La Libye veut une conférence «internationale» à Derna pour la reconstruire

Un homme observe la ville orientale de Soussa en Libye le 21 septembre 2023, quelques jours après des inondations mortelles. (Photo par Ozan KOSE / AFP)
Un homme observe la ville orientale de Soussa en Libye le 21 septembre 2023, quelques jours après des inondations mortelles. (Photo par Ozan KOSE / AFP)
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Publié le Vendredi 22 septembre 2023

La Libye veut une conférence «internationale» à Derna pour la reconstruire

  • Le gouvernement rival reconnu par l'ONU et basé dans la capitale Tripoli n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce
  • La participation à une telle conférence pourrait ainsi constituer un véritable casse-tête diplomatique pour de nombreux pays, le gouvernement de l'Est libyen n'étant pas internationalement reconnu

BENGHAZI:Les autorités de l'Est de Libye ont annoncé vendredi qu'elles envisageaient d'organiser le 10 octobre à Derna une conférence "internationale" pour la reconstruction de cette ville dévastée par des inondations meurtrières.

"Le gouvernement invite la communauté internationale à participer à la conférence qu'il prévoit d'organiser le 10 octobre à Derna pour présenter des projets modernes et rapides pour la reconstruction de la ville", a indiqué l'exécutif de l'Est de la Libye dans un communiqué signé par son chef, Oussama Hamad.

Ce gouvernement indique que l'appel à cette conférence intervient en "réponse aux demandes des habitants de la ville sinistrée de Derna et des autres villes (de l'Est) ayant subi des dégâts" après le passage de la tempête Daniel le 10 septembre, selon le communiqué.

Le gouvernement rival reconnu par l'ONU et basé dans la capitale Tripoli n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.

Rongée par les divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux administrations rivales: l'une à Tripoli (Ouest) dirigée par Abdelhamid Dbeibah, l'autre dans l'Est, incarnée par le Parlement et affiliée au camp du puissant maréchal Khalifa Haftar.

La participation à une telle conférence pourrait ainsi constituer un véritable casse-tête diplomatique pour de nombreux pays, le gouvernement de l'Est libyen n'étant pas internationalement reconnu.

Si elle devait se concrétiser, la conférence aurait lieu un mois jour pour jour après le passage dévastateur de la tempête Daniel dans l'est de la Libye.

La tempête a notamment frappé Derna, une ville de 100 000 habitants bordant la Méditerranée, entraînant la rupture de deux barrages en amont et provoquant une crue de l'ampleur d'un tsunami.

 "Un vrai problème" 

Selon un dernier bilan officiel provisoire communiqué vendredi soir par le gouvernement de l'Est, les inondations ont fait 3 753 morts.

Mais les organisations humanitaires et les autorités libyennes craignent un bilan beaucoup plus lourd en raison du nombre de disparus, qui se comptent par milliers.

"Je ne suis pas sûr que nous connaîtrons un jour le nombre définitif de personnes décédées", a déclaré jeudi soir Yann Fridez, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Libye, lors d'une audio-conférence avec des journalistes.

Citant les statistiques d'autres organisations humanitaires internationales, M. Fridez a également avancé le chiffre de 10.000 disparus.

Vendredi encore, des dizaines de corps enveloppés dans des sacs mortuaires blancs ont été emmenés dans un camion et deux pick-ups au cimetière de Martouba, un petit village situé à 27 km au sud-est de Derna, pour y être enterrés, selon une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, plus de 43 000 personnes ont été déplacées par les inondations, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Les besoins urgents des déplacés portent sur "la nourriture, l'eau potable, la santé mentale et le soutien psycho-social", selon l'organisation.

 "Black-out" 

Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver des milliers de disparus présumés morts, le ballet des avions d'aide se poursuit aux aéroports de Benina de Benghazi et celui de Labraq plus à l'est, selon des images de médias libyens.

En plus de Derna, frappée de plein fouet par les flots, la tempête Daniel a laissé d'importants dégâts dans plusieurs régions de l'Est libyen.

"L'eau est un vrai problème", raconte à l'AFP Ahmed Saleh, l'un des habitants de Soussa, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Derna. En attendant que la centrale à l'entrée de la ville reprenne du service, des volontaires "nous apportent de l'eau dans des citernes venues des villes voisines", dit-il.

L'usine de dessalement, qui alimente 320.000 personnes dans la région, est encore à l'arrêt alors que ses employés s'activent à sortir tuyaux, cuves et autres équipements de la boue qui les recouvre, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités de l'Est du pays ont été accusées d'imposer un "black-out" à Derna après que les réseaux téléphoniques et internet ont été coupés mardi soir durant 24 heures et des journalistes priés de quitter la ville, au lendemain d'une manifestation d'habitants réclamant des comptes aux responsables de l'Est.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.