La lutte des pays arabes face aux enjeux liés à la qualité de l'air urbain

Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 03 octobre 2023

La lutte des pays arabes face aux enjeux liés à la qualité de l'air urbain

  • Les défis uniques auxquels la région est confrontée, notamment les températures élevées et les fréquentes tempêtes de poussière, contribuent à la dégradation de la qualité de l'air
  • Les experts estiment que la mauvaise qualité de l'air doit faire l'objet d'une attention urgente lors de la COP 28 à Dubaï

DUBAÏ: Déjà confrontés aux défis combinés de l'urbanisation rapide, du réchauffement climatique et de la pression sur les ressources en eau douce, les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord se battent désormais pour un élément encore plus fondamental: l'air respirable.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air extérieur pollué qui dépasse les niveaux jugés acceptables, ajoutant que la qualité de l'air dans la région arabe en particulier est l'une des plus mauvaises au monde.

À l'heure où la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP28, doit se tenir à Dubaï en novembre, les experts estiment que le problème de la mauvaise qualité de l'air dans la région mérite non seulement une attention urgente, mais aussi des solutions durables et rentables.

Le rapport 2022 sur la qualité de l'air dans le monde, réalisé par la société suisse IQAir, a étudié les niveaux de PM2,5 (particules suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires et les poumons, provoquant ou exacerbant des maladies telles que l'asthme et les problèmes cardiaques) dans 7 323 villes réparties dans 131 pays, régions et territoires.

Les villes les plus polluées de la région sont Bagdad en Irak avec une concentration moyenne de PM2,5 de 80,1, Manama au Bahreïn avec 66,6, Kuwait City au Koweït avec 55,8 et Dhahran en Arabie Saoudite avec 41,5.

Au total, 118 (90%) des 131 pays et régions étudiés ont dépassé la recommandation annuelle de l'OMS pour les PM2,5, qui est de 5 µg/m3 (Une concentration de 1 µg/m3 signifie qu'un mètre cube d'air contient un microgramme de particules).

Une énorme tempête de sable s'abat sur la ville de Koweït (Photo, AFP).

Les experts ne s'accordent pas sur les raisons pour lesquelles le Moyen-Orient semble souffrir d'une qualité de l'air particulièrement faible. Certains d'entre eux pointent du doigt des sources d'émission de gaz telles que les centrales électriques alimentées au pétrole, les véhicules et l'industrie lourde.

«Les principales sources de pollution dans ces villes sont la production d'énergie, les émissions liées aux industries, la combustion des déchets, la construction et les véhicules», a déclaré à Arab News le professeur Tadhg O'Donovan, chercheur dans le domaine de l'énergie solaire et directeur adjoint de l'université Heriot-Watt de Dubaï.

«Le débat le plus important de la COP28 devrait porter sur l'utilisation des sources d'énergie renouvelables.»

Le dioxyde de soufre, les oxydes d'azote et la suie sont quelques-uns des nombreux polluants libérés dans l'atmosphère par la combustion des combustibles (fossiles) conventionnels et qui contribuent à la mauvaise qualité de l'air.

La combustion des carburants libère également dans l'atmosphère un certain nombre de gaz, tels que le dioxyde de carbone, le méthane et l'oxyde nitreux, qui contribuent à l'effet de serre et donc au réchauffement de la planète.

«Ces gaz à effet de serre ont une longue demi-vie dans l'atmosphère, allant de plusieurs décennies à plusieurs siècles», a déclaré à Arab News le Dr Aseel Takshe, chef de département et professeure associée de santé publique à l'Université canadienne de Dubaï.

Alors que des discussions transparentes sur l'avenir des carburants conventionnels sont en cours, Aseel Takshe estime que des mesures importantes doivent encore être prises pour atténuer leur impact sur l'environnement. «Il est urgent de s'engager davantage en faveur des énergies renouvelables», a-t-elle déclaré.

D'autres scientifiques considèrent que les fréquentes tempêtes de sable et de poussière du Moyen-Orient sont les principaux responsables de la mauvaise qualité de l'air. L'augmentation des températures moyennes mondiales et la désertification progressive auraient accru la fréquence de ces tempêtes, qui provoquent et aggravent les maladies respiratoires.

Bien que les civilisations du Moyen-Orient aient connu des tempêtes de poussière depuis des milliers d'années, les tempêtes de poussière dans les déserts depuis l'ère industrielle sont différentes: elles soulèvent une charge croissante de polluants en suspension dans l'air et transportent ces substances sur de longues distances.

Les tempêtes de poussière amplifient donc le problème de la mauvaise qualité de l'air, ce qui fausse les chiffres en défaveur de villes du Moyen-Orient, quelles que soient leurs politiques de réduction des émissions.

Gratte-ciel de la Corniche à Abu Dhabi lors d'une violente tempête de sable (Photo, AFP).

«Les défis uniques auxquels la région est confrontée, notamment les températures élevées et les fréquentes tempêtes de poussière, ne doivent pas être négligés», a déclaré à Arab News Yousuf Fakhruddin, président-directeur général de Fakhruddin Properties et développeur de technologies d'assainissement de l'air.

Selon lui, les stratégies de gestion de ces problèmes, telles que l'amélioration des prévisions météorologiques et de la conception des infrastructures, deviendront vitales pour la protection de la qualité de l'air et de la santé publique à l'avenir.

La vie des habitants peut être affectée de diverses manières en fonction des niveaux de pollution de l'air. De la réduction de l'espérance de vie de deux à cinq ans à une série de maladies chroniques, l'exposition prolongée à des niveaux élevés de pollution atmosphérique peut avoir des effets dévastateurs sur la santé de la population.

«Les maladies respiratoires, notamment l'asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive, sont parmi les plus courantes. Ces maladies peuvent réduire considérablement la qualité de vie et, dans les cas les plus graves, elles peuvent être fatales», a ajouté M. Fakhruddin.

En outre, les maladies cardiovasculaires, notamment les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, ont été associées à l'exposition à la pollution atmosphérique. En effet, les polluants peuvent provoquer des inflammations et des dommages au système cardiovasculaire au fil du temps, augmentant ainsi les risques.

Des études suggèrent que l'exposition à long terme à certains polluants atmosphériques peut même augmenter le risque de cancer du poumon, et de nouvelles données indiquent que la pollution atmosphérique peut être liée à des problèmes de santé mentale et à des troubles du développement neurologique chez l'enfant.

EN CHIFFRES

  • 270 000: Nombre estimé de décès par an causés par la pollution de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
  • 141 milliards de dollars: Coût annuel de la pollution de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (soit 2% du PIB régional).
  • 60: Nombre moyen de jours pendant lesquels un habitant de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se déclare malade au cours de sa vie en raison d'une exposition à des niveaux élevés de pollution atmosphérique.

Source: Banque mondiale

«Il convient de noter qu'en moyenne, une personne inhale environ 11 000 litres d'air par jour», a indiqué M. Fakhruddin.

«Lorsque cet air est pollué, cela signifie que nous introduisons chaque jour de grandes quantités de substances nocives dans notre corps, ce qui ne fait qu'amplifier les risques pour la santé.»

Consciente de la nécessité de réduire simultanément les émissions nocives, la région du Golfe a fait de l'amélioration de la qualité de l'air une priorité absolue en cherchant à réduire les émissions de gaz d'échappement des véhicules et à stopper la libération de polluants dans l'atmosphère.

M. O'Donovan souligne les objectifs du Moyen-Orient en matière de transition vers les énergies renouvelables: les Émirats arabes unis veulent porter à 44% la part des énergies renouvelables dans leur bouquet énergétique d'ici à 2050, tandis que l'Arabie saoudite vise 50% d'ici à 2030.

Selon M. O'Donovan, les pays du Golfe augmenteront leurs capacités en matière d'énergies renouvelables principalement grâce à l'énergie solaire et éolienne, citant le double avantage des conditions climatiques de la région et de la baisse du prix de ces infrastructures.

La ville égyptienne de Gizeh plongée dans un brouillard (Photo, AFP).

L'Arabie saoudite construit l'une des plus grandes installations d'hydrogène vert au monde, qui sera alimentée par 4 gigawatts d'énergie solaire et éolienne et sera opérationnelle d'ici à 2025. L'usine du projet Neom devrait produire 650 tonnes d'hydrogène vert par jour.

Le Royaume construit des parcs éoliens à Yanbu, Waad al-Shamal et Al-Ghat. Dumat al-Jandal, le plus grand parc éolien du Moyen-Orient et le premier en Arabie saoudite, a commencé à produire 400 mégawatts d'énergie sans carbone en août 2021.

Le parc solaire Mohammed ben Rached al-Maktoum aux Émirats arabes unis, la plus grande installation de ce type sur un seul site au monde, est un autre projet clé, qui vise à produire quelque 5 000 mégawatts d'ici à 2030.

Pour résoudre le problème de la qualité de l'air, les Émirats arabes unis ont lancé le programme national pour la qualité de l'air 2031, un plan global de surveillance et de gestion de la qualité de l'air dans tout le pays, qui fournit des données en temps réel sur l'ensemble du territoire.

«Ces informations sont ensuite partagées avec les autorités pour leur permettre d'élaborer des politiques de lutte contre la pollution de l'air et pour permettre aux chercheurs et aux universitaires d'étudier l'impact des facteurs environnementaux, du progrès industriel et de la densité de la population sur la qualité de l'air», a déclaré M. O'Donovan.

Le problème ne se limite pas à la production d'énergie. Selon M. Fakhruddin, l'amélioration des normes d'émissions industrielles est une question essentielle qui doit être débattue lors du prochain sommet de la COP28.

«De nombreuses industries émettent actuellement de grandes quantités de polluants avec une réglementation ou une surveillance minimale», a-t-il relevé. «La mise en œuvre et l'application de normes d'émission plus strictes pourraient améliorer considérablement la qualité de l'air.»

Il estime également que le développement urbain durable devrait être une priorité, en mettant l'accent sur des pratiques de construction écologiques, des réseaux de transport public efficaces et des initiatives de verdissement.

La capitale de l'Arabie saoudite, Riyad, a lancé une initiative de verdissement pour stimuler la couverture végétale. Dans le cadre de l'Initiative verte saoudienne, le Royaume vise à planter 10 milliards d'arbres, dont 7,5 millions pour Riyad et ses environs.

Les véhicules électriques pourraient réduire la pollution causée par les gaz d'échappement (Photo fournie).

Le projet transforme Riyad en une métropole respectueuse de l'environnement qui offre une bonne qualité de vie, réduit la consommation d'énergie de la capitale en abaissant les températures ambiantes et diminue ainsi les dépenses consacrées aux soins de santé.

Selon les experts, un seul hectare de terrain, dont 11% est recouvert de plantes, peut éliminer 9,7 kg de polluants atmosphériques chaque année.

L'Arabie saoudite collabore également avec d'autres gouvernements arabes dans le cadre d'une initiative verte pour le Moyen-Orient, qui prévoit de planter 40 milliards d'arbres supplémentaires, ce qui représente le plus grand effort de boisement au monde.

Cette initiative pourrait permettre de réduire la dégradation des sols et la désertification, et donc l'ampleur et la fréquence des tempêtes de poussière.

Selon M. O'Donovan, de l'université Heriot-Watt, un autre sujet de discussion important lors de la COP28 sera probablement la manière dont les partenariats public-privé peuvent favoriser les initiatives visant à améliorer la qualité de l'air.

«Certains exemples d'initiatives potentielles sont les subventions pour la fabrication et l'utilisation de véhicules électriques, l'investissement dans des projets d'énergie renouvelable, la collaboration pour des projets d'infrastructure qui favorisent la circulation des piétons et la promotion de l'innovation visant à résoudre les problèmes de qualité de l'air au niveau local», a-t-il indiqué.

Fuse EV Conversions, une entreprise qui convertit les voitures à essence en voitures électriques, est un exemple de la manière dont l'entreprise privée peut contribuer à accélérer la transition énergétique de la région arabe.

«Les coûts actuels des véhicules électriques sont exorbitants», a déclaré Salmane Hussein, fondateur et PDG de Fuse EV Conversions, à Arab News.

Une tempête de sable s'abat sur la ville irakienne de Bassorah (Photo, AFP).

Pour tirer parti de cette opportunité, «nous développons des kits de conversion et travaillons avec les autorités réglementaires pour déployer nos services dans davantage de villes», a-t-il ajouté.

Si la plupart des clients de l'entreprise sont des propriétaires de voitures classiques, celle-ci travaille également sur d'autres solutions adaptées au secteur commercial, à la défense et aux ONG.

Considérant la prochaine COP28 comme une occasion pour la région de relever ses défis en matière de durabilité, M. Hussein estime que les gouvernements devraient prêter attention aux mesures pratiques permettant d'atteindre les objectifs en matière d'environnement et de climat.

«Alors que des milliards de dollars ont été consacrés en priorité au développement durable, nous devrions également explorer les moyens d'adapter les solutions existantes», a-t-il déclaré, ajoutant que si les coûts encourus par les consommateurs sont réduits de manière tangible, les objectifs en matière de mobilité propre pourraient être atteints beaucoup plus rapidement.

«Ici, dans le Conseil de coopération du Golfe, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés à atteindre des objectifs de réduction nette des émissions de carbone et ils sont déjà en train de passer à des solutions d'énergie propre. Cela inspire confiance et, avec l'écosystème des technologies propres, nous pouvons créer un impact sans précédent.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.