Comment l'inflation bouleverse le panier des consommateurs français

Une cliente prend des aliments industriels dans un réfrigérateur pour remplir son caddie dans un supermarché près de Lille, dans le nord de la France, le 21 septembre 2023. (AFP).
Une cliente prend des aliments industriels dans un réfrigérateur pour remplir son caddie dans un supermarché près de Lille, dans le nord de la France, le 21 septembre 2023. (AFP).
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Publié le Jeudi 30 novembre 2023

Comment l'inflation bouleverse le panier des consommateurs français

  • Plus de 20% de hausse, sur un an et sur la première moitié de l'année 2023: c'est la moyenne de l'augmentation des prix de nombreuses denrées de base dans l'alimentation des Français
  • En conséquence, le volume de produits vendus diminue

PARIS : Moins de bricolage, de vêtements et d'électroménager, mais un budget pour l'alimentaire et les jouets préservé: l'inflation a ralenti ces derniers mois, mais elle continue de peser sur les dépenses des Français, qui adaptent leurs achats.

L'alimentaire préservé

Plus de 20% de hausse, sur un an et sur la première moitié de l'année 2023: c'est la moyenne de l'augmentation des prix de nombreuses denrées de base dans l'alimentation des Français, comme le lait, le fromage, les œufs, les pâtes ou le couscous par exemple.

En conséquence, le volume de produits vendus diminue. Il a baissé de 8,5% sur les sept premiers mois de 2023 par rapport à la même période de l'année précédente, selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Et pour continuer de subvenir à leurs besoins alimentaires, les ménages en viennent à faire des "arbitrages", privilégiant par exemple des produits de marque distributeur ou renonçant à tout ce qui leur semble superflu.

Malgré ce contexte inflationniste, le secteur alimentaire continue pourtant de bien se tenir. Au premier semestre, le chiffre d'affaires des industries agroalimentaires françaises (hors boissons et tabac) a bondi de 11,6% en valeur, d'après la FCD.

Bricolage et électroménager boudés

Refaire son salon ou changer de matelas n'est plus une priorité pour les Français.

Après les "deux années exceptionnelles" qui ont suivi la crise sanitaire, on assiste depuis mi-2022 à un "atterrissage du marché" de l'équipement de la maison (produits électroménagers, meubles ou encore literie), relève Jean-Charles Vogley, directeur général de la Confédération nationale de l'équipement du foyer (CNEF).

Produits électroménagers, meubles ou encore literie ont moins la cote.

Sur les neuf premiers mois de 2023, les ventes en valeur des produits d'ameublement ont baissé de 1,2% par rapport à 2022, et elles diminuent plus fortement en volume.

"L'effet de l'inflation se fait sentir sur la nourriture et l'énergie, qui sont des dépenses obligatoires", ce qui explique que les autres secteurs comme l'ameublement - autrement dit "les dépenses que l'on peut reporter" - en pâtissent, précise M. Vogley.

Le contexte a entraîné Fnac Darty à abaisser légèrement ses prévisions de rentabilité pour 2023.

Rentrée difficile pour l'habillement

Les achats plaisir sacrifiés? Le secteur de l'habillement a connu une rentrée 2023 difficile, a constaté l'Observatoire de la Fédération nationale de l'habillement (FNH).

"74% des commerces indépendants ont vu leurs ventes baisser en septembre 2023", relève-t-il, "avec pour 42% d'entre eux un recul enregistré supérieur à 20% du chiffre d’affaires" sur un an.

Pierre Talamon, président de la FNH, analyse que "l'inflation entre évidemment dans l’équation, avec une baisse du pouvoir d'achat impactant les achats plaisir, réduits au strict minimum - de surcroît en période de rentrée scolaire".

L'Observatoire économique de l'Institut français de la mode note qu'il faut néanmoins "relativiser la forte chute des ventes de septembre", les ventes en valeur du secteur de l'habillement étant, sur les neuf premiers mois de l'année, "légèrement supérieures" (+0,3%) à celles des neuf premiers mois de 2022.

Les jouets attendent Noël

"Dans un contexte économique difficile, les consommateurs ont naturellement fait des arbitrages sur leurs dépenses en ce début d’année", confirme Florent Leroux, président de la Fédération française des industries du jouet et de la puériculture (FJP) , qui garde espoir pour le dernier trimestre avec Noël.

Le secteur des jouets, "comme nombre de marchés non-alimentaires", subit les conséquences de l'inflation et enregistre, sur les neufs premiers mois de l'année, une baisse de 4,5% en valeur, indiquent la FJP et la Fédération des commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE) dans un communiqué commun.

Le groupe de conseil Circana démontre dans une étude que, parmi les consommateurs français qui ont réduit leurs achats de jouets, 44% invoquent comme raison la baisse de leur pouvoir d'achat.


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
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  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
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  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu.