Les Houthis stoppent le décollage d’un avion pour faire pression sur la compagnie Yemenia

Un avion de la compagnie Yemenia s’envole de l’aéroport de Sanaa, le 30 septembre au Yémen (Photo d’illustration, Reuters).
Un avion de la compagnie Yemenia s’envole de l’aéroport de Sanaa, le 30 septembre au Yémen (Photo d’illustration, Reuters).
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Publié le Mardi 03 octobre 2023

Les Houthis stoppent le décollage d’un avion pour faire pression sur la compagnie Yemenia

  • Yemenia aurait besoin de cet argent entreposé dans des établissements contrôlés par les Houthis, 80 millions de dollars, pour payer les salaires de ses employés
  • La reprise des vols commerciaux depuis l'aéroport de Sanaa vers Amman fait partie de l’accord de cessez-le-feu négocié par l'ONU

AL-MUKALLA: Les Houthis ont empêché le décollage d’un avion de la compagnie aérienne Yemenia à l’aéroport de Sanaa, dans le but de forcer l’entreprise à revenir sur sa décision de suspendre ses vols vers Amman.

D’après un agent du gouvernement, l’avion s’apprêtait à rejoindre la ville portuaire d’Aden.
L’arrêt du seul vol international en partance de l’aéroport de Sanaa fait suite à l’interdiction émise par les Houthis que la compagnie aérienne puisse utiliser ses fonds déposés dans des banques de la ville. 

Selon la même source, Yemenia aurait besoin de cet argent entreposé dans des établissements contrôlés par la milice, 80 millions de dollars, pour payer les salaires de ses employés, l’entretien des avions et l’achat de nouveaux appareils. 

“L'entreprise est confrontée à d'importantes obligations financières, telles que les paiements et l'achat de deux nouveaux avions. Le groupe a rejeté toutes les propositions de règlement de ce différend”, a déclaré le responsable yéménite – qui a souhaité conserver l’anonymat –, ajoutant que les fonds s'étaient accumulés dans les banques depuis longtemps, avant même la reprise des vols commerciaux entre Sanaa et Amman, en avril 2022.

“Cependant, Yemenia paie désormais (les frais de) ses voyages avec les revenus de ses bureaux des gouvernorats du sud et de l’est. Le groupe veut confisquer le montant”, a-t-il ajouté.

Pressions des Houthis

La reprise des vols commerciaux depuis l'aéroport de Sanaa contrôlé par les Houthis vers Amman, dans le cadre d'un cessez-le-feu négocié par l'ONU, a permis aux navires d'accoster au port maritime de Hodeidah.

Le responsable yéménite Mohsen Ali Haidra a déclaré dimanche à la télévision Al-Ghad Al-Mushreq que les Houthis avaient refusé l'accès aux fonds à Sanaa, citant “des ordres des autorités de sécurité et de renseignement”. La milice tente selon lui de faire pression sur la compagnie aérienne pour qu'elle lance de nouvelles routes internationales.

Le vice-ministre des Affaires étrangères des Houthis, Hussein Al-Ezzi, a quant à lui martelé que la Yemenia ne serait pas autorisée à retirer l’argent de ses comptes, dans le cadre des prétendus efforts anti-corruption de la milice.

"Nous avons simplement cessé de retirer des sommes importantes pour prévenir la corruption et garantir que nous instaurons un comportement honnête et transparent dans l'intérêt de l'entreprise en tant que transporteur national", a ajouté Al-Ezzi sur la plateforme X (ex-Twitter).

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.