Dissolution du Nagorny Karabakh, territoire déserté par les Arméniens

Des réfugiés font la queue dans des véhicules près de la ville frontalière de Kornidzor, arrivant du Haut-Karabakh, le 26 septembre 2023. (AFP)
Des réfugiés font la queue dans des véhicules près de la ville frontalière de Kornidzor, arrivant du Haut-Karabakh, le 26 septembre 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 28 septembre 2023

Dissolution du Nagorny Karabakh, territoire déserté par les Arméniens

  • Le territoire se vide de ses résidents arméniens qui fuient massivement malgré les messages rassurants envoyés par Bakou, qui les appelle à ne «pas quitter leurs maisons»
  • Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a accusé l'Azerbaïdjan de mener un «nettoyage ethnique», en estimant qu'il n'y aurait plus d'Arméniens dans l'enclave «ces prochains jours»

EREVAN: La république séparatiste autoproclamée du Nagorny Karabakh a spectaculairement annoncé jeudi sa dissolution au 1er janvier 2024, plus de 30 ans après sa création et une semaine après une offensive victorieuse de l'Azerbaïdjan ayant poussé plus de la moitié de la population à fuir.

Le territoire se vide de ses résidents arméniens qui fuient massivement malgré les messages rassurants envoyés par Bakou, qui les appelle à ne "pas quitter leurs maisons".

Le dirigeant de l'enclave Samvel Chakhramanian a annoncé par décret la dissolution "de toutes les institutions gouvernementales (...) au 1er janvier 2024" et qu'en conséquence, "la République du Nagorny Karabakh" cessait "son existence".

Cette région à majorité arménienne, qui avait fait sécession de l'Azerbaïdjan à la désintégration de l'URSS, s'est opposée pendant plus de trois décennies à l'Azerbaïdjan, notamment lors de deux guerres entre 1988 et 1994 et à l'automne 2020.

Or la semaine dernière, Bakou a lancé une offensive militaire pour la reprendre et poussé les séparatistes à capituler en 24H, sans qu'interviennent ni l'Arménie, ni les soldats de la paix russes déployés sur place depuis fin 2020.

«C'est douloureux»

Erevan, dont les moyens militaires sont affaiblis, s'est senti lâché par son grand allié russe.

En réaction, le Parlement arménien a mis à l'ordre du jour mardi prochain le vote de ratification du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), qui avait émis au printemps un mandat d'arrêt visant le président russe Vladimir Poutine.

Un projet "extrêmement hostile" selon le Kremlin, qui s'est borné jeudi à "prendre acte" de l'annonce de l'auto-dissolution historique.

Des dizaines de milliers d'Arméniens fuient via la seule route reliant le Nagorny Karabakh à l'Arménie, rouverte dimanche par Bakou après des mois de blocus.

Lilit Grigorian, 32 ans, une enseignante, attendait jeudi à Goris, ville arménienne située près de la frontière, avec son enfant.

Évoquant la dissolution, elle explique que "c’est douloureux: toute notre vie a été réduite en poussière."

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a accusé l'Azerbaïdjan de mener un "nettoyage ethnique", en estimant qu'il n'y aurait plus d'Arméniens dans l'enclave "ces prochains jours".

Les autorités arméniennes ont fait état de l'arrivée de 70.500 réfugiés jeudi, soit plus de la moitié de la population officielle du Nagorny Kabarakh d'environ 120.000 habitants.

Arrestation 

Selon le Kremlin, les Arméniens n'ont pourtant "aucune raison" de fuir le territoire, l'Azerbaïdjan les appelant à "ne pas quitter leurs maisons et à faire partie de sa société multiethnique".

"Nikol Pachinian sait parfaitement que les résidents arméniens quittent le Karabakh de leur propre gré", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

"C’est leur décision personnelle qui n’a rien à voir avec la migration forcée. Si certains résidents arméniens ne veulent pas vivre sous les lois azerbaïdjanaises, nous ne pouvons pas les forcer à le faire", a-t-il ajouté.

Les autorités azerbaïdjanaises se sont aussi engagées à permettre aux rebelles qui rendraient leurs armes de partir.

Elles ont cependant arrêté mercredi le milliardaire Rouben Vardanian -- qui a dirigé le gouvernement séparatiste de l'enclave de novembre 2022 à février 2023 -- alors qu'il tentait de rejoindre l'Arménie.

Il a été inculpé de financement du terrorisme et de création d'une organisation armée illégale, selon le service de sécurité de l'État azerbaïdjanais, et placé en détention provisoire pour quatre mois, ce qui provoque l'inquiétude à Erevan.

Dans son décret de dissolution de la république autoproclamée, le dirigeant séparatiste a quant à lui souligné jeudi qu'une fois les conditions du retour connues, les habitants et les réfugiés pourront "individuellement prendre leur décision".

Mais un groupe d'exilés qui discutait des dernières nouvelles côté arménien a identifié le principal dilemme auquel sont confrontées les personnes acceptant de vivre sous le contrôle de l'Azerbaïdjan.

"Si vous avez un fils, il devra servir dans l'armée azerbaïdjanaise, contre l'Arménie", dit à ses amis un homme qui a requis l'anonymat pour raison de sécurité. "Seul un fou voudrait cela !"


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Short Url
  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Short Url
  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.