Dans les hôpitaux à Gaza, «la situation est catastrophique»

Des secouristes amènent des enfants blessés à l'hôpital al-Chifa à la suite de frappes israéliennes dans la ville de Gaza, le 10 octobre 2023. (AFP).
Des secouristes amènent des enfants blessés à l'hôpital al-Chifa à la suite de frappes israéliennes dans la ville de Gaza, le 10 octobre 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 11 octobre 2023

Dans les hôpitaux à Gaza, «la situation est catastrophique»

  • Dans l'hôpital al-Chifa , «un grand nombre» de personnes attendent leur tour dans la salle des urgences
  • Mais «certains perdent la vie bien avant» d'être pris en charge

GAZA : Dans la bande de Gaza, bombardée par Israël après une offensive du Hamas samedi, l'hôpital al-Chifa croule sous les blessés. Des familles entières arrivent les unes après les autres, le personnel est débordé: "la situation est catastrophique", alertent les autorités locales.

Akram Al-Haddad, 25 ans, se tient à côté du lit de son neveu Abdelrahman al-Douss, âgé d'un an et demi et blessé dans un raid aérien israélien qui a tué son frère de quatre ans et demi et 16 autres personnes.

L'enfant a survécu avec ses parents, blessés aussi dans la frappe qui a détruit la maison familiale dans le quartier d'Al-Zaytoun, dans le sud-est de la ville de Gaza, raconte Akram, le visage triste.

Mais, "il a besoin d'une intervention chirurgicale urgente pour sa blessure à la tête", explique à côté son médecin. Problème: "il doit attendre qu'une salle d'opération soit disponible".

"Nous travaillons dans des circonstances exceptionnelles (...) et nous devons garantir une alimentation en électricité en continu et la disponibilité du matériel nécessaire avant de procéder à toute intervention chirurgicale", déplore le médecin qui se présente comme Abdallah.

Israël bombarde depuis samedi la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007, en riposte à une offensive d'une ampleur sans précédent du mouvement islamiste palestinien contre l'Etat israélien.

Au total, et selon un bilan provisoire, 765 personnes ont été tuées et 4 000 blessées côté palestinien, d'après les autorités locales.

Dans cet hôpital, "un grand nombre" de personnes attendent leur tour dans la salle des urgences. Mais "certains perdent la vie bien avant" d'être pris en charge, regrette Abdallah.

"Nous avons traité un grand nombre de blessés, pour la plupart des femmes et des enfants qui arrivent en même temps", explique à l'AFP le médecin urgentiste Mohammad Ghoneim, interrompu par l'arrivée de nouveaux blessés: trois femmes, deux enfants, un homme âgé et deux jeunes.

"La capacité limitée (de l'hôpital) aggrave le nombre de victimes", ajoute-t-il ensuite, se lamentant du manque de fournitures médicales qui s'ajoute à des pénuries d'électricité d'eau et d'oxygène, alors que le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, a annoncé lundi l'imposition d'un "siège complet" à la bande de Gaza.

"Pas d'électricité, pas d'eau, pas de gaz", a-t-il déclaré.

Nulle part où aller

Sur son lit d'hôpital, Om Rama al-Hassasna, est entourée de ses quatre enfants âgés de trois à six ans. Ils ont tous été blessés dans une frappe israélienne qui visait une maison voisine dans le quartier de Cheikh Radwan, dans le nord de la bande de Gaza.

Mais, sa maison a été gravement endommagée, explique-t-elle. "J'ai été blessée ainsi que les enfants. Ils nous ont emmenés ici, nous attendons d'être soignés", poursuit-elle.

Le ministère de la Santé dans la bande de Gaza a averti que le manque de fournitures médicales et de médicaments conduirait à une "situation catastrophique" dans l'enclave palestinienne qui compte 2,3 millions d'habitants.

Huit hôpitaux "ne suffisent pas pour répondre aux besoins des citoyens", a-t-il assuré.

Les bombardements israéliens ont mis hors service l'hôpital Beit Hanoun, dans le nord, et endommagé le service de médecine néonatale de l'hôpital al-Chifa.

Salameh Maarouf, le directeur du bureau des médias du gouvernement, dirigé par le Hamas, regrette que, "compte tenu du grand nombre de blessés", Gaza manque "de médicaments, de fournitures médicales, de scanners et d'appareils de radiographies.

Le responsable accuse "l'occupation (Israël) de créer délibérément une situation humanitaire misérable par des restrictions ou des agressions", affirmant que l'Etat israélien "avait averti que, si le carburant est fourni à la centrale électrique par l'Egypte, la centrale sera bombardée".

Sans abri, de nombreuses familles ont trouvé refuge dans les couloirs de l'hôpital al-Chifa et dans le jardin. Après avoir été soignées, plusieurs d'entre elles n'ont plus d'endroit où aller.

"Ma maison a été complètement détruite (...) Toutes les maisons ici ont été détruites", témoigne Abou Ashour Sukayk, 39 ans, d'une voix étranglée.

"C'était une nuit sombre pour moi, ma femme et mes enfants".


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.