Des dizaines de milliers de personnes marchent à Londres sous haute surveillance «pour la Palestine»

Des manifestants se rassemblent pour assister à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens à Gaza, à Londres (Photo, Reuters).
Des manifestants se rassemblent pour assister à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens à Gaza, à Londres (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 11 novembre 2023

Des dizaines de milliers de personnes marchent à Londres sous haute surveillance «pour la Palestine»

  • Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la capitale britannique pour éviter d'éventuels débordements
  • Depuis le début du conflit, le Royaume-Uni connait un essor d'actes antisémites et islamophobes

LONDRES: Des dizaines de milliers de personnes marchent samedi à Londres pour réclamer un cessez-le-feu à Gaza, sous haute surveillance de la police pour tenter d'éviter des débordements alors que des contre-manifestants nationalistes sont également présents en nombre dans la capitale.

Cette "Marche nationale pour la Palestine" s'est élancée vers 12H00 GMT, peu après les commémorations de l'armistice de la Première Guerre mondiale tenus également ce week-end dans tout le pays.

Arborant des drapeaux palestiniens et brandissant des pancartes demandant de "Stopper les bombardements de Gaza", les manifestants crient "Free Palestine" et "cessez-le-feu maintenant", cinq semaines après l'attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, qui en riposte bombarde massivement la bande de Gaza.

Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la capitale britannique pour éviter d'éventuels débordements, la police ayant déjà arrêté près de 200 personnes lors de précédentes marches organisées depuis le 7 octobre.

Celle-ci se tient par ailleurs contre l'avis du gouvernement, qui l'a jugée "irrespectueuse" en ce week-end de commémorations.

Vendredi soir, le Premier ministre Rishi Sunak a appelé les manifestants à marcher "pacifiquement et dans le respect".

Altercations 

Près de 2 000 policiers sont mobilisés et le responsable des opérations au sein de la police de Londres, Laurence Taylor, a souligné que ce week-end serait "particulièrement tendu et difficile".

Il s'attend notamment à ce que des contre-manifestants nationalistes, dont des hooligans, viennent sur place, augmentant les risques de confrontations.

Selon plusieurs médias britanniques, Tommy Robinson, fondateur du groupe d'extrême droite English Defense League, figure parmi ces contre-manifestants.

Des échauffourées ont eu lieu en fin de matinée entre la police et des militants nationalistes qui tentaient d'approcher le quartier de Whitehall où se trouve le mémorial en hommage aux soldats britanniques morts au combat.

Les agents "ont subi la violence et les agressions de contre-manifestants qui leur ont jeté des bouteilles et d'autres projectiles. Nous répondrons fermement à ce désordre et à cette agression inacceptable", a indiqué la Metropolitan Police sur X (ex-Twitter).

Elle a affirmé avoir arrêté deux personnes, soupçonnées de détention d'un couteau et d'un bâton, et détient actuellement "un large groupe" de ces contre-manifestants derrière un cordon de sécurité dans une rue de la capitale.

Crise politique 

L'organisation de la marche a tourné à la crise politique, le gouvernement ayant mis la pression sur la police pour l'interdire, ce que celle-ci a refusé.

Rishi Sunak a prévenu qu'il tiendrait le chef de la police, Mark Rowley, "responsable" d'éventuels débordements.

La ministre de l'Intérieur Suella Braverman, qui a qualifié les manifestations pro-palestiniennes de "marches de la haine", a suscité un flot de critiques après avoir publiquement accusé la police d'avoir "deux poids, deux mesures" dans sa gestion des manifestations.

Vendredi soir, elle a affirmé qu'elle "soutenait totalement" la police, mais plusieurs responsables politiques l'ont accusée de mettre de l'huile sur le feu avant la tenue du cortège.

Plusieurs élus de l'opposition ont encore demandé samedi son départ du gouvernement, comme le Premier ministre écossais Humza Yousaf.

"L'extrême-droite a été encouragée par la ministre de l'Intérieur (...) Ils attaquent maintenant la police le jour de l'armistice. La position de la ministre de l'Intérieur est intenable. Elle doit démissionner", a-t-il écrit sur X.

La guerre a fait 1 200 morts en Israël, en majorité des civils tués dans l'attaque sans précédent le 7 octobre du Hamas, selon un bilan révisé à la baisse du gouvernement israélien, et 11 078 morts dans les bombardements menés en représailles par Israël dans la bande de Gaza, essentiellement des civils aussi, dont 4 506 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Depuis le début du conflit, le Royaume-Uni connait un essor d'actes antisémites et islamophobes.


La Suisse fait le «facteur» entre Washington et Téhéran pendant les crises

Des automobilistes passent devant un panneau d'affichage représentant des missiles balistiques iraniens en service, avec un texte en arabe disant «la promesse [de la personne] honnête» et en persan «Israël est plus faible qu'une toile d'araignée», sur la place Valiasr, dans le centre de Téhéran, le 15 avril 2024. (Photo Atta Kenare AFP)
Des automobilistes passent devant un panneau d'affichage représentant des missiles balistiques iraniens en service, avec un texte en arabe disant «la promesse [de la personne] honnête» et en persan «Israël est plus faible qu'une toile d'araignée», sur la place Valiasr, dans le centre de Téhéran, le 15 avril 2024. (Photo Atta Kenare AFP)
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  • Il y a eu «une série de communications directes relayées par la Suisse» entre les Etats-Unis et l'Iran, selon un responsable américain, avant l'attaque sans précédent de plusieurs centaines de drones et missiles de l'Iran contre Israël
  • Les intérêts de l'Iran aux Etats-Unis sont quant à eux représentés par le Pakistan

GENÈVE : Washington et Téhéran n'ont pas de relations diplomatiques mais pour autant les deux capitales ennemies peuvent continuer à se parler grâce aux bons offices de la Suisse.

C'est dans les moments de plus grande tension que le rôle de «facteur» de la Confédération helvétique est particulièrement précieux.

Ainsi, il y a eu «une série de communications directes relayées par la Suisse» entre les Etats-Unis et l'Iran, selon un responsable américain, avant l'attaque sans précédent de plusieurs centaines de drones et missiles de l'Iran contre Israël.

Le chef des forces armées iraniennes, le général Mohammad Bagheri, a été plus précis sur le contenu qui avertit les Etats-Unis «que s'ils coopéraient avec Israël pour leurs prochaines actions éventuelles, leurs bases ne seront pas sûres».

Un message transmis via l'ambassade de Suisse.

A Berne, le Département fédéral suisse des Affaires étrangères (DFAE) a indiqué pour sa part lundi à l'AFP qu'il «ne s'exprime pas sur les activités liées à ses mandats de puissance protectrice».

La Suisse représente les intérêts américains en Iran depuis la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1980, rappelle le DFAE sur son site.

En tant que puissance protectrice, elle permet aux deux pays de maintenir un minimum de relations diplomatiques et consulaires.

Sur le plan diplomatique, «la Suisse peut proposer elle-même ses services de +facteur+ ou assumer cette fonction à la demande des pays concernés, pour autant que toutes les parties y consentent», précise le DFAE.

Conformément à sa tradition de bons offices, la Suisse joue aussi un rôle de médiatrice.

Elle a par exemple aidé à plusieurs reprises dans le cadre d'échanges de prisonniers entre l'Iran et les Etats-Unis.

Les intérêts de l'Iran aux Etats-Unis sont quant à eux représentés par le Pakistan.

Outre la communication entre les deux Etats, la section des intérêts étrangers de l'ambassade de Suisse à Téhéran traite l'ensemble des affaires consulaires des Etats-Unis en Iran (demandes de passeport, changements d'état civil ou encore la protection consulaire de ressortissants américains).

La Suisse a pour la première fois assumé le rôle de puissance protectrice en représentant en France les intérêts du Royaume de Bavière et du Grand-Duché de Bade pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, rappelle le ministère.

Elle a également exercé des mandats de puissance protectrice pendant la Première Guerre mondiale et «elle est apparue, au cours de la Seconde Guerre mondiale, comme la puissance protectrice par excellence en raison de sa neutralité», souligne le DFAE.

Pendant cette période, Berne a représenté les intérêts de 35 Etats, dont certaines des grandes puissances en guerre, à travers plus de 200 mandats ponctuels.


Réunie à Paris, la communauté internationale exhorte à ne pas oublier le Soudan

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock (à gauche), et le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Stéphane Sejourne, participent à la conférence internationale sur le Soudan, à Paris, le 15 avril 2024, un an exactement après que la guerre a éclaté entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide dans ce pays d'Afrique du Nord-Est, provoquant une crise humanitaire et politique. (Photo Bertrand Guay AFP)
La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock (à gauche), et le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Stéphane Sejourne, participent à la conférence internationale sur le Soudan, à Paris, le 15 avril 2024, un an exactement après que la guerre a éclaté entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide dans ce pays d'Afrique du Nord-Est, provoquant une crise humanitaire et politique. (Photo Bertrand Guay AFP)
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  • Dès l'ouverture de la réunion, co-présidée par la France, l'Allemagne et l'Union européenne, plus de 840 millions ont été annoncés dont 110 millions par Paris, 244 par Berlin, 350 par Bruxelles et 138 par Washington
  • Il y a urgence à agir alors que le Soudan «s'effondre», a souligné pour sa part le commissaire européen à l'aide humanitaire Janez Lenarcic, pointant le risque de déstabilisation de toute la Corne de l'Afrique

PARIS : Une conférence humanitaire sur le Soudan s'est ouverte lundi à Paris avec la volonté de «briser le silence» entourant la guerre «oubliée» qui se déroule depuis tout juste un an dans ce pays d'Afrique, de récolter plus d'un milliard d'euros de dons et de coordonner les médiations pour mettre fin au conflit.

«Depuis un an, les Soudanais sont victimes d'une guerre terrible (...) qui ne produit que chaos et souffrance», a déploré le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné. «Les Soudanais sont aussi victimes de l'oubli et de l'indifférence», a-t-il poursuivi.

«C'est le sens de nos réunions d'aujourd'hui : briser le silence qui entoure ce conflit et mobiliser la communauté internationale», a également déclaré le chef de la diplomatie française.

Dès l'ouverture de la réunion, co-présidée par la France, l'Allemagne et l'Union européenne, plus de 840 millions ont été annoncés dont 110 millions par Paris, 244 par Berlin, 350 par Bruxelles et 138 par Washington.

La conférence se décline en trois volets: un volet politique avec la participation essentiellement d'ambassadeurs et ministres des Affaires étrangères (Sud Soudan, Djibouti, Kenya, Tchad entre autres), un volet humanitaire pour récolter les dons et une réunion d'une quarantaine de membres de la société civile soudanaise.

La ministre allemande Annalena Baerbock a relevé que cette conférence se tenait alors que les yeux restent rivés sur la situation au Proche Orient après l'attaque de l'Iran contre Israël survenue samedi soir.

Pour autant, la communauté internationale ne doit pas se détourner de la guerre au Soudan qui a provoqué une crise humanitaire catastrophique, a-t-elle souligné, évoquant la «souffrance indicible» et le sentiment d'abandon des Soudanais, victimes de la guerre que se mènent «deux généraux impitoyables».

Les multiples initiatives de médiation sont restées sans effet, a-t-elle poursuivi, appelant «à œuvrer à une meilleure coordination» et exhortant la communauté internationale à «agir de concert pour amener les belligérants à la table de négociation et parvenir à un cessez-le-feu».

«Seule la pression internationale» pourra pousser les belligérants à négocier, a renchéri le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Et il y a urgence à agir alors que le Soudan «s'effondre», a souligné pour sa part le commissaire européen à l'aide humanitaire Janez Lenarcic, pointant le risque de déstabilisation de toute la Corne de l'Afrique, la guerre ayant poussé de nombreux Soudanais à se déplacer.

Plus de 3,4 millions de personnes ont ainsi un besoin «urgent» d'une réponse humanitaire au Tchad, selon Action contre la faim (ACF), conséquence de l'afflux massif de réfugiés fuyant la guerre au Soudan.

La guerre au Soudan a éclaté le 15 avril 2023 entre les forces loyales au chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhane et celles de Mohamed Hamdane Daglo, son ancien adjoint et commandant des forces paramilitaires de soutien rapide.

«Les civils souffrent de famine, de violences sexuelles massives, de massacres ethniques à grande échelle et d'exécutions. (...) Pourtant le monde continue de regarder ailleurs», se désespère Will Carter, le directeur au Soudan du Norwegian Refugee Council.

- L'espoir d'un «réveil» international -

«Aujourd'hui marque un tournant dans la honte pour les parties belligérantes au Soudan, ainsi que pour la communauté internationale qui a laissé cette catastrophe s'aggraver», poursuit Will Carter dans un communiqué.

Alors que 25 millions de personnes, soit la moitié de la population du pays, ont besoin d'aide, Jean Stowell, chef de mission de Médecins sans frontières au Soudan, dénonce pour sa part «un vide humanitaire extrêmement inquiétant».

«En plus des décès liés à la violence, nous voyons des enfants qui meurent à cause de la malnutrition et du manque de vaccins, des femmes qui souffrent de complications après des accouchements dangereux», énumère-t-il dans un communiqué.

«L'an dernier l'appel humanitaire des Nations unies n'a été financé qu'à moitié. Cette année, 5%» seulement sur les 3,8 milliards d'euros demandés, pointe le Quai d'Orsay. «Nous n'avons pas la prétention de les atteindre à Paris mais avons bon espoir que la communauté internationale se réveille».

Directrice adjointe de la division Afrique de l'ONG Human Rights Watch, Laetitia Bader appelle, elle, à «un message très dur» et des sanctions internationales contre les belligérants, qui ont «empêché la réponse humanitaire», «pillé massivement l'aide» et planifié des «tueries d'humanitaires», en plus des nombreuses exactions contre les civils.


Européennes: une liste «Free Palestine party» en préparation dans plusieurs pays

Le président et fondateur de l'Union démocratique des musulmans de France (UDMF) Nagib Azergui (à droite) s'entretient avec le conférencier Eric Berlinger lors de la première réunion de campagne pour les élections municipales de 2020 à Clichy-la-Garenne, le 1er décembre 2019. (photo Jacques Demarthon AFP)
Le président et fondateur de l'Union démocratique des musulmans de France (UDMF) Nagib Azergui (à droite) s'entretient avec le conférencier Eric Berlinger lors de la première réunion de campagne pour les élections municipales de 2020 à Clichy-la-Garenne, le 1er décembre 2019. (photo Jacques Demarthon AFP)
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  • Cette coalition réunira «des partis indépendants partageant la même éthique musulmane» en France, Espagne (Partido Andalusi), Allemagne (BIG Partei), Belgique (porté par Fouad Ahidar), Pays-Bas (Nida) et Suède (Partiet Nyans)
  • Au delà de la Palestine, l’UDMF liste aussi des propositions en matière d'écologie, de lutte contre l'évasion fiscale et contre les discriminations

PARIS : L'Union des démocrates musulmans français (UDMF) compte se présenter aux élections européennes, au sein d'une coalition «Free Palestine party» réunissant plusieurs partis européens, a indiqué lundi l'UDMF confirmant une information de La Tribune dimanche.

Il s'agit «de faire entendre la voix du peuple palestinien» et de «lutter contre la contamination des idées d'extrême droite visant les citoyens de confession musulmane», a expliqué à l'AFP le président et fondateur de l'UDMF, Nagib Azergui, qui compte déposer sa liste «début mai».

Cette coalition réunira «des partis indépendants partageant la même éthique musulmane» en France, Espagne (Partido Andalusi), Allemagne (BIG Partei), Belgique (porté par Fouad Ahidar), Pays-Bas (Nida) et Suède (Partiet Nyans).

L'UDMF demande sur son site «un changement radical de la diplomatie française et européenne» avec la mise en place de sanctions vis-à-vis d'Israël (interdiction de ventes d'armes, embargo commercial et exclusion de toute compétition internationale notamment).

Au delà de la Palestine, il liste aussi des propositions en matière d'écologie, de lutte contre l'évasion fiscale et contre les discriminations.

Créée en 2012, l'UDMF revendique 650 adhérents. Elle avait recueilli moins de 29.000 voix aux européennes de 2019, avec des pics dans certaines communes: 7,43% à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), 6,77% à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Le parti compte compenser son manque de moyens financiers par une campagne de terrain, avec un bus qui se rendra à partir de la mi-mai dans les quartiers populaires, de Strasbourg jusqu'à l'Ile-de-France.

«On a une concurrence très aiguisée face à nous», ajoute M. Azergui, alors que LFI insiste elle aussi sur la situation à Gaza dans sa campagne. Mais «on veut travailler différemment» en «ne se satisfaisant pas de grandes déclarations», ajoute-t-il.

Au delà du résultat des européennes, le responsable assure que «notre vraie ambition est 2026» avec les municipales, auxquelles l'UDMF compte se présenter dans trois villes.

M. Azergui rejette par ailleurs toute accusation de communautarisme: si elle compte défendre les droits des musulmans», l'UDMF n'est «pas un parti confessionnel car on n'a pas fait du Coran la base de notre programme», explique-t-il.