Le théâtre, un «acte de résistance fort», pour le comédien palestinien Ahmed Tobasi

L'humoriste palestinien Ahmed Tobasi pose autour du théâtre SUBS où il joue la pièce "Et me voilà" à Lyon, le 18 octobre 2023. (Photo Jeff Pachoud AFP)
L'humoriste palestinien Ahmed Tobasi pose autour du théâtre SUBS où il joue la pièce "Et me voilà" à Lyon, le 18 octobre 2023. (Photo Jeff Pachoud AFP)
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Publié le Samedi 21 octobre 2023

Le théâtre, un «acte de résistance fort», pour le comédien palestinien Ahmed Tobasi

  • C'est «une histoire vraie, qui parle de choses concrètes, de situations qui font comprendre ce que c'est que de grandir pour un jeune Palestinien», explique le comédien de 39 ans marqué par les Intifada
  • Cet homme fluet au regard vif a désormais renoncé aux armes pour «combattre avec le théâtre et l'art et évacuer la violence»

LYON, France : «Le public entend une voix palestinienne. C'est un acte de résistance fort». Avec sa pièce «And here I am» (Et me voici), présentée cette semaine en France, le comédien Ahmed Tobasi veut «dire que les Palestiniens existent toujours et existent aussi en tant qu'artistes».

Le monologue de 80 minutes écrit pour lui par l'auteur irakien Hassan Abdulrazzak raconte sa naissance dans un camp de réfugiés en Cisjordanie, son engagement armé contre Israël à l'adolescence, ses quatre ans en détention et sa reconversion dans le théâtre à sa sortie de prison, au sein du Freedom Theater de Jénine (Cisjordanie) jusqu'à l’assassinat du directeur de la troupe, son mentor.

C'est «une histoire vraie, qui parle de choses concrètes, de situations qui font comprendre ce que c'est que de grandir pour un jeune Palestinien», explique à l'AFP le comédien de 39 ans marqué par les Intifada (1987-1993 et 2000-2005).

Il a d'ailleurs été arrêté en 2002 après avoir, selon lui, échoué à jeter un explosif sur un véhicule militaire israélien.

Cet homme fluet au regard vif a désormais renoncé aux armes pour «combattre avec le théâtre et l'art et évacuer la violence».

C'est pendant sa détention à la prison de Ktzi'ot (désert du Néguev au sud d'Israël) qu'il a «vu à quel point le théâtre pouvait être efficace».

Il imitait devant ses codétenus un personnage de série célèbre et il se souvient encore des remous suscités auprès des autorités israéliennes, selon lui, par la diffusion de vidéos le montrant en scène.

«C'était une victoire et je voulais la répéter», se remémore-t-il dans un entretien avec l’AFP.

- «Sauver» les artistes -

Montée en 2016, cette pièce en arabe et en anglais, surtitrée en français, a déjà été jouée en Angleterre et en France.

Elle était présentée à Lyon (centre-est) cette semaine dans le cadre du festival de théâtre «Sens Interdit», connu pour ses programmations engagées.

Elle avait été reportée à Choisy-le-Roi, en banlieue parisienne, au lendemain de l'attaque lancée par le mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre.

«On sait ce que reporter signifie...», dit la metteuse en scène britannique Zoe Lafferty, qui craint que la représentation de Choisy-le-Roi n'ait jamais lieu.

D'autres représentations sont prévues mais le programme des jours à venir reste incertain, du fait des multiples difficultés financières, des contraintes de circulation aux frontières et des «pressions politiques», selon l'artiste britannique et le comédien.

A Lyon, la pièce programmée au Théâtre nouvelle génération (TNG) a été déplacée à la dernière minute dans un théâtre expérimental installé dans une ancienne friche reconvertie en lieu artistique. Officiellement pour des «raisons techniques».

«Il ne s'agit pas d'être du côté de la Palestine ou d'Israël, il s'agit de donner aux artistes une chance et de les sauver des problèmes des politiques» dans un contexte de guerre, souligne Ahmed Tobasi.

- «Changer la réalité» -

Lorsqu'il sort de prison, certains le repoussent pour son étiquette de «prisonnier politique», des groupes de combattants le sollicitent pour la même raison.

L'une des rares scènes sombres de la pièce, autrement matinée d'humour et d'ironie, le montre s'aspergeant du contenu d’un bidon en plastique avant d'approcher un briquet. Puis la scène suivante le montre poussant la porte du théâtre de Jenine et changer de vie.

«Je voulais résister avec le théâtre. J'en avais assez des armes. Je ne voulais pas mourir», explique-t-il. «Je ne crois pas au fait que tuer puisse changer la réalité».

Pour autant, il conserve un discours très engagé. L'occupation israélienne «ne nous laisse pas faire ce travail comme nous devrions», déplore-t-il.

Tout au long de la pièce, il affiche les portraits de ses amis, morts en combattant l'armée israélienne ou assassinés, sur un tableau noir placé au fond de la scène, face au public. Un rappel des murs de Jénine, pavoisés de portraits de ce type.

Pour celui qui préfère se battre sur les planches plutôt qu'au front, «il ne s'agit pas de mourir, il s'agit de rester en vie et de raconter notre histoire, aussi longtemps que possible».


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com