Washington annonce une nouvelle aide à l'Ukraine, le chef du Pentagone à Kiev

Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, le 20 novembre à Kiev (Photo, AFP).
Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, le 20 novembre à Kiev (Photo, AFP).
Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin est accueilli à son arrivée à Kiev le 20 novembre 2023. (Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin via X)
Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin est accueilli à son arrivée à Kiev le 20 novembre 2023. (Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin via X)
Ci-dessus, le président ukrainien Volodymyr Zelensky assiste à une réunion à Kiev (Photo, AFP).
Ci-dessus, le président ukrainien Volodymyr Zelensky assiste à une réunion à Kiev (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 21 novembre 2023

Washington annonce une nouvelle aide à l'Ukraine, le chef du Pentagone à Kiev

  • Cette nouvelle aide provient de fonds déjà approuvés par le Congrès américain mais qui s'amenuisent dans l'attente du vote d'une nouvelle enveloppe budgétaire pour l'Ukraine
  • Lloyd Austin a assuré le président ukrainien Volodymyr Zelensky de la pérennité du soutien de Washington face à l'invasion russe

KIEV: Washington a annoncé lundi une nouvelle aide militaire pour l'Ukraine de 100 millions de dollars, comprenant notamment des moyens de défense anti-aérienne, le jour de la visite du secrétaire à la Défense Lloyd Austin à Kiev.

Cette nouvelle aide provient de fonds déjà approuvés par le Congrès américain mais qui s'amenuisent dans l'attente du vote d'une nouvelle enveloppe budgétaire pour l'Ukraine réclamée par le président Joe Biden, mais qui reste en suspens en raison de l'opposition d'élus républicains.

Elle comprend notamment des systèmes Himars, des munitions d'artillerie et des armes antichars, ainsi que des munitions de petit calibre, selon des communiqués du Pentagone et du département d'Etat.

Lloyd Austin a assuré le président ukrainien Volodymyr Zelensky de la pérennité du soutien de Washington face à l'invasion russe.

Les Etats-Unis sont de loin le principal fournisseur d'aide militaire à Kiev, et une réduction de son soutien, réclamée ardemment par certains élus républicains, porterait un dur coup aux efforts ukrainiens pour libérer le Sud et l'Est occupés du pays.

"Le message que je vous apporte aujourd'hui, Monsieur le président, est que les Etats-Unis sont avec vous et resteront avec vous pour longtemps", a déclaré Lloyd Austin lors d'une rencontre avec le chef de l'Etat ukrainien.

"Avec nos alliés et partenaires, nous continuerons à soutenir les besoins urgents de l'Ukraine sur le champ de bataille et ses exigences de défense à long terme", a ajouté sur X le responsable, qui devait également s'entretenir avec son homologue ukrainien Roustem Oumerov et le commandant des forces armées Valery Zaloujny.

M. Zelensky a qualifié la visite du chef du Pentagone "de signal très important". "Nous comptons sur votre soutien", a-t-il dit.

L'Ukraine s'efforce de garantir la poursuite de l'assistance européenne et américaine, alors qu'en Occident des voix s'élèvent pour réclamer la réduction de ce soutien, après bientôt deux ans de guerre.

En outre, la communauté internationale ayant le regard rivé sur la guerre entre Israël et le Hamas, Kiev veut éviter que le soutien reçu jusqu'ici ne diminue.

Assaut russe sur Avdiïvka 

La venue de M. Austin intervient alors qu'aux Etats-unis, dans le camp républicain, des voix s'élèvent contre les dizaines de milliards d'aide à l'Ukraine débloqués par l'administration démocrate de Joe Biden.

Le soutien occidental est d'autant plus crucial pour l'Ukraine que sa contre-offensive estivale pour libérer les territoires occupés a en grande partie échoué.

La Russie est, elle, repassée à l'offensive dans l'Est en octobre, et Kiev affirme que Moscou compte également reprendre sa campagne hivernale de bombardements pour plonger des millions d'Ukrainiens dans le froid et le noir.

Chaque jour continue d'apporter sa litanie de morts et de blessés.

A Kherson, grande ville du Sud pilonnée par l'armée russe, le bombardement d'un parking a fait deux morts et deux blessés, selon l'administration régionale.

A Nikopol (Sud-Est), une femme de 83 ans a été tuée et un homme de 53 ans blessé par des tirs d'artillerie, selon les autorités.

Près de Kherson, un des axes importants de la contre-offensive ukrainienne où les troupes de Kiev ont réussi à prendre pied sur la rive gauche du fleuve Dniepr, occupée par les Russes, les forces ukrainiennes "continuent de tenir", a indiqué l'état-major ukrainien.

Dans l'Est, c'est l'armée russe qui poursuit "ses tentatives d'encercler Avdiïvka", cité industrielle dans la région de Donetsk visée ces dernières semaines par d'intenses attaques, selon la même source.

Pas de concurrence

Pour l'Ukraine, l'aide occidentale, notamment américaine, est essentielle pour faire face à une Russie qui a tourné son budget et son économie vers l'effort de guerre.

Certains législateurs américains du camp républicain s'opposent cependant à la poursuite de l'aide, de quoi nourrir le doute quant à l'ampleur et la pérennité du soutien américain dans les mois à venir. Une nouvelle rallonge a ainsi été exclue d'un accord budgétaire adopté par le Congrès la semaine dernière.

Outre l'opposition politique interne aux Etats-Unis à la poursuite de l'aide, le conflit entre Israël et le Hamas vient détourner l'attention de l'Ukraine.

Recevant jeudi un groupe de médias, dont l'AFP, Volodymyr Zelensky a affirmé que les combats dans la bande de Gaza avaient eu pour conséquence un ralentissement des livraisons d'obus d'artillerie de calibre 155 mm.

Pour autant, Washington affirme être en mesure de fournir une assistance aux Ukrainiens et aux Israéliens.


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.