Les Arméniens du Nagorny Karabakh incendient leurs maisons, selon Bakou

Un chiot marchant près d'un bâtiment criblé de balles à Choucha, dans la région contrôlée par l'Azerbaïdjan du Haut-Karabakh (Photo, AFP).
Un chiot marchant près d'un bâtiment criblé de balles à Choucha, dans la région contrôlée par l'Azerbaïdjan du Haut-Karabakh (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

Les Arméniens du Nagorny Karabakh incendient leurs maisons, selon Bakou

  • Vaincus à l'issue de l'assaut déclenché mardi par Bakou, les séparatistes ont capitulé
  • Nombre d'habitants craignent de devoir partir de cette région où des milliers de personnes restent confrontées à une situation d'urgence humanitaire

BAKOU: L'Azerbaïdjan a assuré samedi que des Arméniens habitant l'enclave du Nagorny Karabakh avaient mis le feu à leurs maisons, après une offensive éclair de Bakou sur cette région à majorité arménienne.

"Les résidents arméniens incendient en masse des maisons à Aghdara", a affirmé samedi soir le ministère azerbaïdjanais de la Défense sur X (ex-Twitter), publiant des images aériennes en basse résolution semblant montrer des maisons incendiées.

La ville d'Aghdara (Martakert en arménien), située à quelque 60 kilomètres de la "capitale" du Nagorny Karabakh, Stepanakert, était restée sous contrôle des séparatistes arméniens jusqu'à ce que l'offensive éclair de l'Azerbaïdjan de cette semaine oblige les rebelles à accepter un cessez-le-feu et un désarmement.

Vaincus à l'issue de l'assaut déclenché mardi par Bakou, les séparatistes ont capitulé. Nombre d'habitants craignent de devoir partir de cette région où des milliers de personnes restent confrontées à une situation d'urgence humanitaire.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans un premier temps de la part des responsables arméniens et séparatistes.

 

Nagorny Karabakh: l'Arménie réclame une «mission» de surveillance de l'ONU

L'Arménie a réclamé samedi à la tribune des Nations l'envoi "immédiat" au Nagorny Karabakh d'une "mission" de l'ONU pour surveiller la situation sur le terrain, tandis que l'Azerbaïdjan promettait que les Arméniens de la région sécessionniste seraient traités en "citoyens égaux".

"La communauté internationale devrait faire tous les efforts pour le déploiement immédiat d'une mission interagences de l'ONU au Nagorny Karabakh dans le but de surveiller et d'évaluer les droits humains et la situation humanitaire et sécuritaire sur le terrain", a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, répétant les accusations de "nettoyage ethnique" dans la région sécessionniste.

"Hélas, nous n'avons pas un partenaire pour la paix mais un pays qui déclare ouvertement que +la raison du plus fort est la meilleure+ et qui utilise la force constamment pour perturber le processus de paix", a-t-il ajouté, estimant que le calendrier de l'offensive éclair lancée en début de semaine par l'Azerbaïdjan n'était pas "accidentelle", en pleine Assemblée générale de l'ONU.

"Le message est clair: vous pouvez parler de paix et nous pouvons partir en guerre, et vous ne pourrez rien changer", a souligné le ministre.

Quelques heures plus tôt à la même tribune de l'Assemblée générale samedi, son homologue azerbaïdjanais a promis que les Arméniens majoritaires au Nagorny Karabakh seraient traités en tant que "citoyens égaux".

"Je veux redire que l'Azerbaïdjan est déterminé à réintégrer les habitants arméniens de la région du Karabakh d'Azerbaïdjan comme des citoyens égaux", a déclaré Djeyhoun Baïramov.

"La Constitution, la législation nationale d'Azerbaïdjan et les engagements internationaux que nous avons pris sont une base solide pour cet objectif" a-t-il ajouté.

Certains villageois avaient incendié leurs maisons avant de fuir vers l'Arménie quand l'Azerbaïdjan avait pris le contrôle d'une grande partie du Nagorny Karabakh lors de la guerre de 2020.

Cette enclave montagneuse, rattachée en 1921 par le pouvoir soviétique au territoire azerbaïdjanais, a déjà été le théâtre de deux guerres entre les anciennes républiques de l'URSS que sont l'Azerbaïdjan et l'Arménie : l'une de 1988 à 1994 (30.000 morts) et l'autre à l'automne 2020 (6.500 morts).

La nouvelle opération militaire azerbaïdjanaise, qui s'est achevée en 24 heures mercredi, a fait au moins 200 morts et 400 blessés, d'après les séparatistes arméniens.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.