Climat: le pape lance un nouveau cri d'alarme et appelle l'ONU à agir

Le pape François prononce un discours devant les pèlerins entourés d'enfants des cinq continents lors de la prière de l'Angélus du dimanche sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 1er octobre 2023. (Photo, AFP)
Le pape François prononce un discours devant les pèlerins entourés d'enfants des cinq continents lors de la prière de l'Angélus du dimanche sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 1er octobre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 04 octobre 2023

Climat: le pape lance un nouveau cri d'alarme et appelle l'ONU à agir

  • Le chef de l'Eglise catholique insiste notamment sur la nécessité d'une transition énergétique « contraignante»
  • Jorge Bergoglio, qui a fait de la défense de la « Maison commune» un thème récurrent de son pontificat depuis son élection en 2013, met aussi en garde face aux « opinions méprisantes et déraisonnables» des climatosceptiques

CITÉ DU VATICAN: "Le monde s'écroule": le pape François a lancé un nouveau cri d'alarme face au réchauffement climatique et appelé à une transition énergétique "contraignante" dans un texte publié mercredi, quelques semaines avant la COP28 de Dubaï.

Huit ans après la publication de son encyclique fondatrice sur l'écologie intégrale, "Laudato Si'", le jésuite argentin âgé de 86 ans déplore des réponses "insuffisantes alors que le monde (...) s'écroule" et s'approche d'un "point de rupture".

Intitulé "Laudate Deum" ("Louez Dieu"), ce nouveau document appelle les grandes puissances à "reconfigurer le multilatéralisme" alors que les objectifs de réduction des émissions carbone semblent de plus en plus difficiles à atteindre.

Le chef de l'Eglise catholique insiste notamment sur la nécessité d'une transition énergétique "contraignante", sous forme d'un appel direct aux participants aux négociations sur le climat sous l'égide de l'ONU (COP28) qui se tiendront début décembre à Dubaï.

Selon lui, cette conférence peut représenter "un tournant" en cas d'accord contraignant sur la transition des énergies fossiles vers les sources d'énergie propres telles que l’éolien et le solaire, sans quoi elle sera "une grande déception".

"Ce n'est que par un tel processus que la crédibilité de la politique internationale pourra être rétablie", estime-t-il dans ce document de 12 pages, rédigé en espagnol et traduit en plusieurs langues.

Jorge Bergoglio, qui a fait de la défense de la "Maison commune" un thème récurrent de son pontificat depuis son élection en 2013, met aussi en garde face aux "opinions méprisantes et déraisonnables" des climatosceptiques, "même au sein de l'Eglise catholique".

"Ces dernières années, de nombreuses personnes ont tenté de se moquer de ce constat", déplore-t-il, sur fond de prolifération des fausses informations relativisant le réchauffement climatique ou "ridiculisant" ceux qui en parlent.

"Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler ou de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents", alerte le pape, jugeant "probable" l'explosion du nombre de migrants climatiques "dans quelques années".

Mode de vie irresponsable

Dans cette exhortation apostolique de 73 paragraphes à la tonalité didactique, le pape insiste de nouveau sur les dégâts causés par "l'intervention effrénée de l'homme sur la nature" et fustige le "mode de vie irresponsable du modèle occidental", pointant notamment du doigt les Etats-Unis et la Chine pour leurs émissions de gaz à effet de serre.

Plus généralement, il déplore le fait que "la crise climatique n’est pas vraiment un sujet d'intérêt pour les grandes puissances économiques, soucieuses du plus grand profit au moindre coût et dans les plus brefs délais possibles".

En 2015, "Laudato si" ("Loué sois-tu"), un manifeste de 200 pages pour la solidarité afin d'agir ensemble en vue de protéger l'environnement, avait déclenché un débat au niveau mondial, phénomène inédit pour un texte religieux, y compris des commentaires dans des revues scientifiques.

Quelques mois plus tard, une avancée significative avait été obtenue avec l'accord de Paris sur le climat dont l'objectif primordial est de maintenir la hausse de température en dessous de 2°C.

L'ONU a averti le mois dernier que le monde n'était pas en bonne voie pour atteindre ce but, alors que 2023 devrait être l'année la plus chaude de l'histoire de l'humanité, avec un été marqué par des canicules, des sécheresses et des incendies.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.