Poussé au départ par le régime militaire, l'ambassadeur de France au Niger rentré à Paris

Un avion de l'armée de l'air française est vu à la base française de Niamey au Niger le 22 septembre 2023. (AFP).
Un avion de l'armée de l'air française est vu à la base française de Niamey au Niger le 22 septembre 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 27 septembre 2023

Poussé au départ par le régime militaire, l'ambassadeur de France au Niger rentré à Paris

  • L'ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itté, dont le régime militaire au pouvoir exigeait l'expulsion depuis plusieurs semaines, est arrivé à Paris
  • Dimanche soir, le président français Emmanuel Macron avait annoncé le retour à Paris de M. Itté «dans les prochaines heures»

PARIS: L'ambassadeur de France au Niger Sylvain Itté, poussé au départ par les militaires au pouvoir, est rentré mercredi à Paris au terme d'un long bras de fer entre les deux pays, a annoncé le ministère des Affaires étrangères français.

La cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, "l'a reçu au Quai d'Orsay pour le remercier de son action et de celle des équipes qui l'entouraient au service de notre pays, dans des conditions difficiles", a souligné le Quai d'Orsay dans une déclaration écrite à l'AFP.

Après plusieurs semaines de tensions avec le régime nigérien issu du coup d'Etat du 26 juillet, Paris a fini par rappeler son diplomate, qui a quitté Niamey avec six collaborateurs mercredi "vers 4 heures du matin" (03H00 GMT), avait indiqué plus tôt à l'AFP une source diplomatique.

Dimanche soir, le président français Emmanuel Macron avait annoncé son retour "dans les prochaines heures", une annonce survenue après un échange téléphonique avec le président du Niger élu démocratiquement Mohamed Bazoum qui, lui, est toujours retenu dans le palais présidentiel par les militaires putschistes qui l'ont renversé.

Les militaires nigériens avaient retiré l'immunité et le visa diplomatiques de Sylvain Itté fin août, mais Paris refusait jusqu'alors de le rappeler.

La France faisait valoir qu'elle ne reconnaît pas la légitimité des militaires au pouvoir et que son interlocuteur reste le président renversé Mohamed Bazoum.

Emmanuel Macron a d'ailleurs réaffirmé mercredi son "soutien" au président Bazoum lors d'un entretien avec Hassoumi Massaoudou, ministre des Affaires étrangères du gouvernement renversé, a rapporté l'Elysée.

Le chef de l'Etat a souligné "la détermination de la France à poursuivre ses efforts auprès des chefs d'État de la Cedeao et de ses partenaires européens et internationaux pour un retour à l'ordre constitutionnel au Niger", selon la présidence française.

Né à Bamako en 1959, Sylvain Itté était en poste depuis un an, quasiment jour pour jour, au Niger.

Départ des soldats français 

Emmanuel Macron a également annoncé dimanche que les 1.500 soldats français déployés au Niger pour appuyer la lutte antidjihadiste quitteraient le pays d'ici la fin de l'année, une autre demande du régime de Niamey.

Le président a pris acte que les autorités "de fait" du Niger "ne veulent plus lutter contre le terrorisme".

Les militaires, qui ont célébré ces annonces comme "une nouvelle étape vers la souveraineté du Niger", ont toutefois souhaité que ce retrait se fasse "dans un cadre négocié et d'un commun accord".

Le Niger, comme ses voisins du Burkina Faso et du Mali, est la cible d'attaques djihadistes récurrentes sur son sol depuis plusieurs années.

Après son retrait du Mali, puis du Burkina Faso voisins, le Niger était devenu clé dans le dispositif français anti-djihadiste au Sahel.

Paris a d'ailleurs mis en garde contre les conséquences d'un départ des militaires français pour la sécurité de la région.

Alors que le coup d'Etat a été fomenté en raison de désaccords entre le président Bazoum et les généraux de son ancienne garde présidentielle, le putsch a tourné à une offensive contre la France, ancienne puissance coloniale.

Des manifestations et des rassemblements pour le retrait des troupes françaises au Niger ont réuni des dizaines de milliers de personnes dans la capitale ces dernières semaines.

Quelques jours seulement après le coup d'Etat, certains experts estimaient déjà que le départ des Français du Niger était "inéluctable".

"La France n'a pas su se retirer au bon moment et a voulu continuer de jouer le leader dans un contexte où l'environnement sociologique a fortement changé", et avec lui la façon dont elle est perçue en tant qu'ex-colonisateur, analyse Fahiraman Rodrigue Koné, spécialiste du Sahel à l'Institut des études de sécurité (ISS).

"La France doit totalement repenser sa présence en Afrique", où Paris "n'est plus la référence numéro 1 pour beaucoup", ajoute t-il.

Les Etats-Unis, qui disposent de 1.100 soldats au Niger, ont indiqué de leur côté évaluer leurs options quant à un éventuel retrait.

Lors d'une visite en Angola mercredi, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a tancé les putschistes en Afrique et réitéré l'engagement de Washington à "soutenir des politiques gouvernementales qui font avancer ensemble la paix, la sécurité et la gouvernance démocratique", soulignant que ces "éléments sont inséparables".

La semaine dernière, l'Allemagne avait prévenu que sa centaine de soldats déployés au Niger pourrait également se retirer si la France choisissait cette option.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.