Loi Sécurité globale: avant Noël, la mobilisation semble marquer le pas

A Lille, une marche a vu converger les opposants à la loi Sécurité globale et les membres du collectif Sélom et Matisse, du nom de deux jeunes gens morts happés par un train. Ce collectif avait appelé à manifester tout en noir, trois ans après les faits, pour demander une reconstitution afin d'éclaircir le rôle de la police dans le drame. Les manifestants étaient environ 500 selon la préfecture.(AFP)
A Lille, une marche a vu converger les opposants à la loi Sécurité globale et les membres du collectif Sélom et Matisse, du nom de deux jeunes gens morts happés par un train. Ce collectif avait appelé à manifester tout en noir, trois ans après les faits, pour demander une reconstitution afin d'éclaircir le rôle de la police dans le drame. Les manifestants étaient environ 500 selon la préfecture.(AFP)
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Publié le Samedi 19 décembre 2020

Loi Sécurité globale: avant Noël, la mobilisation semble marquer le pas

  • A Paris, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés devant le Conseil d'Etat à l'appel des «gilets jaunes», encadrés par des forces de l'ordre présentes en masse, avant de prendre la direction du Pont des Arts
  • «Globalement, je ne suis pas d'accord avec le tournant sécuritaire que prend le gouvernement», a expliqué dans le cortège Sercan Gulubay, dénonçant une «loi liberticide»

LILLE : Des cortèges rassemblant plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi dans toute la France contre la proposition de loi Sécurité globale qu'elles jugent liberticide mais aussi plus généralement contre la politique du gouvernement, la mobilisation semblant donner des signes d'essoufflement.

A Paris, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés devant le Conseil d'Etat à l'appel des «gilets jaunes», encadrés par des forces de l'ordre présentes en masse, avant de prendre la direction du Pont des Arts.

Ils souhaitaient organiser une «marche des pouvoirs» passant par le Sénat, Matignon et l'Assemblée nationale mais leur parcours a été retoqué par la préfecture «en raison de risques de troubles publics» dans un secteur regroupant de nombreux commerces.

«Globalement, je ne suis pas d'accord avec le tournant sécuritaire que prend le gouvernement», a expliqué dans le cortège Sercan Gulubay, dénonçant une «loi liberticide».

De nombreux manifestants arboraient un parapluie multicolore, en hommage à «Moun», une quinquagénaire «gilet jaune» interpellée samedi dernier dans la manifestation parisienne et mise en examen mardi. Elle est soupçonnée de déclencher avec son parapluie arc-en-ciel les violences attribuées au «black-bloc», ce qu'elle conteste.

«On est scandalisés de voir des camarades pacifistes qui se sont pris des gardes à vue avec des motifs bidons sous prétexte qu'ils étaient au mauvais endroit», déplore «Joul», un activiste musicien. «On nous fait des procès staliniens, mais on ne veut pas terminer dans un pays où il n'y a plus de droits!», lance-t-il, déguisé en lapin ensanglanté sous son gilet jaune.

A Lille, une marche a vu converger les opposants à la loi Sécurité globale et les membres du collectif Sélom et Matisse, du nom de deux jeunes gens morts happés par un train. Ce collectif avait appelé à manifester tout en noir, trois ans après les faits, pour demander une reconstitution afin d'éclaircir le rôle de la police dans le drame. Les manifestants étaient environ 500 selon la préfecture.

A Bordeaux, environ 200 personnes, dont une figure du mouvement des «gilets jaunes», Jérôme Rodrigues, ont manifesté contre les «lois liberticides» et «Macron et son monde». 

Les protestataires étaient 300 à Rennes, 120 à Saint-Nazaire, 110 à Reims. A Nantes, selon la préfecture, "il n'y a pas eu de cortège proprement dit". En effet, "la manifestation étant interdite, les forces de l'ordre ont cassé en petits groupes" les personnes arrivant au rassemblement.

La manifestation s'est déroulée sans incident, selon la police, les manifestants respectant le parcours qu'ils avaient déclaré sans tenter de pénétrer dans le périmètre d'interdiction de manifester défini par arrêté préfectoral.

Samedi dernier, des milliers de personnes avaient défilé sous très forte présence policière dans toute la France pour dénoncer la proposition de loi Sécurité globale et le projet de loi du gouvernement sur le séparatisme.


«Burkinis» à Grenoble: l'opposition municipale porte plainte contre Éric Piolle

Un officier de la police municipale observe les membres de l'association "Alliance Citoyenne" se rassembler devant la piscine municipale Jean Bron à Grenoble, dans le centre-est de la France, après que l'association a appelé à une "sortie piscine familiale" le 30 juin 2019 (Photo,AFP)
Un officier de la police municipale observe les membres de l'association "Alliance Citoyenne" se rassembler devant la piscine municipale Jean Bron à Grenoble, dans le centre-est de la France, après que l'association a appelé à une "sortie piscine familiale" le 30 juin 2019 (Photo,AFP)
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  • L'entrée de trois femmes en tenue couvrante ajustées dans la piscine Jean Bron avait suscité un tollé de l'opposition municipale fin juillet, avec des flots de réactions sur les réseaux sociaux
  • Cette question vestimentaire agite le monde politique depuis que le conseil municipal de Grenoble a modifié le règlement intérieur des piscines municipales le 16 mai dernier

LYON: L'opposition municipale de Grenoble a indiqué vendredi avoir déposé plainte contre le maire écologiste de la ville Eric Piolle, la politique vestimentaire dans les piscines municipales contredisant selon elle la décision récente du Conseil d'Etat interdisant le port du burkini.

"Il appartient à tout organisme public d'assurer la neutralité du service public", a déclaré à l'AFP Alain Carignon, ancien maire et président du groupe d'opposition municipale "société civile, divers droite, centre".

Selon lui, "Éric Piolle contrevient à la décision de la plus haute juridiction administrative française" en ayant "expressément autorisé l'intrusion dans la piscine de Grenoble de femmes en burkini", le 28 juillet dernier.

Le maire estime au contraire que les entrées autorisées dans les piscines municipales - ce jour là en particulier- sont conformes à la décision du conseil d'Etat interdisant les combinaisons féminines destinées aux musulmanes orthodoxes -avec jupette- mais pas les combinaisons ajustées au corps.

L'entrée de trois femmes en tenue couvrante ajustées dans la piscine Jean Bron avait suscité un tollé de l'opposition municipale fin juillet, avec des flots de réactions sur les réseaux sociaux.

A l'époque, la mairie avait cependant affirmé que tout était fait en respect des décisions du tribunal administratif et du Conseil d'Etat concernant le règlement de ses piscines municipales, puisque les maillots couvrant autorisés n'avaient pas de jupettes et n'étaient donc pas des burkinis.

Cette question vestimentaire agite le monde politique depuis que le conseil municipal de Grenoble a modifié le règlement intérieur des piscines municipales le 16 mai dernier.

Saisi par la mairie après suspension du texte au tribunal administratif fin mai, le conseil d'Etat a confirmé le 21 juin que "la dérogation très ciblée apportée, pour satisfaire une revendication religieuse, aux règles de droit commun de port de tenues de bain près du corps édictées pour des motifs d'hygiène et de sécurité, est de nature à affecter le bon fonctionnement du service public et l'égalité de traitement des usagers dans des conditions portant atteinte au principe de neutralité des services publics".

Sollicité par l'AFP, Eric Piolle n'a pas souhaité faire de commentaires vendredi.


Un cas autochtone de dengue dans le Var, le deuxième de l'année en métropole

L'ARS invite enfin les particuliers à tout faire pour éviter la prolifération des moustiques autour de leur domicile (éviter notamment les eaux stagnantes), à se protéger des piqûres de moustiques et à "consulter" en cas de "symptômes évocateurs", en particulier "s'ils apparaissent dans les 15 jours suivant un voyage en zone tropicale" (AFP)
L'ARS invite enfin les particuliers à tout faire pour éviter la prolifération des moustiques autour de leur domicile (éviter notamment les eaux stagnantes), à se protéger des piqûres de moustiques et à "consulter" en cas de "symptômes évocateurs", en particulier "s'ils apparaissent dans les 15 jours suivant un voyage en zone tropicale" (AFP)
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  • La personne victime de cette maladie infectieuse, transmise par le moustique tigre en métropole, est aujourd'hui guérie
  • Si la présence de moustiques tigres a été recensée dans 67 départements français, les cas de dengue autochtones, c'est à dire qui viennent directement de la piqûre d'un moustique sur le territoire restent rares en métropole

MARSEILLE: Un cas autochtone de dengue a été détecté dans le Var, a annoncé vendredi l'Agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-côte d'Azur, ce qui porte à deux le nombre de cas signalés en métropole depuis le début de l'année.

Un cas autochtone signifie qu'il est provoqué par la piqûre d'un moustique sur le territoire.

La personne victime de cette maladie infectieuse, transmise par le moustique tigre en métropole, est aujourd'hui guérie, a précisé l'ARS dans un communiqué.

Si la présence de moustiques tigres a été recensée dans 67 départements français, les cas de dengue autochtones, c'est à dire qui viennent directement de la piqûre d'un moustique sur le territoire restent rares en métropole.

Depuis le début de l'année, seul un autre cas avait été signalé fin juillet à Perpignan dans les Pyrénées orientales. L'an dernier, deux cas avait été détectés dont déjà un dans le Var. A ces chiffres s'ajoutent chaque année les cas de personnes malades diagnostiquées au retour d'un voyage en outre-mer ou à l'étranger.

L'Agence régionale de santé de Paca précise dans son communiqué avoir mis en place les actions de terrain pour éviter toute propagation.

"Une démoustication a été réalisée par l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID-Med) dans un rayon de 200 mètres dans le quartier du lieu de résidence de la personne atteinte (...) ainsi que dans le quartier fréquenté pendant la période de sa contamination", a détaillé l'ARS.

"L'objectif est d'éliminer les moustiques adultes potentiellement infectés pour éviter qu'ils ne piquent une autre personne de l'entourage et supprimer les gîtes larvaires", a-t-elle précisé.

Les hôpitaux, médecins libéraux et laboratoires d'analyse dans secteurs concernés sont également mobilisés pour prendre en charge et signaler à l'ARS des personnes qui présenteraient les symptômes de la dingue (forte fièvre, douleurs musculaires, articulaires ou oculaires, fatigue et maux de tête).

L'ARS invite enfin les particuliers à tout faire pour éviter la prolifération des moustiques autour de leur domicile (éviter notamment les eaux stagnantes), à se protéger des piqûres de moustiques et à "consulter" en cas de "symptômes évocateurs", en particulier "s'ils apparaissent dans les 15 jours suivant un voyage en zone tropicale".


L'incendie dans la forêt de Brocéliande s'étend, deux avions suédois en action

Une fumée noire s'élève dans le ciel lors d'un incendie de forêt à Campeneac, en Bretagne, dans l'ouest de la France, le 12 août 2022. (Photo, AFP)
Une fumée noire s'élève dans le ciel lors d'un incendie de forêt à Campeneac, en Bretagne, dans l'ouest de la France, le 12 août 2022. (Photo, AFP)
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  • Le feu s'est déclaré vers une heure du matin sur la commune de Campénéac, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Rennes
  • Plus de 300 pompiers sont engagés, avec des renforts des départements voisins ainsi que de l'école militaire voisine de Saint-Cyr-Coëtquidan

CAMPÉNÉAC : Un incendie qui s'est déclaré dans la forêt de Brocéliande à l'ouest de Rennes a déjà détruit plus de 300 hectares de végétation et deux bombardiers d'eau suédois effectuaient des largages pour le combattre, selon la préfecture du Morbihan et les pompiers.

Le feu s'est déclaré vers une heure du matin sur la commune de Campénéac, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Rennes.

Il n'était "toujours pas fixé" à la mi-journée, a précisé devant la presse le directeur du SDIS du Morbihan, Jean-François Gouy.

"Nous avons un vent qui est tournant, qui est par moment assez fort, donc de nombreuses reprises", a-t-il poursuivi, précisant que le feu progressait "vers l'ouest, vers une zone forestière".

Quatre largages ont été effectués par deux avions Air Tractor AT 802, qui se ravitaillaient en eau dans le Golfe du Morbihan et sur le lac de Ploërmel, a ajouté l'officier.

Les deux avions Air Tractor AT 802 étaient "arrivés hier soir de Suède dans le cadre de la solidarité européenne", avait  précisé plus tôt la préfecture dans un communiqué. Ils avaient atterri à l'aérodrome de Vannes.

Cent cinquante personnes ont été "évacuées de façon préventive" de Campénéac, selon le communiqué.

De nombreux véhicules de pompiers circulaient dans le village de Campénéac, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Plus de 300 pompiers sont engagés, avec des renforts des départements voisins ainsi que de l'école militaire voisine de Saint-Cyr-Coëtquidan.

La forêt de Brocéliande est un haut-lieu de la légende arthurienne, à cheval sur l'est du Morbihan et le sud-ouest de l'Ille-et-Vilaine.

Par ailleurs, en Vendée, un millier de personnes ont été évacuées en pleine nuit à Olonne-sur-Mer, près des Sables d’Olonne, suite à un "feu de broussailles", a annoncé la préfecture de Vendée. Aucun blessé n’est à déplorer et aucune maison détruite, à l'exception d'un cabanon inhabité. Ces personnes ont pu rentrer chez elles à partir de 7H00 du matin.

L’incendie, "d’origine humaine" selon la préfecture, est désormais fixé. Il a détruit 15 ha de végétation et sous-bois.

La France a commencé à recevoir des renforts en avions et pompiers de l'UE ainsi que de cinq pays européens pour faire face aux feux de forêts qui ravagent notamment le sud-ouest du pays.