Macron, un président sensible à la spiritualité et qui tutoie le pape

Vue générale du stade Vélodrome, à Marseille où le pape François est attendu vendredi. Ce grand port de la Méditerranée est façonné depuis sa fondation par des vagues de migrations qui font cohabiter communautés et religions. Deux thèmes clés de cette visite. (Photo Clement Mahoudeau AFP)
Vue générale du stade Vélodrome, à Marseille où le pape François est attendu vendredi. Ce grand port de la Méditerranée est façonné depuis sa fondation par des vagues de migrations qui font cohabiter communautés et religions. Deux thèmes clés de cette visite. (Photo Clement Mahoudeau AFP)
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Publié le Vendredi 22 septembre 2023

Macron, un président sensible à la spiritualité et qui tutoie le pape

  • C'est la première fois depuis Valéry Giscard d'Estaing en 1980 qu'un président français assiste à une messe papale
  • «Priez pour moi», avait demandé l'an dernier l'ecclésiastique argentin au couple présidentiel. «Je prie pour vous tous les jours», avait répondu Brigitte Macron

PARIS : Il tutoie le pape et va se rendre à sa messe géante à Marseille. Pour autant, Emmanuel Macron a un rapport complexe, voire intellectuel, à la religion, sensible à la «transcendance», sans s'afficher en catholique pratiquant.

«C'est ma place d'y aller»: le chef de l'Etat a balayé la polémique lorsque l'Elysée a annoncé qu'il assisterait samedi à la messe célébrée par François au stade Vélodrome de la cité méditérranéenne. «Je n'irai pas en tant que catholique, j'irai comme président de la République qui est en effet laïque».

C'est la première fois depuis Valéry Giscard d'Estaing en 1980 qu'un président français assiste à une messe papale. Un précédent lointain, à tel point que l'entourage d'Emmanuel Macron en a invoqué un autre, plus récent mais aussi plus curieux, en rappelant qu'il était allé à la «messe d'obsèques» du chanteur ultra-populaire Johnny Hallyday en 2017.

La gauche s'est indignée d'une atteinte à la laïcité, voire d'une «manoeuvre clientéliste» à destination de l'électorat catholique. Qui intervient alors que le chef de l'Etat venait d'endosser une interprétation intransigeante de ce principe très français, en promettant d'être «intraitable» pour interdire à l'école l'abaya, ce vêtement long porté par certaines musulmanes.

Il a déjà été accusé par le passé d'avoir une conception fluctuante et à géométrie variable de la laïcité. Son discours inédit devant la Conférence des évêques, en 2018 au collège des Bernardins à Paris, avait notamment suscité la controverse.

Reconnaissant se faire une «haute idée des catholiques» pour des raisons «biographiques, personnelles et intellectuelles», il avait dit vouloir «réparer» le «lien entre l'Eglise et l'Etat», «abîmé» notamment par le bras de fer sur le mariage homosexuel. Et il avait plaidé pour que «la sève catholique» contribue «encore et toujours à faire vivre notre Nation».

- «La raison et la religion» -

Sous la Ve République, «il y a une tradition de présidents catholiques, croyants et même pratiquants», du général de Gaulle jusqu'à Nicolas Sarkozy, nuance l'historien Jean Garrigues, jugeant exagérés les soupçons d'atteinte à la laïcité.

Pour lui, la filiation d'Emmanuel Macron à cet égard serait à chercher plutôt du côté de son prédécesseur socialiste François Mitterrand, qui disait croire «aux forces de l'esprit».

Le chef de l'Etat, baptisé à sa demande à l'âge de 12 ans dans la foi catholique, a fréquenté La Providence, un établissement scolaire jésuite d'Amiens (nord).

Aujourd'hui, celui qui fut l'assistant du philosophe protestant Paul Ricoeur et qui invoque volontiers l'universalisme des Lumières se définit comme agnostique, avec la part de questionnement que cela implique.

«Au fond, il est dans la situation de beaucoup de Français qui doutent», relève Jean Garrigues. L'historien évoque un «rapport intellectuel à la religion, une vraie interrogation philosophique», qui diffère du registre «émotionnel d'un fidèle».

Macron et la religion? «C'est complexe», confirme un conseiller. «Il a besoin de transcendance», «c'est ce qui le fascine dans la religion», ajoute un proche qui a appris à décrypter sa pensée.

Dans un texte publié en 2021 dans L'Express, le chef de l'Etat affirme que «la science et Dieu, la raison et la religion» peuvent «vivre côte à côte, parfois même se nourrir». «Cela est même souhaitable tant aspiration à la raison et besoin de transcendance cohabitent en chacun de nous», ajoute-t-il.

Emmanuel Macron a ouvert la procréation médicalement assistée aux couples de femmes, mais il se veut très prudent sur les évolutions sociétales qui risquent de brusquer cette «part catholique de la France» dont il dit chérir l'apport.

«Le pape sait que je ne ferai pas n'importe quoi», confie-t-il après avoir évoqué il y a un an l'épineux sujet de la fin de vie avec François, profondément hostile à toute forme d'euthanasie.

Les militants d'une «aide active à mourir» s'inquiètent dès lors d'une «ambiguïté» à l'égard de la religion, selon le terme de l'homme politique Jean-Luc Romero-Michel, et le soupçonnent d'avoir repoussé le projet de loi annoncé pour ne pas froisser le pape.

Un pape qu'il tutoie, et qu'il aura donc vu à quatre reprises en tête-à-tête depuis 2017, après leur entretien prévu samedi à Marseille.

«Priez pour moi», avait demandé l'an dernier l'ecclésiastique argentin au couple présidentiel. «Je prie pour vous tous les jours», avait répondu Brigitte Macron.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.