Turquie: Nouvelle vague d’arrestations après l'attentat d'Ankara

La Turquie avait déjà lancé en représailles dimanche soir des frappes aériennes contre les combattants kurdes turcs du PKK au Kurdistan irakien (Photo, AFP).
La Turquie avait déjà lancé en représailles dimanche soir des frappes aériennes contre les combattants kurdes turcs du PKK au Kurdistan irakien (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 04 octobre 2023

Turquie: Nouvelle vague d’arrestations après l'attentat d'Ankara

  • Un kamikaze s’est fait exploser près de l'entrée du ministère de l'Intérieur dimanche à Ankara
  • Plusieurs membres du parti démocratique populaire pro-kurde (HDP), figurent parmi les personnes arrêtées

DJEDDAH: La police turque a arrêté plus de 1 000 personnes lors de raids dans toute la Turquie mardi, dans le cadre d'une nouvelle vague de répression après un attentat suicide à Ankara perpétré par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit par les autorités turques.

Environ 90 personnes ont été arrêtées dans 18 provinces du pays à cause de leurs liens présumés avec le PKK. Le ministre de l'Intérieur, Ali Yerlikaya, a signalé que 928 autres personnes soupçonnées de détenir des armes à feu sans licence ou d'être liées à la contrebande d'armes à feu ont été arrêtées au cours de l'opération, et que plus de 840 armes ont été confisquées.

Un kamikaze du PKK s’est fait exploser près de l'entrée du ministère de l'Intérieur dimanche, quelques heures avant que le président, Recep Tayyip Erdogan, ne s'adresse au Parlement à son retour des vacances d'été. Un deuxième kamikaze a été tué lors d'une fusillade avec la police.

Deux policiers ont été légèrement blessés dans l'attentat. Les kamikazes sont arrivés sur les lieux à bord d'un véhicule dont ils se sont emparés, après avoir abattu un vétérinaire d’une balle dans la tête de la ville de Kayseri, dans le centre de la Turquie.

Quelques heures plus tard, Ankara a lancé des frappes aériennes sur des cibles de combattants kurdes dans le nord de l'Irak, où la direction du PKK est basée. Le ministère de la Défense a déclaré qu'un grand nombre de militants avaient été tués lors de ces frappes.

Parmi les personnes arrêtées lors de la répression de mardi figure Aysenur Arslan, 73 ans, une présentatrice de journaux télévisés qui a remis en question les détails du récit officiel de l'attaque contre la chaîne d'opposition Halk TV. Arslan a été arrêtée à son domicile après que les procureurs l'ont accusée de propager la «propagande terroriste» et de faire «l’éloge des activités criminelles».

Condamnation exigée

Plusieurs membres du parti démocratique populaire pro-kurde, qui s'est présenté sous la bannière du parti de la gauche écologiste lors des élections générales, figurent également parmi les personnes arrêtées.

Erdogan a déclaré mardi qu'il attendait davantage de soutien de la part de ses alliés dans le cadre de la campagne antiterroriste menée par la Turquie. «Nous voulons voir des mesures concrètes de la part de nos amis en plus des messages de condamnation», a précisé Erdogan lors de la cérémonie d'ouverture d'un siège du Conseil d'État à Ankara.

«Ils devraient savoir que les déclarations qui condamnent le terrorisme et nous consolent ne guériront pas nos blessures», a-t-il ajouté.

Le PKK est considéré comme un groupe terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux. Le groupe mène depuis 1984 une insurrection qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes en Turquie. Une série d'opérations militaires turques a repoussé le groupe en Irak.

Au cours de cette session du Parlement turc, les députés seront invités à ratifier l'adhésion de la Suède à l'Otan. La ratification a été retardée par la colère des autorités turques face au refus de la Suède d'interdire les marches du PKK et de ses partisans à Stockholm.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Short Url
  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.