Le changement climatique responsable d'une «sécheresse extrême» en Irak, Iran et Syrie

Cette photo aérienne montre une vue partielle de l'Euphrate à bas niveau d'eau près du village de Tawayhinah dans le nord du gouvernorat de Raqa en Syrie, le 12 juillet 2023. (Photo, Delil SOULEIMAN / AFP)
Cette photo aérienne montre une vue partielle de l'Euphrate à bas niveau d'eau près du village de Tawayhinah dans le nord du gouvernorat de Raqa en Syrie, le 12 juillet 2023. (Photo, Delil SOULEIMAN / AFP)
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Publié le Mercredi 08 novembre 2023

Le changement climatique responsable d'une «sécheresse extrême» en Irak, Iran et Syrie

  • Dans les conditions actuelles, ces épisodes climatiques risquent de se produire au moins une fois par décennie
  • Jusqu'en septembre 2022, la sécheresse avait entraîné en Syrie le déplacement d'environ deux millions de personnes vivant dans des zones rurale

BAGDAD: La "sécheresse extrême" qui sévit en Irak, en Syrie et en Iran n'aurait pas eu lieu sans le réchauffement climatique provoqué "principalement" par la combustion de pétrole, de gaz et de charbon, selon un rapport d'experts dévoilé mercredi.

Les températures élevées, dues au changement climatique, ont rendu "une sécheresse beaucoup plus probable -- environ 25 fois plus probable en Syrie et en Irak et 16 fois plus probable en Iran", note l'étude du World Weather Attribution (WWA).

Le document met l'accent sur des "années de conflit et d'instabilité politique" ayant paralysé la réponse des pays face à cette sécheresse et provoqué une "catastrophe humanitaire".

Dans les conditions actuelles, ces épisodes climatiques risquent de se produire au moins une fois par décennie.

"La sécheresse n'aurait pas eu lieu sans le changement climatique, principalement causé par la combustion de pétrole, de gaz et de charbon", assènent les experts du WWA, réseau spécialisé dans ce type d'analyses.

L'étude concerne une période allant de juillet 2020 à juin 2023, dans deux zones où la sécheresse a été particulièrement importante: l'Iran, et le bassin du Tigre et de l'Euphrate, les fleuves mythiques qui prennent leur source en Turquie et sillonnent la Syrie et l'Irak.

"Ces deux régions vivent actuellement une +sécheresse extrême+, selon l'échelle de surveillance américaine", souligne le communiqué accompagnant la publication du rapport.

Selon l'étude, "le changement climatique induit par l'homme a accru l'intensité d'une telle sécheresse à tel point que, dans un monde plus froid de 1,2 degré" --soit le climat avant l'ère industrielle--, "elle n'aurait pas été considérée comme telle".

"Après d'assez bonnes pluies en 2020 et de bonnes récoltes, (il y a eu) trois années de faibles précipitations suivies de températures très élevées, ayant mené à une sécheresse avec des répercussions aiguës sur l'accès à l'eau potable en agriculture", résume Friederike Otto, climatologue à l'institut Grantham de l'Imperial College de Londres.

"Pas très optimiste"

Lors d'une conférence en ligne, le climatologue Mohammad Rahimi, de l'université iranienne de Semnan (nord), a appelé à une meilleure gestion des ressources.

"Dans notre région, nous n'avons jamais eu beaucoup de pluies, c'est normal. Ce qui est nouveau c'est la hausse des températures", souligne l'expert ayant participé à l'étude.

"Nous perdrons une grande partie de nos précipitations à cause de l'évaporation, et si la température augmente davantage ces prochaines années, nous pouvons anticiper plus d'évaporation et de transpiration des plantes", pronostique-t-il. "Je ne suis pas très optimiste pour le futur".

En Irak, un des principaux producteurs de pétrole au monde, ou en Syrie ravagée par la guerre, les journalistes de l'AFP constatent régulièrement les répercussions du changement climatique et de cette sécheresse frappant les populations les plus défavorisées.

Les deux pays ont connu ces dernières années une chute drastique de la production agricole, notamment dans des régions riches en blé. Tout comme la baisse du débit des fleuves et la pollution de l'eau ont impacté la pêche.

"Crise de l'eau"

Jusqu'en septembre 2022, la sécheresse avait entraîné en Syrie le déplacement d'environ deux millions de personnes vivant dans des zones rurales, rappelle WWA. En Iran, les pénuries d'eau provoquent des "tensions" avec les pays voisins, tout comme des récoltes en berne ont fait exploser l'inflation alimentaire.

En Irak, les tensions liées à la répartition de l'eau sont en hausse. Dans le pays de 43 millions d'habitants, près d'un Irakien sur cinq vit déjà en zone souffrant de pénuries d'eau, selon un rapport onusien.

Derrière cette "complexe crise de l'eau" au Moyen-Orient, une multitude de facteurs révèlent la main de l'Homme: des méthodes d'irrigations agricoles dépassées, des croissances démographiques rapides, mais aussi des "obstacles dans la gestion de l'eau et de la coopération régionale", notamment concernant l'administration des barrages et du débit fluvial entre pays en amont et en aval.

Quant à ces sécheresses de longue durée, elles ne constituent plus des "évènements rares", selon les experts: de tels épisodes "pourraient se reproduire au moins une fois tous les dix ans en Syrie et en Irak, voire deux fois tous les dix ans en Iran".

Une fréquence qui risque même de doubler, mettent en garde les scientifiques, "si le réchauffement climatique atteint deux degrés de plus que les niveaux préindustriels, comme ce sera le cas dans les décennies à venir, si les combustibles fossiles ne sont pas rapidement éliminés".


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.