En Guadeloupe, des solutions fondées sur la nature pour réduire l'érosion des côtes

Cette photographie prise le 13 novembre 2022 montre des algues sargasses sur les rives du Gosier, dans les îles françaises d'outre-mer de la Guadeloupe. (AFP)
Cette photographie prise le 13 novembre 2022 montre des algues sargasses sur les rives du Gosier, dans les îles françaises d'outre-mer de la Guadeloupe. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 novembre 2023

En Guadeloupe, des solutions fondées sur la nature pour réduire l'érosion des côtes

  • Les petites îles, notamment tropicales, sont tres vulnérables aux effets du dérèglement climatique
  • En Guadeloupe, le recul du trait de côte est inéluctable d'ici 50 ans, tout comme le risque de submersion marine, estimé pour certaines zones jusqu'à 180 jours par an d'ici à 2050

POINTE-A-PITRE: Végétaliser le sable en bord de mer, restaurer les mangroves et réimplanter des coraux, en Guadeloupe, face aux risques d'érosion et de submersion marine: des solutions "fondées sur la nature sont expérimentées" pour éviter de recourir aux méthodes artificielles comme l'enrochement.

"L'idée, c'est vraiment d'apprendre des projets expérimentaux menés aux Antilles, et plus largement en Outre-mer, jusqu'à présent pour mettre en place des solutions fondées sur la nature", a expliqué Virginie Duvat, chargée du projet de recherche AdaptOM qui tente d'établir les limites et l'efficacité de ses solutions.

La géographe, co-autrice du 6e rapport du Giec, présente en Guadeloupe pour la restitution du projet sur son volet Antilles, rappelle la vulnérabilité des petites îles, notamment tropicales, aux effets du dérèglement climatique. Ainsi en Guadeloupe, selon l'observatoire régional de l'énergie et du climat, le recul du trait de côte est inéluctable d'ici 50 ans, tout comme le risque de submersion marine, estimé pour certaines zones jusqu'à 180 jours par an d'ici à 2050.

Alors dans l'archipel, plusieurs méthodes sont en test, résultant d'appels à projets ou d'une prise de conscience par les gestionnaires d'un site littoral de son déclin.

A Saint-François, sur la côte est de la Grande-Terre, "l'étude de la végétation du bord de mer a mis en évidence son rôle dans le maintien du cordon sableux", indique Jérémie Delolme, pilote du projet Plant'Aktyon qui tente de restaurer la végétation littorale endémique, minée notamment par le piétinement des usagers de la plage. "On replante avec le concours d'écoliers des plantes rampantes, buissonnantes et arborées, pour favoriser le maintien du sable sur nos plages en fort recul".

Ailleurs, dans l'archipel, on essaie aussi de replanter les littoraux, comme à Port Louis, au nord de la Grande-Terre, où les mangroves, forêts poussant dans la vase des littoraux tropicaux, se retrouvent en plein cœur de la plus grosse zone économique de l'archipel.

Replantation de coraux

On pratique aussi la replantation de coraux dans les eaux polluées de l'archipel. Selon de nombreuses études, ces écosystèmes favorisent la protection du littoral, quand leur perte en accélère drastiquement l'érosion, menaçant les infrastructures et habitations humaines.

Au total, dix projets (trois en Martinique et sept en Guadeloupe) ont été évalués par l'équipe AdaptOM. "C'est important d'évaluer, de vérifier rapidement" que ces solutions ne sont pas inadaptées, souligne Virginie Duvat, rappelant que les solutions plus lourdes, comme l'enrochement, les constructions de digues ou d'épis pour protéger le littoral, ont souvent montré des effets inverses avec l'accroissement des pressions environnementales.

"Pour l'instant, on se cantonne à mesurer les taux de survie des végétaux qu'on plante et leur rythme de croissance. Or, c'est vital de mesurer à quel point ces écosystèmes restaurés sont capables d'atténuer la houle, de capter des sédiments, voire d'être aussi efficaces que des zones non abimées", a-t-elle martelé aux porteurs de projet, les encourageant à installer des outils de mesures permettant de comparer les données avec des zones non restaurées.

Ce sont des "solutions qui travaillent avec la nature, plutôt que contre elle", a expliqué à l'AFP Astrid Abel, animatrice régionale d'un projet porté par l'Office français de la biodiversité et qui vise à valoriser et renforcer ces méthodes de gestion ou de restauration des écosystèmes, en vue d'adapter les territoires à la crise climatique.

"Ces méthodes sont des solutions du quotidien, qui n'empêcheront pas de grosses modifications du littoral en cas de crise de type ouragan", concède néanmoins Didier Lambert,  chargé de la gestion et de l'aménagement pour le Conservatoire du littoral.

Pour les solutions fondées sur la nature, "on n'a pas vraiment, à ce stade, de preuve qu'elles permettent de réduire le risque côtier: toutefois, il manque des données", selon Mme Duvat, notant tout de même de nombreux effets positifs, comme la "réversibilité des aménagement du territoire ou de la gestion des risques" et tout un panel de "co-bénéfices" sur les écosystèmes.


Canicule en Grèce: l'Acropole d'Athènes et d'autres sites archéologiques partiellement fermés

 Plusieurs sites archéologiques en Grèce, dont l'Acropole d'Athènes, ont fermé leurs portes aux heures les plus chaudes de la journée jeudi, selon le ministère de la Culture. (AFP)
 Plusieurs sites archéologiques en Grèce, dont l'Acropole d'Athènes, ont fermé leurs portes aux heures les plus chaudes de la journée jeudi, selon le ministère de la Culture. (AFP)
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  • Les touristes ne pouvaient pas visiter le Parthénon et autres chefs-d’œuvre antiques au sommet de l'Acropole entre 12h00 et 17h00 locales
  • Dans le centre d'Athènes, le thermomètre a grimpé jusqu'à 42°C en milieu de journée

ATHENES: Plusieurs sites archéologiques en Grèce, dont l'Acropole d'Athènes, ont fermé leurs portes aux heures les plus chaudes de la journée jeudi, selon le ministère de la Culture, alors que la première vague de forte chaleur de l'année a vu le thermomètre grimper à plus de 44°C localement.

Pour la seconde journée consécutive, les touristes ne pouvaient pas visiter le Parthénon et autres chefs-d’œuvre antiques au sommet de l'Acropole entre 12h00 et 17h00 locales (09h00 à 14h00 GMT), a précisé le ministère grec de la Culture.

Dans le centre d'Athènes, le thermomètre a grimpé jusqu'à 42°C en milieu de journée.

Des températures encore plus élevées ont été enregistrés sur l'île de Crète (44,5°C près de La Canée) et dans la péninsule du Péloponnèse (43,9°C à Kranidi), selon le site meteo.gr de l'Observatoire national d'Athènes.

Le centre du pays était également écrasé de chaleur alors que les autorités grecques ont invité la population à la plus grande prudence.

"Dans le cadre des mesures de protection contre les dangers" découlant de la chaleur, plusieurs sites archéologiques de Crète, du Dodécanèse (sud-est), des Cyclades, du Péloponnèse (sud-ouest) sont également fermés durant les heures les plus chaudes, selon la même source.

D'autres sites mondialement connus, comme Delphes, Olympie ou Knossos, restent ouverts sans interruption, a précisé le ministère.

La Grèce, pays méditerranéen coutumier des canicules, connaît de fortes chaleurs depuis plusieurs jours qui, si elles se sont répétées ces dernières années, ne sont jamais intervenues aussi tôt dans le mois de juin, selon des météorologues.

Le ministre de la Crise climatique et de la Protection civile, Vassilis Kikilias, a également mis en garde contre les risques d'incendie en raison de vents forts qui pourraient souffler sur une partie de la Grèce.

Il a précisé que la Protection civile était en "état d'alerte".

Le risque d'incendie sera "très élevé" vendredi dans dix régions, dont l'Attique qui entoure Athènes, a également prévenu son ministère.

Les températures devraient toutefois redescendre à partir de vendredi.

La fermeture partielle de l'Acropole a fait des déçus parmi les touristes.

"J'ai essayé de chercher des informations, il y avait la police heureusement qui nous a dit que c'était à cause de la canicule", expliquait mercredi Massimo Martina, un marchand d'art italien, en visite. "Nous essaierons probablement de venir tôt (demain) matin et j'espère que nous pourrons" entrer, a-t-il ajouté.

L'Acropole d'Athènes, le site le plus visité de Grèce avec près de 4 millions de visiteurs en 2023, avait déjà dû fermer ses portes en juillet 2023 lors d'un épisode caniculaire de deux semaines, inédit dans sa durée.

La Grèce avait alors été frappée par des incendies ravageurs qui ont détruit 175.000 hectares.


Jean-Paul Gaultier dévoile ses premiers pas dans le cinéma d'animation

Les premières images, des ébauches pas encore animées, laissent apparaître l'influence Gaultier: dans les tenues bien sûr, mais aussi les personnages. (AFP).
Les premières images, des ébauches pas encore animées, laissent apparaître l'influence Gaultier: dans les tenues bien sûr, mais aussi les personnages. (AFP).
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  • "J'ai été flatté qu'on pense à moi": l'idée a séduit immédiatement le couturier de 72 ans, retiré des podiums depuis 2020, lorsque le studio franco-belge nWave l'a abordé pour lui proposer de collaborer sur un film d'animation  
  • "Dans l'animation on peut rendre tout, même l'impossible, c'est ça qui est formidable", confie Jean-Paul Gaultier à l'AFP en marge du Festival international d'Annecy, rendez-vous incontournable de la profession

ANNECY: On le savait cinéphile, costumier pour le 7e art, Jean-Paul Gaultier fait son entrée dans le cinéma d'animation, en tant que directeur artistique d'un long métrage, dont de premiers visuels ont été dévoilés jeudi au Festival d'Annecy.

"J'ai été flatté qu'on pense à moi": l'idée a séduit immédiatement le couturier de 72 ans, retiré des podiums depuis 2020, lorsque le studio franco-belge nWave l'a abordé pour lui proposer de collaborer sur un film d'animation  qui plonge le spectateur dans le monde de la mode.

"Dans l'animation on peut rendre tout, même l'impossible, c'est ça qui est formidable", confie Jean-Paul Gaultier à l'AFP en marge du Festival international d'Annecy, rendez-vous incontournable de la profession.

"L'approche du trait, une silhouette, une ligne": cette technique cinématographique "correspond plus à ce que je connais" par rapport aux films en prise de vues réelles, ajoute le "directeur artistique" de ce projet lors de sa présentation au public.

Le travail, sous la direction du réalisateur Benoît Philippon, a commencé il y a environ un an et demi et en est encore dans ses débuts: le film, qui n'a pas encore de titre, est annoncé pour début 2027.

Matthieu Zeller, président du studio nWave ("Le Voyage extraordinaire de Samy", "Bigfoot Family", "Les Inséparables") a raconté comment, lors de leurs premières rencontres, Jean-Paul Gaultier a très vite imaginé pouvoir "faire le défilé dont (il a) toujours rêvé dans la vraie vie".

C'est lui qui présente alors à Jean-Paul Gaultier le scénario de l'écrivaine Emilie Frèche: l'histoire d'une mite qui rêve de faire de la haute couture, loin de son destin de faiseuse de trous dans les pulls. Un univers à la fois réaliste, contemporain, et mêlant le monde des humains et des insectes.

« Fantaisiste »

"Il amène énormément, non seulement des idées visuelles et graphiques, mais aussi un esprit, une vision de la mode qui est formidable, qui est très cinématographique et aussi très accessible", se réjouit M. Zeller, dont le studio, spécialiste reconnu de la 3D numérique, fête ses 30 ans cette année.

Les premières images, des ébauches pas encore animées, laissent apparaître l'influence Gaultier: dans les tenues bien sûr, mais aussi les personnages. L'un est par exemple inspiré par l'actrice Rossy de Palma, qui fut une des muses du créateur, un autre par l'homme à la marinière lui-même, sous les traits d'un "mythe" de la mode installé Avenue Montaigne à Paris. La capitale où monte l'héroïne pour tenter de réaliser ses rêves.

"Jean-Paul nous amène des anecdotes drôles, des idées qui sont hyper adaptées à l'animation", souligne Matthieu Zeller auprès de l'AFP. "On ne pourrait pas faire ce film avec quelqu'un d'autre que lui, et son regard libre, fantaisiste, pas sérieux", qui se prête parfaitement à l'animation grand public.

Jeau-Paul Gaultier a eu "une espèce de coup de foudre" pour le projet. "J'essaye de m'adapter, et de voir, d'après les techniques possibles, jusqu'où on peut aller" dans l'animation, dit-il. Il se reconnait aussi dans le récit initiatique et de comédie d'aventure.

"Dans le scénario, il y avait des tas de choses qui me correspondaient, dans la vision de montrer les différents types de beauté, les différences. Ca me concerne et c'est ce que j'ai toujours un peu fait dans mes défilés", souligne-t-il.


Le photojournaliste Mohammed Salem revient sur sa photo primée, Une femme palestinienne serrant dans ses bras le corps de sa nièce

Le photojournaliste Mohammed Salem revient sur la photo qui lui a valu le prix World Press Photo of the Year 2024. (Fournie)
Le photojournaliste Mohammed Salem revient sur la photo qui lui a valu le prix World Press Photo of the Year 2024. (Fournie)
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  • «Comme mes trois frères, j’aime la photographie depuis que je suis tout petit et je rêvais de devenir photographe»
  • «Comme mes trois frères, j’aime la photographie depuis que je suis tout petit et je rêvais de devenir photographe»

DUBAÏ: Le photojournaliste Mohammed Salem revient sur la photo qui lui a valu le prix World Press Photo of the Year 2024. 

«Je suis né à Gaza et je travaille dans le domaine du journalisme depuis vingt ans. Comme mes trois frères, j’aime la photographie depuis que je suis tout petit et je rêvais de devenir photographe. Dans des périodes comme celle que nous traversons aujourd’hui, cet art nous permet de partager notre message au monde. Il permet aux gens de nous voir et de voir ce qui nous arrive. 

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Le photojournaliste Mohammed Salem revient sur la photo qui lui a valu le prix World Press Photo of the Year 2024. (Fournie)

Je considère que la guerre actuelle à Gaza est sans précédent. Je ne saurais concevoir qu’il nous arrive quelque chose de plus difficile. Rien n’a été épargné: pas un rocher, pas un arbre, pas un être humain, pas un enfant. Les difficultés que nous avons endurées sont inimaginables. 

Je travaillais lorsque j’ai appris que mon frère, mon pilier, avait été martyrisé. La plupart de mes cousins ont subi le même sort et les maisons de mes frères ont été détruites. La mort était tellement proche de nous. 

Cette photo a été prise à l’hôpital Nasser à Khan Younès. Je vivais dans cet établissement, car j’avais été déplacé. Enveloppée dans un tissu blanc, l’enfant tuée que vous voyez est étreinte par sa tante. Elle est venue à l’hôpital pour voir qui dans sa famille était encore en vie. Il y avait beaucoup de sang sur le sol et elle courait dans tous les sens, folle de rage. Lorsqu’elle a trouvé l’enfant, elle l’a portée dans un coin de la pièce et l’a serrée très fort dans ses bras. Je n’avais jamais vu une étreinte aussi forte. Il me semblait que c’était le grand amour entre elles deux. 

De nombreuses images violentes de Gaza ont été diffusées, mais une image comme celle-là touche le cœur des gens. Quand on la regarde, on a mal au cœur. Le prix m’a été décerné alors que j’éprouvais de la tristesse: je n’étais pas heureux, car je n’avais pas le temps de l’être compte tenu de l’environnement dans lequel je me trouvais. Mais ma plus grande joie est que cette image a été vue par des gens du monde entier.» 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com