Autour du Dniepr, une avancée ukranienne difficile à transformer en percée

Un résident local marche le long des berges boueuses exposées par le retrait des eaux de la rivière Dnipro sur la plage centrale de Zaporizhzhia le 11 juin 2023 (Photo d'Anatolii Stepanov AFP)
Un résident local marche le long des berges boueuses exposées par le retrait des eaux de la rivière Dnipro sur la plage centrale de Zaporizhzhia le 11 juin 2023 (Photo d'Anatolii Stepanov AFP)
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Publié le Mardi 21 novembre 2023

Autour du Dniepr, une avancée ukranienne difficile à transformer en percée

  • D'après l'expert militaire pro-Kremlin Alexandre Khramchikhin, le terrain reconquis par les Ukrainiens est «microscopique» et ne leur permet pas de déployer du matériel militaire
  • Pour convertir sa réussite en percée majeure, l'armée ukrainienne doit parvenir à déployer son armée de l'autre côté du fleuve

PARIS : L'Ukraine a annoncé une avancée de ses troupes sur la rive gauche du Dniepr occupée par l'armée russe, une réussite après des mois de contre-offensive infructueuse mais qu'il sera difficile de convertir en réelle percée, selon des experts militaires interrogés par l'AFP.

Kiev a affirmé dimanche avoir repoussé l'armée russe «de 3 à 8 km» en profondeur du côté gauche du fleuve Dniepr, devenu une ligne de front dans le sud de l'Ukraine, sans préciser si ses troupes contrôlaient entièrement cette zone de la région de Kherson (sud).

Si cette avancée se confirmait, ce serait la plus grosse poussée de l'armée ukrainienne face aux Russes depuis la reprise du village du Robotyné dans la région de Zaporijjia en août, alors que la contre-offensive a été lancée en juin.

«L'Ukraine dispose d'une tête de pont assez étendue sur la rive gauche. Les Russes y subissent des pertes car la rive droite, contrôlée par les forces armées ukrainiennes, est située sur une colline et il leur est beaucoup plus facile de tirer sur les troupes russes à partir de là», selon le commentateur et journaliste russe basé à Vilnius Michael Nacke, condamné en Russie par contumace à 11 ans de prison pour des propos sur l’armée russe.

Le dirigeant de la partie occupée de la région de Kherson, Vladimir Saldo, a reconnu qu'«environ une compagnie et demi» de soldats ukrainiens, soit plusieurs dizaines ou centaines d'hommes, avaient réussi à ancrer des positions aux abords du village de Krynky, tout en en minimisant l'importance.

D'après l'expert militaire pro-Kremlin Alexandre Khramchikhin, le terrain reconquis par les Ukrainiens est «microscopique» et ne leur permet pas de déployer du matériel militaire. «Sans équipement, pas d'offensive, uniquement des pertes», résume-t-il.

Moscou a cependant remplacé fin octobre le commandant du groupe militaire russe «Dniepr» opérant dans la zone, en raison de la difficulté de la situation selon les analystes.

D'après l'expert militaire français Michel Goya, l'opération ukrainienne est «assez limitée, assez symbolique» mais elle «permet de proclamer de petites victoires après l’échec de l’offensive principale».

- matériels lourds requis -

Pour convertir sa réussite en percée majeure, l'armée ukrainienne doit parvenir à déployer son armée de l'autre côté du fleuve, en traversant cette large barrière naturelle puis en manoeuvrant dans une zone marécageuse, en pleine saison des pluies dans cette zone méridionale.

Le premier objectif des Ukrainiens est de «couper les routes d’approvisionnement russes. Pour cela, ils élargissent constamment leur tête de pont, ils ne sont pas seulement à Krynky, ils se déplacent», selon Michael Nacke qui souligne que la Russie «ne dispose pas des unités les plus professionnelles dans cette région».

L'opération ukrainienne «maintient la pression sur les Russes, qui sont obligés de faire basculer une partie de leurs réserves sur le Dniepr, au détriment d'autres secteurs du front», fait aussi remarquer Michel Goya.

La prise de positions en profondeur pourrait aussi permettre à Kiev de lancer un assaut plus important vers la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014. Mais pour y parvenir, les experts estiment qu'il faudrait des milliers d'hommes et des véhicules lourds.

Pour cela, «des ponts au-dessus du Dniepr sont nécessaires, or tout ponton serait vulnérable à la puissance de feu aérienne et terrestre de la Russie qui n'a pas été totalement supprimée», et notamment aux drones, estime Mykola Bielieskov, analyste militaire ukrainien.

Seuls les ponts, existants ou à construire, permettent de faire «passer des équipements lourds et de la logistique. Si on veut avancer à plusieurs dizaines de kilomètres en profondeur, il faut aussi faire avancer son artillerie sinon on se retrouve coupé de tout appui», explique M. Goya.

«Les Ukrainiens qui ont franchi sont des fantassins et des commandos de la marine (en zodiacs, ndlr). Ils ont quelques véhicules mais restent dans l'ensemble très légers. Ils sont surtout protégés par leur artillerie restée de l'autre côté du fleuve», relève le colonel français en retraite.

De manière plus générale, notent plusieurs sources militaires, cette zone de Krynky est considérée comme «secondaire» par les Russes qui concentrent leurs forces sur Avdiïvka, cité industrielle de l’est que l’armée russe tente d'encercler.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.