«Bras de fer» entre le personnel et la direction du Centre Pompidou

Le Centre Pompidou-Metz (à gauche), à Metz, dans le nord-est de la France, le 22 novembre 2022, est visible depuis l'intérieur du City Skyliner. (AFP)
Le Centre Pompidou-Metz (à gauche), à Metz, dans le nord-est de la France, le 22 novembre 2022, est visible depuis l'intérieur du City Skyliner. (AFP)
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Publié le Samedi 21 octobre 2023

«Bras de fer» entre le personnel et la direction du Centre Pompidou

  • Une nouvelle assemblée générale du personnel est prévue lundi, selon les syndicats, et l'ouverture du musée ce week-end dépendra du nombre de grévistes déclarés, selon la direction
  • Le projet de protocole prévoyait jusqu'à présent un redéploiement des agents au Grand Palais, en travaux de restauration et qui doit rouvrir en 2024, et sur un nouveau pôle francilien de conservation et de création du Centre Pompidou à Massy

PARIS: Un "bras de fer" s'est engagé entre la direction du Centre Pompidou, grand musée d'art moderne à Paris en grève depuis le début de la semaine, et son personnel, inquiet pour son avenir avant la fermeture de l'établissement pour cinq ans à compter de 2025.

Des bannières syndicales ont investi le hall de l'établissement, où une grande affiche stipule en français et en anglais: "En grève", selon des photos publiées par des grévistes et la CGT sur les réseaux sociaux. Le préavis court sur un mois, reconductible.

Une nouvelle assemblée générale du personnel est prévue lundi, selon les syndicats, et l'ouverture du musée ce week-end dépendra du nombre de grévistes déclarés, selon la direction.

L'établissement, qui abrite aussi une bibliothèque et nombre d'espaces de médiation, a été fermé lundi, jeudi et vendredi (mardi étant le jour habituel de fermeture des musées). Il a pu être ouvert au public mercredi, même si certains membres du personnel étaient en grève. Ils étaient 200 (sur 1 000 agents employés par le Centre Pompidou) lundi, au premier jour du mouvement social, selon la direction.

Celle-ci a également précisé qu'une grande soirée privatisée baptisée "Artklub", animée par des DJ et des performeurs, avait dû être annulée vendredi soir.

Le personnel a voté ce même jour la reconduction de la grève, faute d'avoir obtenu des réponses satisfaisantes quant au maintien des postes, des missions et des salaires, notamment, au terme de la fermeture progressive pour d'importants travaux de désamiantage et de rénovation entre 2025 et 2030, selon Nathalie Ramos, de la CGT Culture.

"Nous sommes dans un bras de fer. Il y a des points de désaccord, mais nous souhaitons en sortir le plus rapidement possible", a déclaré Frédéric Mazella, de la CFDT, à l'AFP.

"Nous avons sollicité le ministère de la Culture pour obtenir un rendez-vous vendredi après-midi avec notre direction générale et obtenir des précisions. Nous avons obtenu des avancées, notamment sur le maintien de la rémunération et sur la non-externalisation des services (agents d'accueil, conférenciers, NDLR), deux engagements qui restent à confirmer dans le projet de protocole d'accord", a-t-il ajouté.

Redéploiement 

Au terme d'une première réunion, mardi, entre les organisations syndicales (CGT, FO, CFDT, SUD, Unsa) et le cabinet de la ministre de la Culture Rima Abdul Malak, les négociations avaient débouché sur un projet de protocole d'accord.

"Les 18 revendications ont été étudiées point par point et des engagements ont été pris face à des préoccupations légitimes", a assuré à l'AFP la direction, qui s'est dite "confiante" quant à la poursuite des négociations et n'a pas souhaité s'exprimer d'avantage vendredi.

"Tant que le protocole n'est pas signé, la grève n'est pas levée", a toutefois martelé Mme Ramos (CGT), soulignant que les membres du personnel demandaient "des garanties écrites sur la non-externalisation de leurs missions et le renouvellement de certains contrats pendant la fermeture".

Côté CFDT, M. Mazella indique que "les propositions de l'administration ont été amendées par les syndicats, en faveur notamment d'un regroupement des agents sur un site unique pendant la fermeture".

Le projet de protocole prévoyait jusqu'à présent un redéploiement des agents au Grand Palais, en travaux de restauration et qui doit rouvrir en 2024, et sur un nouveau pôle francilien de conservation et de création du Centre Pompidou à Massy (Essonne), qui doit ouvrir en 2026.

Des conférences prévues dans le cadre de la foire d'art contemporain Paris + par Art Basel, qui se tient jusqu'à dimanche, ont été déplacées au musée Picasso, non loin du Centre Pompidou, selon la CGT Culture, qui s'insurge dans un tract contre "cette tentative de briser la grève".


Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français

Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive
  • "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger"

A BORD DU CHARLES DE GAULLE: Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

Le président français a atterri en hélicoptère sur le porte-avions, qui se trouve désormais au large de la Crète, en Grèce. Il a été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides.

"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri à leurs côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, tout en assurant qu'il s'agissait d'actions "strictement défensives, loin de tout engagement militaire". La France, l'Italie et l'Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.

Le Charles de Gaulle est au coeur d'un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe, a détaillé Emmanuel Macron.

Coordination du G7 

Il a notamment annoncé que la France contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" à l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà.

Le Premier ministre grec a invité ses "collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants".

L'UE s'est justement dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime, ont indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le chef de l'Etat français.

C'est, selon lui, "essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.

La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l'Energie de ce groupe de pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) en marge d'un sommet à Paris sur le nucléaire civil. "J'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques", a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que ces pays envisageaient parmi les "options" possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.

La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.

Après s'être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".

"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.