Les pays riches et la Chine priés par l'AIE d'accélerer la course à la neutralité carbone

Le logo de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est affiché sur la porte vitrée du bâtiment de l'AIEA lors d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 11 septembre 2023. (AFP)
Le logo de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est affiché sur la porte vitrée du bâtiment de l'AIEA lors d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 11 septembre 2023. (AFP)
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Publié le Mardi 26 septembre 2023

Les pays riches et la Chine priés par l'AIE d'accélerer la course à la neutralité carbone

  • Les «économies avancées» telles que les Etats-Unis et l'Union européenne, vont devoir avancer de 5 ans - de 2050 à 2045 - leur objectif de neutralité carbone, et la Chine de 10 ans à 2050, pour rester dans les clous de l'accord de Paris
  • L'AIE a récemment affirmé que le pic de la demande de toutes les énergies fossiles - pétrole, gaz et charbon - sera atteint «dans les prochaines années» de la décennie, grâce au bond des énergies plus propres et de la voiture électrique

PARIS: Les pays riches comme les économies en développement vont devoir considérablement avancer leurs objectifs de neutralité carbone pourtant déjà ambitieux, a affirmé mardi l'agence internationale de l'énergie (AIE) en soulignant que l'essor des "énergies propres" constituait le principal levier pour maintenir à portée de main les objectifs climatiques.

Les "économies avancées" telles que les Etats-Unis et l'Union européenne, vont devoir avancer de 5 ans - de 2050 à 2045 - leur objectif de neutralité carbone, et la Chine de 10 ans à 2050, pour rester dans les clous de l'accord de Paris et ainsi donner une chance au monde de limiter le réchauffement planétaire à +1,5 degré celsius par rapport à l'ère pré-industrielle, a estimé l'AIE dans un nouveau rapport.

"Le secteur de l'énergie évolue plus rapidement que ce que beaucoup pensent, mais il reste encore beaucoup à faire et le temps presse", a souligné l'agence de l'énergie de l'OCDE basée à Paris.

Son rapport intervient à quelques semaines de négociations cruciales à la 28e Conférence sur le climat des Nations unies à Dubaï où l'avenir des énergies fossiles devrait donner lieu à d'âpres débats.

Il s'agit de l'actualisation de son "Net Zero Roadmap", feuille de route pour la neutralité carbone en 2050, dont la publication en 2021 avait marqué les esprits en appelant le monde à renoncer "maintenant" à tout nouveau projet pétrolier ou gazier.

«Fin de l'ère des fossiles»

Deux ans plus tard, quel bilan? Les progrès sont bien là, en témoigne l'essor rapide de l'électricité solaire et de l'électrification du parc de véhicules, qui permet selon l'AIE de maintenir à portée de main les objectifs climatiques les plus ambitieux de l'accord de Paris en 2015.

En même temps, durant ces deux dernières années, "les émissions du secteur de l’énergie sont restées obstinément élevées, atteignant un nouveau record de 37 milliards de tonnes de CO2 en 2022", 1% de plus qu'en 2019, relève l'AIE.

"La voie vers (l'objectif de) 1,5°C s'est rétrécie au cours des deux dernières années, mais la croissance des technologies d'énergie propre la maintiennent ouverte", veut croire l'AIE, qui appelle aussi à "l'efficacité énergétique".

"Le développement des énergies propres est le principal facteur à l’origine d’une baisse de la demande de combustibles fossiles de plus de 25% cette décennie" et leur essor conduit à une baisse des émissions de CO2 dans l'énergie de 35% d'ici 2030, selon son scenario actualisé.

"À l'approche de la COP28, les dernières données scientifiques sont sans équivoque: l'ère des énergies fossiles touche à sa fin", a commenté Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat.

L'AIE a récemment affirmé que le pic de la demande de toutes les énergies fossiles - pétrole, gaz et charbon - sera atteint "dans les prochaines années" de la décennie, grâce au bond des énergies plus propres et de la voiture électrique.

Gare au moindre retard

"Encourageant" certes mais "pas suffisant pour atteindre l’objectif de 1,5°C", insiste l'Agence, en soulignant que "presque tous les pays doivent avancer leurs dates de cibles de neutralité carbone".

"Même un petit retard" dans la réduction des émissions au-delà de leurs engagements actuels, "entraînerait une température mondiale supérieure à 1,5°C pendant près de 50 ans", met en garde l'AIE alors qu'un récent rapport de l'ONU a prévenu que les objectifs de l'accord de Paris étaient menacés par le manque d'ambition des pays.

Or avec un réchauffement actuel d'environ 1,2 degré par rapport à l'ère pré-industrielle, le monde connaît déjà une montée en puissance des catastrophes climatiques destructrices, touchant le plus durement les populations vulnérables.

Un retard dans les ambitions pousserait en outre les pays à recourir davantage aux technologies de captage de CO2 pourtant "chères" et encore "non éprouvées à grande échelle", estime l'AIE, venant ainsi appuyer les critiques montantes sur ces technologies industrielles ou basées sur la nature promettant d'extraire le CO2 de l'atmosphère et de la stocker durablement.

Si de telles technologies ne parviennent pas à atteindre l'échelle requise - notamment en filtrant 0,1% de l'atmosphère chaque année d'ici 2100 - ramener les températures à 1,5°C "ne serait pas possible", prévient l'AIE.


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.