Accord migratoire UE-Tunisie: Bruxelles veut avancer malgré les «obstacles»

Cette photo fournie par le service de presse de la présidence tunisienne montre la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, serrant la main du président tunisien Kais Saied après un point de presse au palais présidentiel de Tunis le 16 juillet 2023. (AFP)
Cette photo fournie par le service de presse de la présidence tunisienne montre la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, serrant la main du président tunisien Kais Saied après un point de presse au palais présidentiel de Tunis le 16 juillet 2023. (AFP)
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

Accord migratoire UE-Tunisie: Bruxelles veut avancer malgré les «obstacles»

  • Le gouvernement tunisien a restitué à l'UE une aide budgétaire de 60 millions d'euros qui lui avait été versée par Bruxelles
  • Kais Saied avait affirmé que cette somme avait été versée par l'UE «sans que les autorités tunisiennes n'en aient été informées au préalable», «cette méthode porte atteinte à notre dignité»

BRUXELLES: La Commission européenne a affirmé jeudi sa volonté de poursuivre les discussions avec les autorités tunisiennes pour la mise en oeuvre d'un partenariat migratoire malgré les "obstacles" et une querelle avec Tunis sur des fonds européens.

Le gouvernement tunisien a restitué à l'UE une aide budgétaire de 60 millions d'euros qui lui avait été versée par Bruxelles, dans une démarche inédite de la part d'un pays partenaire, selon la Commission.

Le président tunisien Kais Saied avait affirmé mercredi soir que cette somme avait été versée par l'UE "sans que les autorités tunisiennes n'en aient été informées au préalable". "Cette méthode porte atteinte à notre dignité", a-t-il dit pour expliquer la restitution.

Les fonds étaient prévus dans le cadre d'un programme d'aide à la relance post-Covid, sans lien avec ceux du protocole d'accord signé en juillet entre l'UE et la Tunisie et qui porte notamment sur une coopération en matière migratoire.

Kais Saied avait dès le 2 octobre déclaré rejeter la "charité" de l'UE.

Quelques jours plus tard, le commissaire européen Oliver Varhelyi avait souligné que la somme de 60 millions d'euros avait pourtant été sollicitée par la Tunisie le 31 août, et que ce pays était libre de rendre l'argent.

"La mise en oeuvre du protocole d'accord devrait se poursuivre une fois la Tunisie revenue à l'esprit de notre partenariat stratégique et global basé sur le respect mutuel", avait aussi cinglé le commissaire hongrois.

Le porte-parole de la Commission européenne Eric Mamer a reconnu jeudi que la mise en oeuvre de ce protocole d'accord avait "encore du chemin à faire".

«Un effort à long terme»

Mais il "est très important, pour la Tunisie et pour l'Union européenne. C'est un effort à long terme. Oui, il va y avoir des obstacles, parfois importants, sur la route", a-t-il concédé.

"Mais la Commission continue et continuera à travailler à sa mise en oeuvre avec les autorités tunisiennes", a-t-il assuré.

Ce partenariat en plusieurs volets, destiné notamment à faire baisser les arrivées dans l'UE de migrants depuis la Tunisie, prévoit une aide de 105 millions d'euros pour lutter contre l'immigration irrégulière, ainsi qu'une aide budgétaire directe de 150 millions d'euros à ce pays confronté à de graves difficultés économiques.

L'UE a indiqué avoir, dans le cadre de ce protocole d'accord, signé deux contrats, l'un de 13 millions d'euros avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'autre de 8 millions d'euros avec l'Agence des nations unies pour les réfugiés (HCR).

Ces contrats sont destinés à assurer la protection des migrants en Tunisie, mais aussi à accroître les "retours volontaires" de ces migrants vers leurs pays d'origine.

Ce partenariat UE-Tunisie est l'objet de controverses, liées notamment à des inquiétudes sur les atteintes aux droits des migrants dans ce pays. Mardi, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a rapporté que plus de 100 migrants africains interceptés en mer par la garde nationale tunisienne avaient été "expulsés vers l'Algérie" à la mi-septembre, et laissés "sans nourriture ni eau".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.