En Allemagne, l'immobilier s'enfonce dans la crise

Vue du bâtiment "Steglitzer Kreisel" (rond-point de Steglitz) de 120 mètres de haut, en cours de rénovation, prise le 21 septembre 2023 dans le quartier de Steglitz à Berlin. (AFP)
Vue du bâtiment "Steglitzer Kreisel" (rond-point de Steglitz) de 120 mètres de haut, en cours de rénovation, prise le 21 septembre 2023 dans le quartier de Steglitz à Berlin. (AFP)
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Publié le Lundi 25 septembre 2023

En Allemagne, l'immobilier s'enfonce dans la crise

  • Les faillites d'entreprises ont doublé sur un an dans le secteur de la construction en Allemagne, stoppant net nombre de chantiers
  • Le chancelier Olaf Scholz invite lundi les professionnels de la branche pour un sommet à Berlin

BERLIN: Lorsqu'il a signé pour un trois pièces dans un immeuble à construire d'un quartier berlinois prisé, Valeriy Shevchenko pensait avoir fait l'achat d'une vie. Deux ans plus tard, l'arrêt brutal du chantier a brisé ses rêves de propriétaire.

La société Project Immobilien, qui gérait la construction, a fait faillite cet été, frappée par la crise de l'immobilier qui secoue l'Allemagne depuis plusieurs mois, laissant des centaines d'acquéreurs dans l'incertitude.

"Les grues, les équipements pour les ouvriers, tout a été retiré", raconte à l'AFP ce père de famille de 33 ans, devant une façade en béton et sans fenêtre.

Envolée des taux d'intérêt qui renchérit le coût du crédit, demande en chute libre, explosion du prix des matériaux... Les faillites d'entreprises ont doublé sur un an dans le secteur de la construction en Allemagne, stoppant net nombre de chantiers.

Le chancelier Olaf Scholz invite lundi les professionnels de la branche pour un sommet à Berlin. Objectif : relancer les constructions, alors que le pays manque cruellement de logements.

250 000 euros

"Les investisseurs ne savent plus comment rentabiliser certains projets", explique à l'AFP Tim-Oliver Müller, président de la HDB, fédération allemande du bâtiment.

Pendant des années, le secteur a bénéficié des taux d'intérêt bas permis par la généreuse politique monétaire de la Banque Centrale Européenne. La demande était forte, les chantiers dans les grandes villes allemandes se sont multipliés.

Mais la BCE a dû drastiquement relever ses taux pour combattre l'inflation, faisant plonger la demande de crédits, les prix des biens à la vente et la rentabilité des projets.

Le marché ralentit partout en Europe. Mais l'Allemagne est particulièrement touchée, avec une chute des prix de l'immobilier sur un an de 6,8% au premier trimestre 2023, contre une légère hausse de 0,4% pour l'ensemble de la zone euro.

Dans le même temps, les promoteurs souffrent de la hausse du coût des matériaux de construction, consécutive à la pandémie de coronavirus et amplifiée par la guerre en Ukraine.

Le promoteur allemand Vonovia, un poids lourd du secteur, a récemment décidé de geler la construction de 60 000 logements. Une société immobilière sur cinq a déclaré avoir annulé des projets de construction en août, tandis que 11,9 % d'entre elles sont confrontées à des difficultés de financement, selon un récent sondage de l'institut IFO.

A Berlin, les acquéreurs de l'immeuble de Project Immobilien, dans le quartier central de Prenzlauer Berg, avaient tous déjà payé la moitié de leur bien.

"Je ne suis pas riche. Mon argent est le fruit de mon travail, et je paie les intérêts d'un prêt dont je ne profite même pas", déplore M. Shevchenko, qui déclare avoir déboursé 250 000 euros.

Aucune assurance n'a été souscrite, ni par l'entreprise, ni par les futurs propriétaires. Seul espoir : trouver un repreneur pour finir le chantier, ou.... le terminer eux-même.

"Je n'aurais jamais pu penser que quelque chose comme ça puisse se passer en Allemagne", explique, les larmes aux yeux, Marina Prakharchuk, 39 ans, qui a déjà déboursé 175 000 euros pour un 45 m2 dans cet immeuble.

"J'ai mis toutes mes économies là-dedans", ajoute cette salariée d'une entreprise de logistique, originaire du Belarus.

Bombe sociale

Cette crise est un coup dur pour le gouvernement d'Olaf Scholz, qui avait promis, à son arrivée au pouvoir fin 2021, de construire 400 000 logements par an.

On en est loin : le secteur s'attend à atteindre péniblement le chiffre de 250 000 cette année, et même à descendre sous les 200 000 en 2024.

Pourtant, les besoins sont énormes, exacerbés par l'accueil ces dernières années de nombreux réfugiés et travailleurs étrangers, dans un pays en manque de main d'œuvre.

Une situation qui pourrait se transformer en bombe sociale, au moment où le manque d'offre provoque une forte hausse des loyers. En Allemagne, la moitié de la population n'est pas propriétaire de son logement.

De quoi plomber encore le pouvoir d'achat des ménages, déjà secoué par l'inflation, qui dépasse encore les 6% dans le pays.

La ministre du Logement, Klara Geywitz, a annoncé vouloir étendre certains dispositifs d'aide à l'accès à la propriété pour les familles, et investir "un milliard d'euros supplémentaire" dans les résidences pour étudiants et apprentis.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.