France: Des militants présumés de l'ultradroite inculpés par un juge antiterroriste

Ce coup de filet a été réalisé dans le cadre d'une information judiciaire ouverte fin septembre (Photo, AFP).
Ce coup de filet a été réalisé dans le cadre d'une information judiciaire ouverte fin septembre (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 18 novembre 2023

France: Des militants présumés de l'ultradroite inculpés par un juge antiterroriste

  • Dix personnes, âgés de 17 à 60 ans environ, avaient été interpellées en début de semaine
  • Six ont été relâchées sans poursuite à ce stade, selon une autre source proche du dossier

PARIS: Un jeune de 20 ans qui recevait des armes par colis, un militaire en exercice, un ex-policier: quatre hommes présentés comme adhérant à l'idéologie d'ultradroite ont été inculpés vendredi soir à Paris par un juge antiterroriste et écroués, a-t-on appris de source judiciaire.

Dix personnes, âgés de 17 à 60 ans environ, avaient été interpellées en début de semaine, notamment en Bretagne et dans le sud de la France, dans cette enquête confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Six ont été relâchées sans poursuite à ce stade, selon une autre source proche du dossier.

Ce coup de filet a été réalisé dans le cadre d'une information judiciaire ouverte fin septembre, notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, par le Parquet national antiterroriste (Pnat).

Investigations 

Les investigations portent "sur des transactions d'armes entre plusieurs individus adhérant à une idéologie violente d'ultradroite, dont certains évoquaient des projets d'action violente contre différentes cibles (groupe antifasciste notamment)", a expliqué samedi à l'AFP le Pnat.

L'information judiciaire est également ouverte pour détention et fabrication non autorisée d'engins explosifs, acquisition non autorisée d'armes de catégorie B et C, acquisition, détention et cession d'armes de catégorie A, B et C, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Selon la source proche de l'enquête, la plupart des interpellés, chez qui ont été saisies plus d'une centaine d'armes ou munitions, sont "passionnés d'armes" et "bercent dans un environnement idéologique qui va du survivalisme à l'extrême droite".

Une partie de leurs propos est "extrêmement hostile à l'égard des immigrés, des juifs", affirme-t-elle.


Européennes de juin : l'extrême droite française, en tête des sondages, lance sa campagne

Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, tient une conférence de presse sur les élections européennes de 2024, à Paris, le 29 février 2024. (Photo Stephane De Sakutin AFP)
Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, tient une conférence de presse sur les élections européennes de 2024, à Paris, le 29 février 2024. (Photo Stephane De Sakutin AFP)
Short Url
  • En moins de cinq ans, Jordan Bardella, président du RN depuis 2021 alors que Marine Le Pen se tient en réserve pour une candidature à la prochaine élection présidentielle, s'est imposé dans un paysage politique en plein renouvellement
  • Arrivé en tête (23,34%), il a ensuite méthodiquement investi le paysage politique et médiatique, porté par un talent de débatteur et une télégénie certaine

PARIS : A cent jour des élections européennes, le parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) est donné largement favori en France, emmené par sa jeune tête de liste, Jordan Bardella.

A 28 ans, il va donner dimanche le coup d'envoi de sa campagne, par un premier meeting géant à Marseille (sud), pour tenter d'asseoir une dynamique que rien ne semble pour l'instant pouvoir enrayer.

Jusqu'ici, le RN s'impose inlassablement en tête de tous les sondages sur les intentions de vote - 30% selon une étude BVA Xsight pour la radio RTL paru mercredi.

En moins de cinq ans, Jordan Bardella, président du RN depuis 2021 alors que Marine Le Pen se tient en réserve pour une candidature à la prochaine élection présidentielle, s'est imposé dans un paysage politique en plein renouvellement.

Dimanche à Marseille, dans une salle où plus de six mille personnes sont attendues, il aura droit à un honneur inédit: une prise de parole en dernier, après Marine Le Pen.

Tout un symbole, cinq ans après une première candidature en tant que tête de liste du RN pour les Européennes, où il était apparu davantage comme un prête-nom, voire une caution jeune pour la patronne de l'extrême droite française.

Arrivé en tête (23,34%), il a ensuite méthodiquement investi le paysage politique et médiatique, porté par un talent de débatteur et une télégénie certaine. En 2022, lors de la troisième candidature à l'Elysée de Marine Le Pen, il était l'un de ses porte-parole les plus dévoués.

Le scrutin européen du 9 juin doit parachever cette ascension fulgurante, avec une double condition: «arriver en tête et avec un score supérieur à celui de 2019» (23,34%), résume l'un de ses proches.

Une ambition que les sondeurs et les experts jugent tous raisonnable.

Mais les stratèges du parti de Marine Le Pen s'autorisent en privé à viser la barre des 30% et espèrent surclasser d'au moins dix points le parti du président Macron, avec lequel ils avaient fait jeu quasi-égal en 2019.

En assumant de «nationaliser» le scrutin pour en faire des «élections de mi-mandat» contre l'exécutif et la majorité, ces européennes doivent être le marche-pied à une quatrième candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle dans trois ans.

Selon l'institut de sondages BVA, un tiers des Français entend utiliser son bulletin de vote aux Européennes pour «exprimer (son) opposition à la politique actuelle».

Mais certains s'inquiètent d'un statut de favori qui pourrait démobiliser l'électorat - un talon d'Achille historique du RN, qui l'avait notamment empêché de remporter la moindre région aux élections régionales de 2021, au mépris des pronostics.


Corse: heurts entre indépendantistes et forces de l'ordre, deux ans après l'agression d'Yvan Colonna

Des manifestations pour les droits du peuple corse et marquant le deuxième anniversaire de la mort d'Yvan Colonna à Bastia le 2 mars 2024 sur l'île méditerranéenne française de Corse (Photo, AFP).
Des manifestations pour les droits du peuple corse et marquant le deuxième anniversaire de la mort d'Yvan Colonna à Bastia le 2 mars 2024 sur l'île méditerranéenne française de Corse (Photo, AFP).
Short Url
  • La manifestation a réuni 650 personnes, selon la préfecture de Haute-Corse
  • Ce rassemblement est intervenu au deuxième anniversaire de l'agression d'Yvan Colonna au sein du centre de détention d'Arles

BASTIA: Des affrontements ont éclaté en Corse samedi après-midi entre une dizaine de personnes encagoulées et les forces de l'ordre, en marge d'une manifestation à Bastia à l'appel de mouvements indépendantistes, deux ans après l'agression mortelle du militant indépendantiste Yvan Colonna dans sa cellule.

La manifestation a réuni 650 personnes, selon la préfecture de Haute-Corse.

Des jeunes hommes, vêtus de tenue de peintre en bâtiment ou encagoulés, ont lancé plusieurs cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, positionnées en nombre à proximité de la préfecture de Haute-Corse, dans le centre-ville de Bastia.

Les forces de l'ordre ont répliqué avec des grenades lacrymogènes, au cours d'incidents qui ont duré environ deux heures dans deux rues adjacentes à la préfecture.

L'un des manifestants a été pris en charge par les pompiers et transporté au centre hospitalier de Bastia, pour des brûlures au second degré, selon le service d'incendie et de secours de la Haute-Corse.

La manifestation, partie du palais de justice, a été organisée à l'appel du collectif Patriotti et de l'Associu Sulidarità, qui milite pour les "prisonniers politiques corses", ou encore du parti indépendantiste Nazione, qui compte une élue à l'assemblée de Corse.

"Basta à a ripressione" (NDLR: stop à la répression) et "Per i diritti di u populu corsu" (NDLR:  pour les droits du peuple Corse) étaient les deux mots d'ordre de la manifestation.

Ce rassemblement est intervenu au deuxième anniversaire de l'agression d'Yvan Colonna au sein du centre de détention d'Arles (Bouches-du-Rhône), où il purgeait une peine pour son rôle dans l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998 à Ajaccio. Le militant indépendantiste était décédé 20 jours plus tard, un événement qui avait provoqué des violences en Corse.

Lors d'une prise de parole, devant la préfecture, Jean-Philippe Antolini, porte-parole du mouvement Nazione, a demandé "la fin des arrestations arbitraires stigmatisant les militants indépendantistes", mais aussi "la reconnaissance du peuple corse sur sa terre": "Sur cette terre, il n'y a qu'un seul peuple, c'est le peuple corse."

Le discours a également dénoncé "l'Etat français assassin, responsable de la mort d'Yvan Colonna."

Une banderole brandie par plusieurs jeunes manifestants a également visé les élus corses qui participent au processus de Beauvau, le ministère de l'Intérieur, sur une éventuelle autonomie pour l'île: "Nous avons mangé des lacrymos, pour vous voir vous gaver à Beauvau."

Lors d'un dîner lundi, une délégation d'élus corse et Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, s'étaient mis d'accord sur cinq propositions pour avancer vers une autonomie de la Corse, dans le cadre de discussions entamées depuis deux ans. Le prochain point d'étape aura lieu mi-mars, dans un format similaire.


Guerre à Gaza: Darmanin demande aux préfets de renforcer la protection de la communauté juive

Darmanin appelle les préfets à mobiliser «les services de renseignement sur l'évaluation des menaces pour l'ordre public» (Photo, AFP).
Darmanin appelle les préfets à mobiliser «les services de renseignement sur l'évaluation des menaces pour l'ordre public» (Photo, AFP).
Short Url
  • Le ministre demande aux préfets qu'une «vigilance renforcée» soit assurée par les forces de l'ordre, en coordination avec les miliaires de l'opération Sentinelle
  • Il réclame aussi une «présence systématique des forces de sécurité intérieure aux abords des écoles lors des entrées et sorties des élèves»

PARIS: Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé aux préfets de renforcer les mesures de protection de la communauté juive, notamment autour des écoles et lieux de cultes, après les événements des derniers jours à Gaza, selon une note consultée par l'AFP samedi.

"Compte tenu du niveau élevé de la menace terroriste qui continue de peser sur notre pays et des tensions au Proche-Orient qui ont connu une brutale augmentation ces derniers jours (...) je vous demande de bien vouloir procéder à un renforcement immédiat des mesures de sécurité concernant les sites de la communauté juive", "en particulier en ce qui concerne les écoles" est-il écrit dans ce télégramme, daté de vendredi.

Le ministre demande aux préfets qu'une "vigilance renforcée" soit assurée par les forces de l'ordre", en coordination avec les miliaires de l'opération Sentinelle, par une présence statique, visible et systématique aux heures d'arrivée et de départ des fidèles, lors des rassemblements et offices".

Il réclame aussi une "présence systématique des forces de sécurité intérieure aux abords des écoles lors des entrées et sorties des élèves".

M. Darmanin appelle enfin les préfets à mobiliser "les services de renseignement sur l'évaluation des menaces pour l'ordre public" et de porter une "attention particulière aux éventuelles manifestations à venir".

Jeudi, une distribution d'aide humanitaire à Gaza a tourné au drame après des tirs israéliens et une bousculade qui ont fait 115 morts, selon le mouvement islamiste palestinien Hamas.

La communauté internationale a réclamé une enquête et un cessez-le-feu immédiat dans la guerre déclenchée par l'attaque sanglante menée le 7 octobre dans le sud d'Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza.

Samedi, l'armée israélienne a poursuivi ses frappes contre la bande de Gaza, qui ont fait au moins 92 morts ces dernières vingt-quatre heures, selon le ministère de la Santé du Hamas.