Les Européens s'inquiètent des conséquences migratoires de la guerre Israël-Hamas

Dans une lettre adressée aux dirigeants des 27 pays membres avant le sommet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souligné la nécessité d'établir un «partenariat stratégique» avec l'Egypte destiné notamment à lutter contre l'immigration irrégulière dans l'UE. (AFP)
Dans une lettre adressée aux dirigeants des 27 pays membres avant le sommet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souligné la nécessité d'établir un «partenariat stratégique» avec l'Egypte destiné notamment à lutter contre l'immigration irrégulière dans l'UE. (AFP)
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Publié le Vendredi 27 octobre 2023

Les Européens s'inquiètent des conséquences migratoires de la guerre Israël-Hamas

  • Le dirigeant polonais a, comme son homologue hongrois Viktor Orban, lié cette question au «risque de terrorisme»
  • «La stabilité (de la région) est dans l'intérêt des Européens», a déclaré Viktor Orban. «Si Israël et l'Egypte deviennent instables, les flux migratoires en provenance (de cette région) viendront immédiatement en Europe»

BRUXELLES: Plusieurs dirigeants européens ont exprimé jeudi à Bruxelles leur inquiétude quant aux possibles conséquences migratoires de la guerre entre Israël et le Hamas, redoutant de vivre une situation similaire à la crise des réfugiés de 2015.

Cette question est particulièrement surveillée par les Vingt-Sept, alors que l'UE accueille quelque 4 millions de réfugiés ukrainiens et que la hausse des demandes d'asile met les capacités d'accueil de nombreux pays sous pression.

"Ce conflit va certainement s'accompagner d'une autre grosse vague d'immigration illégale", s'est alarmé le Premier ministre polonais sortant, Mateusz Morawiecki. Le dirigeant nationaliste a, comme son homologue hongrois Viktor Orban, lié cette question au "risque de terrorisme".

"La stabilité (de la région) est dans l'intérêt des Européens", a déclaré Viktor Orban. "Si Israël et l'Egypte deviennent instables, les flux migratoires en provenance (de cette région) viendront immédiatement en Europe", a-t-il affirmé.

Le président chypriote Nikos Christodoulides s'est inquiété en particulier d'une extension du conflit au Liban. "C'est quelque chose dont nous allons parler", a-t-il dit, espérant que l'UE se tienne "prête à répondre à ce problème" et à aider les "pays en première ligne" comme le sien.

La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a aussi évoqué ce risque. "S'il y a une extension (du conflit), nous devons penser aux réfugiés, comme les réfugiés syriens au Liban", a indiqué la responsable maltaise.

"C'est une réalité qui pourrait nous ramener à une situation déjà vécue (...) 2015 nous a montré ce qui pouvait arriver dans tel ou tel scénario", a-t-elle poursuivi.

Depuis l'attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre, des affrontements quotidiens opposent le Hezbollah libanais et ses alliés aux forces israéliennes à la frontière sud du Liban.

«Soutenir» l'Egypte

En 2015, l'Europe avait été prise de court par un afflux de réfugiés, essentiellement des Syriens, provoqué par un enlisement du conflit dans ce pays mais aussi par une détérioration des conditions de vie dans les camps de réfugiés syriens en Turquie, au Liban et en Jordanie.

Le Liban, actuellement plongé dans une profonde crise politique et économique, a le plus haut ratio de réfugiés par habitant au monde, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Près de 800.000 réfugiés syriens au Liban sont enregistrés auprès du HCR, selon des données publiées en août.

Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a aussi alerté la semaine dernière sur les conséquences d'une escalade du conflit, rappelant notamment que l'Egypte accueillait des centaines de milliers de réfugiés du Soudan.

Dans une lettre adressée aux dirigeants des 27 pays membres avant le sommet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souligné la nécessité d'établir un "partenariat stratégique" avec l'Egypte destiné notamment à lutter contre l'immigration irrégulière dans l'UE.

"Le rôle de l'Egypte est essentiel pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient, elle héberge un nombre croissant de réfugiés et nous avons la responsabilité de la soutenir", a-t-elle fait valoir.

L'UE a signé en juillet un partenariat de ce type avec la Tunisie, visant notamment à faire baisser les départs de migrants depuis les côtes tunisiennes et prévoyant une aide européenne de plusieurs centaines de milliers d'euros.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.