer des occasions pour les gens de saisir des opportunités au niveau des actifs», a-t-il expliqué.

L'ancien secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin (Capture d'écran/FII Priority).

L'ancien secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin s'est fait l'écho de ce sentiment et a indiqué qu'il existait de nombreuses opportunités d'investissement dans la région du Moyen-Orient élargi en ce qui concerne l'énergie propre et la transformation énergétique.

Il a toutefois prévenu que pour que la région reste un pôle d'investissement attractif, il fallait s'attaquer à la menace que l'Iran fait peser sur la stabilité et la sécurité régionales, principalement en imposant des sanctions plus sévères et plus rigoureuses à l'encontre du régime de Téhéran.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'économie de Gaza s'est contractée de 80% au 4e trimestre, rapporte la Banque mondiale

Des Palestiniens déplacés se rassemblent pour recevoir de la nourriture dans une école publique de Rafah (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés se rassemblent pour recevoir de la nourriture dans une école publique de Rafah (Photo, AFP).
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  • Au-delà de l'impact humain dévastateur, «presque toute l'activité économique à Gaza est paralysée»
  • Cette baisse trimestrielle de 80% équivaut à une baisse annuelle de 24%, détaille la Banque mondiale

WASHINGTON: L'économie de Gaza s'est contractée de plus de 80% au quatrième trimestre de l'année, a rapporté jeudi la Banque mondiale, qui a par ailleurs annoncé une subvention de 30 millions de dollars pour maintenir une éducation pour les enfants.

Le produit intérieur brut (PIB) de Gaza a "chuté de plus de 80%" au 4e trimestre 2023 - soit les trois mois d'octobre à décembre - par rapport au 3e trimestre, passant d'environ 670 millions de dollars à seulement 90 millions, a indiqué la Banque mondiale dans un communiqué, citant les estimations préliminaires du Bureau central palestinien des statistiques.

Cette baisse trimestrielle de 80% équivaut à une baisse annuelle de 24%, détaille la Banque mondiale, qui précise que "le niveau observé de dommages et de destructions d'immobilisations est catastrophique".

Au-delà de l'impact humain dévastateur, "presque toute l'activité économique à Gaza est paralysée", a souligné la Banque mondiale.

"Depuis le début du conflit, l'économie palestinienne a connu l'un des chocs les plus importants enregistrés dans l'histoire économique récente", est-il encore précisé, et "presque tous les habitants de Gaza vivront dans la pauvreté, du moins à court terme".

La Banque mondiale a par ailleurs annoncé jeudi une subvention de 30 millions de dollars "pour aider à assurer la continuité de l'éducation cruciale pour les enfants".

"Cette subvention contribuera au secteur de l'éducation pour garantir que les élèves ne ratent pas l'éducation fondamentale", a-t-il déclaré dans un communiqué.


La conférence ministérielle de l’OMC à Abu Dhabi abordera la décentralisation des chaînes d’approvisionnement mondiales

La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala. (Photo, Fabrice Coffrini, AFP)
La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala. (Photo, Fabrice Coffrini, AFP)
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  • L’accent mis sur la décentralisation vise à encourager les investisseurs à remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales et à créer des emplois
  • Mme Okonjo-Iweala a remercié les Émirats arabes unis pour leur engagement en faveur du multilatéralisme et de la solidarité mondiale

RIYAD: Abu Dhabi s’apprête à accueillir la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont l’objectif est de remodeler la dynamique du commerce mondial, selon la directrice générale de l’organe intergouvernemental.

Ngozi Okonjo-Iweala a souligné, dans une interview accordée à l’Agence de presse émiratie (WAM) depuis Genève, l’importance de cette conférence qui se tiendra du 26 au 29 février.

Elle a indiqué que ce rassemblement donnera lieu à des discussions sur divers sujets, tels que la décentralisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, la promotion d’un paysage commercial international plus inclusif et la garantie de la participation des communautés marginalisées aux efforts de développement multinationaux.

Mme Okonjo-Iweala a expliqué que de nombreux investisseurs du secteur privé adoptent actuellement le modèle «Chine+1», qui consiste à diversifier les chaînes d’approvisionnement au-delà du géant économique asiatique, vers des pays comme le Vietnam, l’Indonésie ou l’Inde.

«Nous n’avons aucun problème avec cela, mais ce que nous disons, c’est qu’il y a aussi la Chine et le Maroc, la Chine et le Brésil, la Chine et le Sénégal, la Chine et le Bangladesh. Il y a donc de nombreux pays qui sont propices aux investissements», a poursuivi Mme Okonjo-Iweala.

L’accent mis sur la décentralisation vise à encourager les investisseurs à remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales et à créer des emplois. Mme Okonjo-Iweala a précisé que pour renforcer la résilience du monde, le secteur privé devait investir dans les pays en développement dotés d’un environnement propice aux investissements.

Elle a attiré l’attention sur les avantages multiples de ces investissements, déclarant: «Vous pouvez contribuer à la résilience des chaînes d’approvisionnement. Vous pouvez contribuer à lutter contre les inégalités en investissant dans les pays en développement. Vous pouvez contribuer à la création d’emplois.»

Revenant sur l’importance de la 13e conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Abu Dhabi, Mme Okonjo-Iweala a remercié les Émirats arabes unis pour leur engagement en faveur du multilatéralisme et de la solidarité mondiale.

Elle a ajouté que la collaboration avec les autorités émiraties pour l’organisation d’une réunion qui rassemblera plus de 7 000 personnes à Abu Dhabi a été très positive.

L’ordre du jour de la 13e conférence ministérielle comprend des discussions novatrices sur diverses questions contemporaines, allant du commerce et de l’environnement au changement climatique, à la durabilité et à l’inclusion.

Mme Okonjo-Iweala a insisté sur l’importance de relever les défis auxquels sont confrontées les populations marginalisées et d’intégrer les pays en développement, en particulier les femmes et les petites entreprises, dans la chaîne d’approvisionnement mondiale.

En outre, la 13e conférence ministérielle célébrera l’adhésion de nouveaux membres à l’OMC, le Timor oriental et les Comores, pour la première fois en huit ans. Les discussions porteront également sur les réformes du système de règlement des différends, les négociations sur le commerce numérique et les subventions à la pêche, entre autres.

Alors que le monde est confronté à des défis économiques et environnementaux complexes, la 13e conférence ministérielle constitue une plate-forme qui favorise le dialogue, la coopération et les politiques commerciales inclusives afin de stimuler le développement durable à l’échelle mondiale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com