Cinéma: derrière l'interprète Cesaria Evora, la femme tourmentée

La chanteuse capverdienne Cesaria Evora se produit sur la "scène principale" lors de la deuxième soirée du festival Sziget, sur l'île Hajogyar (chantier naval) à Budapest, en Hongrie, le 9 août 2007. (Photo Attila Kisbenedek AFP)
La chanteuse capverdienne Cesaria Evora se produit sur la "scène principale" lors de la deuxième soirée du festival Sziget, sur l'île Hajogyar (chantier naval) à Budapest, en Hongrie, le 9 août 2007. (Photo Attila Kisbenedek AFP)
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Publié le Dimanche 26 novembre 2023

Cinéma: derrière l'interprète Cesaria Evora, la femme tourmentée

  • Le film commence en 2003, pendant l'enregistrement de «Voz d'Amor», un album qui sera couronné d'un Grammy Award aux Etats-Unis
  • Cesaria Evora est alors au sommet d'une gloire qui lui est tombée dessus tardivement et miraculeusement

PARIS : Comment Cesaria Evora, chanteuse mélancolique, alcoolique et dépressive, est-elle sortie de l'ornière pour devenir une star mondiale ? Un film-documentaire, en salles mercredi, lève le voile sur l'artiste du Cap-Vert.

«Cesaria Evora, la diva aux pieds nus», réalisé et produit par Ana Sofia Fonseca, une ancienne journaliste portugaise, suit la chanteuse au quotidien en dehors de la scène et aborde toutes les périodes d'une vie mouvementée qui s'est terminée en décembre 2011.

Le film commence en 2003, pendant l'enregistrement de «Voz d'Amor», un album qui sera couronné d'un Grammy Award aux Etats-Unis. Cesaria Evora est alors au sommet d'une gloire qui lui est tombée dessus tardivement et miraculeusement.

«Mes albums se vendent partout», dit-elle dans un des nombreux documents d'archives, pour la plupart inédits et privés, qui forment la trame de ce long-métrage rythmé par ses chansons.

Dès la séquence suivante, retour en arrière, en août 1991. Celle qui se faisait surnommer Cize vient d'avoir 50 ans. La réputation de cette vibrante et poignante interprète de la morna, le blues du Cap-Vert, commence à peine à dépasser le cadre de cet archipel perdu au milieu de l'Océan Atlantique, volcanique et battu par les vents.

«Elle a une voix unique, enracinée dans un territoire nu, qui vient des tripes», affirme le journaliste Bouziane Daoudi, venu l'interviewer dans le deux pièces délabré où elle vit encore, deux mois à peine avant la sortie de «Mar Azul», l'album qui va la propulser.

Douze ans séparent ces deux séquences, pendant lesquels Cesaria Evora est passée du statut de marginale, chantant de temps à autre au Porto Grand Hôtel de Mindelo pour gagner de quoi se payer un verre de whisky, à celui de vedette internationale.

«Mar Azul», «Petit Pays», «Sodade»... Ses chansons et sa personnalité vont toucher des millions de gens.

- «Complexité humaine» -

Ana Sofia Fonseca fait des allers-retours dans l'espace et le temps, replace son parcours dans son contexte historique et social, pour tenter de le comprendre.

De Los Angeles à un terrain vague de Sao Vicente, en passant par La Havane, la réalisatrice part à la découverte d'une Cesaria Evora qui n'est pas seulement la chanteuse apparaissant pieds nus sur les grandes scènes du monde.

«Je trouve qu'il est bien plus intéressant de connaître l'histoire de quelqu'un sans forcément suivre la biographie traditionnelle mais avec une structure narrative plus riche», explique-t-elle à l'AFP.

Pour ne pas alourdir le récit, un autre choix était de ne pas faire apparaître à l'écran les personnes apportant leurs témoignages. Ils abordent avec pudeur mais sans détours les démons de la chanteuse, son alcoolisme, sa jeunesse douloureuse, ses phases de dépression ou de lassitude, mais aussi sa générosité.

«La force de Cesaria, c'est sa complexité humaine», affirme la cinéaste. «On parle de la femme, dans le sens où je crois qu'il est important de connaître la femme pour mieux comprendre la voix».

Le film montre qu'elle resta elle-même jusqu'au bout, sans que la célébrité n'affecte son authenticité. Sans oublier son attachement à son «Petit Pays». «Je suis de Mindelo, c'est ma terre, mes racines», dit-elle encore dans un film dont les paysages de Sao Vicente constituent la toile de fond.

Mais avant tout, Cesaria se voulait être une femme libre.

«Le premier disque que j'ai enregistré en France s'intitulait +La diva aux pieds nus+. C'était un bon titre parce que je n'ai jamais aimé les chaussures», raconte-t-elle au début du film.

Ni les chaussures, ni aucune autre forme de contrainte.


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."