Le Conseil d'Etat se penche sur l'élargissement des fichiers de renseignement

Le Conseil d’État a examiné sans se prononcer mercredi la validité des trois décrets adoptés récemment par le gouvernement et qui élargissent les possibilités de fichage.(AFP)
Le Conseil d’État a examiné sans se prononcer mercredi la validité des trois décrets adoptés récemment par le gouvernement et qui élargissent les possibilités de fichage.(AFP)
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Publié le Jeudi 24 décembre 2020

Le Conseil d'Etat se penche sur l'élargissement des fichiers de renseignement

  • La plus haute juridiction administrative prendra une décision «d'ici à peu près une semaine», a indiqué le juge des référés, Mathieu Hérondart, au terme de près de trois heures d'audience
  • Les décrets, contestés notamment par de nombreuses centrales syndicales comme la CGT, FO ou la FSU mais aussi le syndicat de la magistrature ou le syndicat des avocats de France, modifient le Code de sécurité intérieure

PARIS : Le Conseil d’État a examiné sans se prononcer mercredi la validité des trois décrets adoptés récemment par le gouvernement et qui élargissent les possibilités de fichage sur la base d'opinions politiques, d'appartenances syndicales ou de données de santé dans le cadre d'enquêtes de police ou administratives.

La plus haute juridiction administrative prendra une décision «d'ici à peu près une semaine», a indiqué le juge des référés, Mathieu Hérondart, au terme de près de trois heures d'audience.

Les décrets, contestés notamment par de nombreuses centrales syndicales comme la CGT, FO ou la FSU mais aussi le syndicat de la magistrature ou le syndicat des avocats de France, modifient le Code de sécurité intérieure à travers trois de ses articles. 

Ceux-ci portent sur trois fichiers distincts : le «fichier de prévention des atteintes à la sécurité publique» (PASP), utilisé par la police, le fichier «Gestion de l'information et prévention des atteintes à la sécurité publique» (GIPASP), employé par la gendarmerie, et le fichier «Enquêtes administratives liées à la sécurité publique» (EASP), dont se sert l'administration.

Début novembre, 60 686 personnes étaient inscrites au PASP, 67 000 au GIPASP et 221 711 à l’EASP, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur transmis à l'AFP. 

Ces fichiers consignent les données de personnes dont les activités sont «susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation», «à l'intégrité du territoire ou des institutions de la République» ou de constituer une «menace terroriste», a rappelé la juge représentant le gouvernement, Pascale Léglise.

Sont donc concernés des jihadistes, des radicaux violents ou encore des hooligans, mais ses opossants redoutent un élargissement. Le secrétaire général de la CGT et son homologue de FO, Philippe Martinez et Yves Veyrier, étaient présents à l'audience pour dénoncer «la dangerosité» des décrets.

«Ces décrets entretiennent une confusion, réelle ou entretenue, entre un militant, un adhérent, voire un salarié qui signe une pétition... Cela va avoir un effet négatif sur l'action syndicale et l'action collective en général», a déploré Philippe Martinez, interrogé par l'AFP.

Les nouveaux décrets prévoient de récolter des renseignements sur «les opinions politiques», les »convictions philosophiques et religieuses» et l'«appartenance syndicale», et non plus seulement les «activités» politiques, religieuses ou syndicales. Les personnes morales – en l'occurrence les associations – pourront aussi y être consignées.

«C'est une modification purement sémantique», s'est défendue la représentante du ministère de l'Intérieur en expliquant qu'il n'était «pas question de créer des fichiers d'appartenance politique ou syndicale». «Ce n'est pas du tout ça», a-t-elle insisté.

Elle n'a pas convaincu Yves Veyrier qui craint une «stigmatisation» des syndicalistes et une entrave au principe de la liberté syndicale.

«Si c'était une simple question de sémantique pourquoi changer ces articles ?», a demandé le secrétaire général de FO, qui redoute un «effet dissuasif majeur» sur les adhésions, a-t-il dit à l'AFP.

Les nouveaux décrets prévoient aussi que puissent être consignées les «données de santé révélant une dangerosité particulière», celles »relatives aux troubles psychologiques ou psychiatriques», les «comportements et habitudes de vie», les »déplacements», les »pratiques sportives» ou encore les «activités sur les réseaux sociaux».

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.