Ukraine: Menacée par les assauts russes, Avdiïvka se vide

Un homme blessé à Avdiivka est évacué par des policiers sur une civière d'une voiture d'urgence à son arrivée vers un hôpital de Myrnohrad, dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
Un homme blessé à Avdiivka est évacué par des policiers sur une civière d'une voiture d'urgence à son arrivée vers un hôpital de Myrnohrad, dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 27 novembre 2023

Ukraine: Menacée par les assauts russes, Avdiïvka se vide

  • «Taxist» - son indicatif militaire - file sous une pluie fine sur la dernière route qui mène à Avdiïvka, dans l'est de l'Ukraine
  • Les militaires ukrainiens qui l'empruntent y roulent surtout à l'aube, sans lumière et à pleine vitesse

AVDIÏVKA: Sur l'étroite bande d'asphalte à peine visible dans la fin de nuit, le soldat ukrainien fonce tous feux éteints au volant de son gros 4x4 blindé américain Humvee.

"Taxist" - son indicatif militaire - file sous une pluie fine sur la dernière route qui mène à Avdiïvka, dans l'est de l'Ukraine.

Les militaires ukrainiens qui l'empruntent y roulent surtout à l'aube, sans lumière et à pleine vitesse, pour éviter d'être visés par l'artillerie ou les drones des forces russes toutes proches.

Soudain, surgit en face l'ombre d'un véhicule militaire ukrainien. "Taxist" donne un grand coup de volant, évite de peu la collision.

"C'était juste ! Il aurait pu faire un appel de phares, je ne vois rien à cette heure là", lâche le conducteur, la cinquantaine, ancien chauffeur de taxi, et volontaire dans le bataillon d'assaut Skala.

Vers 06h30, le Humvee arrive dans le quartier Khimik du centre-ville d'Avdiïvka, aux barres d'immeubles détruites.

Seuls signes de vie : des oiseaux piaillent et des chiens aboient. Des explosions, lointaines ou proches, résonnent constamment.

Depuis plus d'un mois, la cité fait face aux attaques incessantes des forces russes qui cherchent à l'encercler et à s'en emparer.

Environ 1.350 personnes y résident encore, contre 30.000 avant la guerre.

Les troupes russes tiennent l'est, une partie nord et le sud de la localité, toute proche de Donetsk, la capitale régionale occupée par la Russie depuis 2014. Les Ukrainiens défendent encore une zone d'environ huit kilomètre de large, au nord-ouest de la ville.

Visages gris 

Dans Avdiïvka, un seul centre d'aide humanitaire subsiste dans la journée, au sous-sol d'un immeuble inhabité, où il dispose d'un générateur.

Chaque jour des habitants y viennent se réchauffer, discuter, lire, prendre un café ou un thé, charger leur téléphone.

Ce matin-là, ils sont une quinzaine dans le local, sans compter quatre chats et trois chiens. Les visages sont gris, fatigués.

Oksana est venue à vélo avec son mari. Le couple habite dans la partie est de la ville, constituée de centaines de maisons individuelles.

C'est une zone "plus étendue, moins touchée" par les bombardements que le quartier Khimik, dit-elle, emmitouflée dans une doudoune bleue.

Jusqu'à l'été, elle était cadre dans la plus grande cokerie d'Ukraine, qui s'étend sur 340 hectares et borde le nord d'Avdiïvka.

La poignée d'employés - sur 4.000 avant la guerre - qui surveillaient encore récemment les installations ont été évacués début novembre.

Les Russes se sont rapprochés et ont pris des positions aux portes du complexe industriel aux hautes cheminées, toujours défendu par les soldats ukrainiens.

Oksana ne veut pas partir. "Nous avons tout investi dans notre maison depuis 30 ans", dit-elle. "J'aurai 50 ans le 1er janvier, pourquoi devrais-je recommencer tout à zéro ailleurs ?"

Oleksandre Makarov, 65 ans, lui non plus ne veut pas partir. Retraité de la cokerie, il habite le quartier Khimik dans un immeuble de neuf étages.

Il vit de l'aide humanitaire, dispose d'un poêle à bois pour se chauffer et faire la cuisine.

La situation est "pire" qu'avant le 10 octobre, "la ville est lourdement bombardée (...) Des gens sont tués", dit-il.

Pourquoi rester ? "Parce que je viens d'ici, du Donbass. J'ai fait mes études à Donetsk (...) J'ai été envoyé travailler à Avdiïvka", répond-il.

"Où vais-je retrouver un appartement, avec quel argent  ?", explique le retraité.

Prisonniers russes 

En fin de matinée, à l'extérieur de l'abri, les bruits d'explosions proches ou lointaines sont incessants.

C'est l'heure de quitter la ville. "Taxist" hésite: reprendre la même route, ou bien faire un détour par un chemin chaotique pour éviter la partie risquée ?

Il choisit le détour et repart pied au plancher, jusqu'au QG du bataillon Skala, éloigné du front.

L'unité détient cinq soldats russes, capturés récemment.

Nikolaï, 25 ans, accepte de répondre aux questions de l'AFP, sous la surveillance de ses geôliers.

Ouvrier d'usine, il a eu "une semaine" de formation militaire, puis a été emmené "immédiatement sur le front" depuis Donetsk, dit-il à l'AFP.

Avec une trentaine d'autres soldats russes, ils devaient prendre des positions ukrainiennes.

Mais ils ont "été bombardés toute la journée", raconte le prisonnier. Sur la trentaine de ses camarades, "cinq ou six sont morts, une quinzaine ont été blessés", dit-il. Il s'est rendu le soir-même.

Dans la salle de commandement de son QG, "Skala", le chef du bataillon qui porte son nom, assure que l'armée russe "laisse beaucoup d'hommes" dans ses assauts par vagues contre les défenses ukrainiennes.

"L'ennemi attaque vraiment. Et dans certains endroits, il a du succès", dit le commandant de 34 ans, au physique de boxeur poids-lourd.

"Je n'ai pas à ma disposition une ressource humaine comme la Russie. Je préserve mes hommes", assure-t-il. "Chacune de mes attaques doit être justifiée".


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.