Violences dans le sport: une commission d'enquête qui irrite le sport français

Le nouveau président du Comité olympique français, David Lappartient, s'exprime lors d'une conférence de presse à Paris, le 29 juin 2023. (Photo, STEFANO RELLANDINI / AFP)
Le nouveau président du Comité olympique français, David Lappartient, s'exprime lors d'une conférence de presse à Paris, le 29 juin 2023. (Photo, STEFANO RELLANDINI / AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 21 septembre 2023

Violences dans le sport: une commission d'enquête qui irrite le sport français

  • Le sport français semble décidément abonné aux crises. Après le football, le rugby, la gym, ou encore le CNOSF, un nouveau front s'est ouvert à 10 mois des JO, sur un terrain plus politique cette fois-ci
  • Depuis le lancement des travaux de cette commission, de nombreux témoignages sur des affaires de violences dans le sport, mais aussi sur de graves problèmes de gouvernance ont été entendus

PARIS: Lancée depuis trois mois, la commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements dans les fédérations sportives semble gêner certains cadres du sport français, dont le nouveau président du comité olympique (CNOSF) David Lappartient, qui a dénoncé dans un courrier des "accusations outrancières".

Le sport français semble décidément abonné aux crises. Après le football, le rugby, la gym, ou encore le CNOSF, un nouveau front s'est ouvert à 10 mois des JO, sur un terrain plus politique cette fois-ci.

A peine élu à la présidence du CNOSF (le 29 juin), David Lappartient a décidé de croiser le fer avec cette commission d'enquête, initiée par la députée écologiste Sabrina Sebaihi (Hauts-de-Seine), rapporteuse.

«Cela dérange»

Dans un courrier daté du 19 juillet révélé jeudi par le Monde que l'AFP a pu consulter, et adressé à Sabrina Sebaihi, l'élu breton, également membre du CIO, se dit "étonné" de la description du monde sportif comme "un milieu terriblement opaque" par ladite commission.

Evoquant lors des différentes auditions des "représentations caricaturales", David Lappartient dénonce des "accusations outrancières", et s'interroge sur "les objectifs", "sur les finalités exactes" de la commission lancée à "400 jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Paris". "C'est un nouveau coup que vous portez au modèle sportif français", assène-t-il.

Une attaque frontale qu'a peu goûtée la députée écologiste.

"C'est très problématique que David Lappartient remette en cause le travail des parlementaires. C'est comme si l'image des JO était plus importante", s'insurge-t-elle auprès de l'AFP. "C'est la première fois que le principe même d'une commission d'enquête est contesté, c'est plus que des lobbies qui se mettent en marche, je trouve ça totalement antidémocratique".

"Peut-être que cela dérange que l'on vienne toucher à un système mis en place depuis des années. Si la seule réponse +c'est tout va bien dans le meilleur des mondes+ ou +on a déjà mis en place des choses+, cela ne va pas", appuie-t-elle.

Depuis le lancement des travaux de cette commission, de nombreux témoignages sur des affaires de violences dans le sport, mais aussi sur de graves problèmes de gouvernance ont été entendus.

Selon Sabrina Sebaihi, tous ces témoignages concourent à dépeindre un monde sportif "vivant en vase clos".

Avec la présidente de la commission Béatrice Bellamy (Horizons, Vendée), elle a lancé le 13 septembre dernier une plateforme de signalement des violences dans le sport baptisée "Balance ton sport".

Une initiative d'emblée critiquée par la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, qui a réagi sur France Culture trois jours plus tard en soulignant  "qu'une seule plate-forme" existait pour "recueillir les signalements en matière de violences, et notamment de violences à caractère sexiste, elle s'appelle Signal-Sports".

Mise en place par le ministère des sports en 2020, cette cellule a reçu plus de 1 000 signalements selon la directrice des sports Fabienne Bourdais, des chiffres donnés lors de son audition par la commission d'enquête.

"Le lancement d'une nouvelle plateforme de signalement peut entraîner une confusion et une déperdition des signalements", regrette une source proche du mouvement sportif.

«Milieu qui se crispe»

Sabrina Sebaihi assure avoir déjà reçu une "centaine de témoignages" sur la nouvelle plateforme, "certains que les fédérations ne veulent pas entendre". "La cellule Signal-Sports existe, mais les sportifs ne sont pas au courant", cingle-t-elle.

Le Monde fait également état jeudi d'un courrier envoyé par le président de la Fédération française de football (FFF) Philippe Diallo à la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance), pour se plaindre de l'audition du journaliste influenceur Romain Molina.

Le président de la 3F s'offusque du  "contenu de l'audition (...) mettant gravement en cause [ses]  salariés, dirigeants et bénévoles", dénonçant des propos "mensongers et injurieux".

"Il y a une montée en pression d'un milieu qui se crispe et redoute une mauvaise image. Cela ne nous empêchera pas de réaliser notre travail parlementaire de façon indépendante et transparente", assure la députée Béatrice Bellamy, membre de la majorité présidentielle.

La commission doit achever ses travaux en fin d'année.


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.


Carburants: Lecornu veut utiliser le "surplus" de recettes fiscales pour décarboner l'économie

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le gouvernement français privilégie une stratégie à long terme : utiliser les surplus fiscaux liés à la hausse des carburants pour accélérer l’électrification, plutôt que baisser immédiatement les taxes
  • La flambée des prix de l’énergie alimente un fort débat politique : l’opposition réclame baisses de taxes, plafonnement ou aides ciblées, tandis que l’exécutif maintient une ligne de rigueur budgétaire et d’aides limitées

PARIS: Les carburants sont le gros morceau d'une réunion mercredi du gouvernement de Sébastien Lecornu, qui promet d'utiliser certaines des recettes fiscales supplémentaires liées à la flambée des prix pour électrifier l'économie et maintient sa prudence sur des mesures massives d'allègement à court terme de la facture des usagers.

L'envolée des prix de l'énergie devient un thème politique de plus en plus brûlant après plus d'un mois de guerre au Moyen-Orient et dans un climat de pré-campagne présidentielle.

Avant cette réunion au parfum de Conseil des ministres qui a débuté à Matignon à 10H30, le chef du gouvernement a donné "instruction" à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés. Il a suggéré de les financer par les "surplus" des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure est ainsi chargé de mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques "dédiée à certaines professions" qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants.

De son côté, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon s'est défendue de l'idée d'un Etat "profiteur" de crise, ce dont l'accuse le Rassemblement national.

"L'Etat ne s'enrichit jamais sur le dos d'une crise, parce qu'entre la perte de croissance, la perte de consommation, les aides que vous déployez (...), vous n'êtes jamais gagnant" mais s'il existe des surplus ponctuels, "ils doivent aller sur ces réponses structurelles", a-t-elle expliqué sur TF1.

- "Long terme" -

Il s'agit d'une réponse de "long terme", a-t-elle assumé, en indiquant que "moins de 10%" des stations-service rencontraient actuellement des problèmes d'approvisionnement.

Le gouvernement peine à répondre à la flambée des prix à la pompe qui grimpent au fur et à mesure que la guerre au Moyen-Orient se prolonge.

Il a jusqu'ici refusé de réduire la fiscalité sur les carburants, mesure demandée par le RN.

A droite, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a réclamé sur France 2 que le surplus de recettes fiscales, qu'il évalue "entre deux et trois milliards" d'euros depuis le début de la crise soit "redonné aux automobilistes sous forme de baisse de taxes".

Marine Le Pen pour le RN a manié l'ironie sur X. "Je croyais qu’il n’y avait pas de +surplus+ fiscal ?" et "qu’il n’existait aucun risque de pénurie ?".

A gauche, La France insoumise réclame le blocage des prix, comme le Parti communiste. "On doit plafonner les prix à 1,60 euros le temps que la crise passe", a plaidé sur France Inter son secrétaire national Fabien Roussel.

Le Parti socialiste demande de son côté "des mesures ciblées sur les ménages les plus vulnérables".

Le prix du litre de gazole a battu un record absolu la semaine dernière. Et le SP95-110, l'essence la plus consommée, a atteint mercredi la barre symbolique des 2 euros le litre.

- "Sur-profits" -

Contraint à la discipline budgétaire pour maintenir le déficit à 5% du Produit intérieur brut cette année, l'exécutif refuse de baisser les taxes sur les carburants, une mesure réclamée par le RN jugée trop onéreuse.

Afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés - pêche, agriculture, transports -, il a seulement concédé des aides "ciblées", éventuellement reconductibles, représentant au total près de 70 millions d'euros mensuels.

Sans pour autant calmer les transporteurs, décidés à se mobiliser toute la semaine, ni les agriculteurs dont le premier syndicat, la FNSEA, a été reçu lundi par Sébastien Lecornu, qui a promis de nouvelles aides si le conflit s'éternisait.

Malgré une baisse plus forte qu'attendue du déficit en 2025, à 5,1% au lieu de 5,4%, Sébastien Lecornu a prévenu qu'il voulait tenir l'effort de maîtrise des finances publiques en 2026 "quoi qu'il arrive", laissant peu d'espoir à ceux qui réclament davantage de soutien, à l'instar des syndicats qui ont remis de la pression mardi.

L'ONG Greepeace a accusé dans une étude publiée mercredi, les compagnies pétrolières de réaliser plus de 80 millions d'euros de "sur-profits" par jour, dans les pays de l'UE depuis le début de la guerre, grâce à une augmentation de leurs marges.

Outre les carburants, les ministres discuteront du calendrier parlementaire, très restreint pour cause d'élections sénatoriales en septembre, et de mesures de simplification visant à rendre l'Etat plus efficace.

Avant d'être rattrapé par l'énergie, le chef du gouvernement avait prévu, à la sortie des municipales, d'axer son discours sur le régalien: l'effort militaire, la sécurité et la justice.


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Short Url
  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.