Abou Daqqa assignée à résidence avant une possible expulsion

Mariam Abou Daqqa, 72 ans, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), arrive au commissariat de Noailles à Marseille le 16 octobre 2023. (AFP)
Mariam Abou Daqqa, 72 ans, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), arrive au commissariat de Noailles à Marseille le 16 octobre 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 18 octobre 2023

Abou Daqqa assignée à résidence avant une possible expulsion

  • Mme Abou Daqqa, dont la venue était prévue depuis de longs mois à l'occasion de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans plusieurs villes françaises, disposait d'un visa de 50 jours
  • Le ministère de l'Intérieur a indiqué que la militante était «membre du bureau politique du FPLP à Gaza» et que «le contexte actuel est susceptible de constituer un trouble à l'ordre public»

MARSEILLE: Mariam Abou Daqqa, militante du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), en visite en France pour des conférences, a été assignée à résidence dans les Bouches-du-Rhône lundi avant une possible expulsion, qu'elle contestera en justice pour "faire valoir" ses "droits".

Le FPLP est une organisation qualifiée de terroriste par l'Union européenne.

"Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive: j'ai un visa valide. Je ne suis pas une terroriste mais une activiste de gauche qui ne vient (en France) que pour parler des droits des femmes et des Palestiniens. Je pensais que nous étions en démocratie ici", a-t-elle déclaré lundi à sa sortie d'un commissariat du centre de Marseille où elle doit se présenter quotidiennement.

Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué que la militante était "membre du bureau politique du FPLP à Gaza" et que "le contexte actuel (programme de 15 conférences en France) est susceptible de constituer un trouble à l'ordre public qu'il s'agit de prévenir".

Plusieurs conférences, lors desquelles devait intervenir Mariam Abou Daqqa, ont été interdites ces derniers jours par les autorités françaises, notamment à Lyon et à Martigues (Bouches-du-Rhône) et la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a décidé d'interdire la venue de cette militante dans l'Hémicycle le 9 novembre.

Dans son arrêté daté de dimanche et notifié à l'intéressée lundi, dont l'AFP a obtenu une copie, le ministère précise que Mme Abou Daqqa disposait d'un visa délivré par les services consulaires français à Jérusalem en août, avant la flambée de violences entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Il indique que l'expulsion n'est pas applicable immédiatement car "il est nécessaire de prévoir l'organisation matérielle du départ" de Mariam Abou Daqqa, compte tenu notamment du "document de voyage" qu'elle détient actuellement.

En conséquence, elle est assignée à résidence dans les Bouches-du-Rhône 45 jours, jusqu'à la fin novembre, avec l'obligation de "se maintenir dans les locaux où elle réside à Marseille de 22H00 à 07H00 du matin" et de pointer tous les jours à 12H30 au commissariat, détaille encore l'arrêté.

"Je n'aimerais pas rester en France dans ces conditions mais si je peux faire valoir mes droits, j'attendrai" que la justice se prononce, a estimé cette militante de 72 ans qui a affirmé que 29 membres de sa famille étaient "décédés sous les bombes israéliennes à Gaza" ces derniers jours.

«Parler aux deux côtés»

Mme Abou Daqqa, dont la venue était prévue depuis de longs mois à l'occasion de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans plusieurs villes françaises, disposait d'un visa de 50 jours. Elle est arrivée en France fin septembre.

"Nous ne demandons que le respect du droit international qui n'est pas respecté par Israël depuis 75 ans", a indiqué cette militante en référence à l'occupation israélienne des territoires palestiniens.

A sa sortie du commissariat, Mme Abou Daqqa était accompagnée de Pierre Stambul, porte-parole de l'Union juive française pour la paix (UJFP), selon qui "l'arrêté d'expulsion est une décision illégale car on ne peut pas expulser quelqu'un vers un pays en guerre".

"La France trahit la position qu'elle avait depuis toujours, à savoir parler avec les deux côtés", a-t-il poursuivi. "On est contre toutes les victimes civiles", a ajouté le porte-parole de cette association juive laïque et antisioniste.

Plus de 1.400 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées lors d'une attaque d'une ampleur sans précédent lancée par des commandos du Hamas en Israël le 7 octobre.

Les bombardements israéliens qui ont suivi sur la bande de Gaza, territoire surpeuplé et sous blocus depuis des années, ont tué au moins 2.750 personnes, en majorité des civils palestiniens, selon les autorités locales. L'enclave est menacée d'une "catastrophe humanitaire", selon l'Organisation mondiale de la Santé.

Neuf personnes, dont une membre de l'UJFP, arrêtées après avoir participé dimanche à Marseille à un regroupement interdit par le ministère de l'Intérieur pour la défense des civils palestiniens, ont été libérées après 24 heures de garde à vue. Certaines ont reçu une convocation pour le 13 novembre "aux fins de notification d'un avertissement pénal probatoire", selon un document consulté par l'AFP.

"Le profil des personnes arrêtées est pacifiste, il y a des gens de toutes confessions qui sont sensibles au sort des civils. Je suis étonné par la longueur de la garde à vue", a déclaré à l'AFP l'avocat Valentin Loret qui, avec son confrère Emmanuel Docteur, défend six des interpellés.


Macron après les frappes en Iran: le «travail diplomatique» doit «reprendre ses droits» 

Short Url
  • Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan
  • La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que le "travail diplomatique" devait "reprendre ses droits", quelques heures après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, affirmant que la crise autour du nucléaire iranien et les "droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre" ne pouvaient se régler par des "frappes".

"Je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits", a-t-il déclaré au début d'un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.

"Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a affirmé le chef de l'Etat français.

"Ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé c'est de pouvoir décider lui-même de son destin et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre", a-t-il ajouté.

"La France n'a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron, au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu, de plusieurs ministres et de hauts responsables militaires.

La "priorité absolue" de la France est la sécurité de ses ressortissants et "emprises militaires" dans la région, a poursuivi le chef de l'Etat.

"C'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté", a-t-il encore souligné, en référence notamment aux pays du Golfe.

Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan, a précisé l'Elysée, à l'exception d'Israël.

Il avait auparavant appelé sur X à "cesser" une "escalade dangereuse pour tous" et affirmé que le régime iranien n'a "plus d'autre option" que de négocier de "bonne foi" le démantèlement de son programme nucléaire et balistique.

La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation", a-t-il encore relevé sur X.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Short Url
  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Short Url
  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.