Les défis qui attendent Mike Johnson, nouveau «speaker» au Congrès

Le panneau représentant le nouveau président de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, est visible au-dessus du bureau du président au Capitole des États-Unis à Washington, DC, le 25 octobre 2023. (AFP)
Le panneau représentant le nouveau président de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, est visible au-dessus du bureau du président au Capitole des États-Unis à Washington, DC, le 25 octobre 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 26 octobre 2023

Les défis qui attendent Mike Johnson, nouveau «speaker» au Congrès

  • L'exaspération des républicains, soucieux d'en finir avec une séquence qui a embarrassé beaucoup d'entre eux, a joué en la faveur de son élection
  • L'un de ses plus gros défis consistera à faire voter un budget pour l'administration fédérale, après qu'un "shutdown" de cette dernière a été évité temporairement in extremis fin septembre

WASHINGTON: A peine élu, le nouveau "speaker" de la Chambre des représentants du Congrès américain, l'ultra-conservateur Mike Johnson va être confronté à pléthore de défis, entre échéances importantes, désaccords profonds au sein de son parti et très courte majorité.

Inconnu du grand public avant de créer mercredi la surprise en accédant au poste prestigieux de "speaker", Mike Johnson, fidèle lieutenant de Donald Trump, ambitionne sûrement de profiter de son nouveau rôle pour mener à bien les politiques de restrictions budgétaires réclamées par les républicains.

Mais la tâche sera ardue, entre urgence de faire voter une aide à Israël et à l'Ukraine, respectivement en guerre contre le Hamas et la Russie, et besoin d'adopter un budget pour éviter un "shutdown" - cette paralysie de l'administration fédérale qui pourrait intervenir mi-novembre.

Mike Johnson, devra naviguer entre les positions de ses collègues républicains, qui ont affiché ces dernières semaines leurs profonds désaccords, et s'attabler avec des négociateurs chevronnés, comme le sénateur démocrate Chuck Schumer, à la tête de la chambre haute du Congrès américain.

Pour son ami, l'élu républicain Chris Smith, M. Johnson est un homme "profondément pieux et de principes, qui sait comment atteindre des objectifs".

"L'expérience de Mike à la Chambre des représentants comme vice-président du groupe républicain montre qu'il est capable de faire en sorte d'unir les républicains et de nous permettre de continuer notre travail", assure-t-il.

Toutefois, Mike Johnson, 51 ans, était loin d'être le premier choix du Parti républicain. L'élu de Louisiane a été en effet le quatrième candidat à être choisi par son parti en 22 jours pour remplacer Kevin McCarthy, destitué le 3 octobre lors d'un vote historique.

L'exaspération des républicains, soucieux d'en finir avec une séquence qui a embarrassé beaucoup d'entre eux, a joué en la faveur de son élection. Tout comme, probablement, son profil de technocrate discret, l'homme ayant réussi à monter pas à pas les marches du pouvoir, sans se faire d'ennemis dans sa famille politique.

«Très respecté»

"Mike est l'une de ces personnes qui arrivent à s'entendre avec tout le monde, et il est très respecté" a assuré l'élu républicain du Colorado Ken Buck à CNN.

Preuve en est que M. Johnson a pu compter mercredi sur l'appui de Matt Gaetz, farouche trumpiste et instigateur de la chute de M. McCarthy, sort qu'il devra également tâcher d'éviter.

Mike Johnson est "un homme honorable" qui "va faire de grandes choses pour le pays", a dit M. Gaetz avant le vote, affirmant que la tendance favorable à Donald Trump prenait de l'ampleur.

Mais l'élu a également prévenu que M. Johnson devrait s'attacher à ne pas répéter les erreurs commises par son prédécesseur, à savoir tenter de faire fi des dissidences sur certains sujets litigieux en regroupant plusieurs problématiques dans de larges projets de loi.

L'un de ses plus gros défis consistera à faire voter un budget pour l'administration fédérale, après qu'un "shutdown" de cette dernière a été évité temporairement in extremis fin septembre.

Une poignée d'élu trumpistes, au pouvoir disproportionné compte tenu de la très fine majorité républicaine à la Chambre, ont reçu l'ordre de la part de l'ancien président, qui pourrait affronter Joe Biden en 2024, de "paralyser" l'Etat fédéral à moins d'obtenir gain de cause sur "tous" les dossiers budgétaires en débat.

M. Johnson pourrait tenter de recourir à une autre mesure temporaire, afin de s'offrir un répit peut-être jusqu'à janvier.

Les démocrates lui reprochent cependant son profil de fervent défenseur des valeurs de la droite traditionnelle et le fait qu'il ait, avec plus de 100 républicains, signé une note juridique appuyant une plainte visant à annuler les résultats de l'élection de 2020 dans quatre Etats remportés par le président Joe Biden.

Signe du chemin qui lui reste aussi à parcourir dans son propre bord, un élu conservateur, Paul Gosar, s'est même trompé mercredi de prénom en lui communiquant son soutien via un communiqué de presse.

"Il est temps pour les républicains du Congrès de s'unir autour de Jim (et non "Mike", NDLR) Johnson et se mettre au travail pour résoudre les nombreux problèmes dont souffre notre nation", a écrit l'élu de l'Arizona.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.