Anne Roumanoff savoure «l'expérience de la vie» pour ses 35 ans de scène

L'humoriste et actrice française Anne Roumanoff pose au théâtre de l'Alhambra le 28 juillet 2015 à Paris. (Photo  Joël Saget AFP)
L'humoriste et actrice française Anne Roumanoff pose au théâtre de l'Alhambra le 28 juillet 2015 à Paris. (Photo Joël Saget AFP)
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Publié le Samedi 02 décembre 2023

Anne Roumanoff savoure «l'expérience de la vie» pour ses 35 ans de scène

  • Anne Roumanoff fête 35 ans de scène avec un nouveau spectacle à Paris et en tournée
  • «Je fais rire avec ce qui m'énerve. La société actuelle est passionnante à observer, même si c'est angoissant», confie Anne Roumanoff, 58 ans

PARIS  : «Avec l'expérience de la vie, j'ai appris que, quand un couple ne se parle plus, il ne s'engueule plus. Quand ton mec fait la gueule, tu savoures le silence !» : Anne Roumanoff fête 35 ans de scène avec un nouveau spectacle à Paris et en tournée.

Débarquant sur scène avec des gants de boxe, l'humoriste, qui se produira à l'Olympia le 26 décembre, s'inspire de l'air du temps, avec un regard affûté sur les évolutions de la société, à l'occasion «d'un spectacle déconstruit par une femme expérimentée qui rêve de se reconstruire».

«Je fais rire avec ce qui m'énerve. La société actuelle est passionnante à observer, même si c'est angoissant», confie Anne Roumanoff, 58 ans, à l'AFP.

«Ce qui m'intéresse, ce sont les transformations, sans porter de jugement mais avec des points de vue différents, comme un nouveau sketch sur le wokisme qui met en scène une fille très militante et ses parents qui ne le sont pas», ajoute l'humoriste, grande fan de Sylvie Joly depuis l'adolescence, qui a bifurqué vers cette carrière après son diplôme de Sciences Po.

«Je n'ai aucun regret d'avoir choisi l'humour. J'ai beaucoup de compassion pour les politiques. Ils sont jugés responsables de tout, sans avoir autant de pouvoir que ça. J'ai de l'empathie, presque de la pitié. J'imagine Macron appelé en pleine nuit, hésitant à répondre de peur d'apprendre une nouvelle horreur», dit-elle.

Pour son quatorzième spectacle, Anne Roumanoff prend pour cible les influenceurs, les excès du télétravail, l'inflation, les coachs d'épanouissement personnel, tout en revisitant les contes de fées à l'heure du wokisme.

«La vie est dure: les gens n'aiment pas le présent, ils regrettent le passé et ont peur du futur», lance l'humoriste sur scène. «Un homme d'expérience, ça a un côté amant performant. Une femme d'expérience, ça a un côté yaourt périmé», ajoute-t-elle un peu plus loin.

Le politiquement correct lui inspire ce constat : «on ne peut plus rien dire... Il faut juste faire attention à ce qu'on dit, +à qui qu'on le dit+, pourquoi on le dit et ce que ça veut dire !»

A propos des réseaux sociaux, Anne Roumanoff actualise Victor Hugo : «braves gens, prenez garde aux choses que vous +tweetes+. Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes. Ne m'objectez pas que votre avis est sûr. Il suffira d'un tweet pour qu'on vous cloue au mur. Pas de présomption d'innocence ! En quelques instants, condamnation, procès, sentence !»


Raphaël Quenard, l'improbable nouvelle star du cinéma français

Raphaël Quenard est passé, en quelques mois, du statut de jeune acteur cantonné aux seconds rôles à celui de gloire montante du cinéma français (Photo, AFP).
Raphaël Quenard est passé, en quelques mois, du statut de jeune acteur cantonné aux seconds rôles à celui de gloire montante du cinéma français (Photo, AFP).
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  • Star de la 49e cérémonie des César, il est aussi en lice pour la statuette du meilleur acteur pour «Yannick»
  • Dans «Chien de la casse», sacré vendredi meilleur premier film, l'acteur de 32 ans incarne Mirales

PARIS: Une ascension fulgurante : sacrée révélation masculine de l'année pour "Chien de la casse", Raphaël Quenard est passé, en quelques mois, du statut de jeune acteur cantonné aux seconds rôles à celui de gloire montante du cinéma français.

Star de la 49e cérémonie des César, il est aussi en lice pour la statuette du meilleur acteur pour "Yannick" et pour un court-métrage qu'il a codirigé.

Dans "Chien de la casse", sacré vendredi meilleur premier film, l'acteur de 32 ans incarne Mirales, un jeune qui traîne en jogging dans son petit village du sud de la France.

Ce premier film sur la jeunesse rurale, signé Jean-Baptiste Durand, avait offert un écrin à l'acteur, à la tchatche inimitable, que certains comparent déjà à Patrick Dewaere.

"J'ai une phrase que j'ai entendu : +Nos vies sont jalonnées de souffrance et de chagrin. Mais la plus terrible d'entre elles, c'est de nous voir tous les jours nous acharner à étouffer le p'tit enfant qui est en nous+", at-il déclaré sur scène, en recevant son prix.

En 2023, il a été aussi Yannick pour Quentin Dupieux, un spectateur de théâtre, en colère, qui prend à partie les comédiens au beau milieu de la représentation d'une pièce.

"C'est clair que ça bouge pour moi", répondait l'acteur à l'AFP en juillet à la sortie du long-métrage "Cash", en juillet sur Netflix.

«Couteau entre les dents»

Si Jérémie Rozan, le réalisateur de "Cash", n'hésite pas à voir en lui "un grand acteur", Raphaël Quenard n'en est pourtant qu'à ses débuts.

Son premier rôle en tant que tête d'affiche, il l'a décroché "le couteau entre les dents" pour "Chien de la casse" (102.000 entrées). "J'ai harcelé et envoyé une quantité astronomique de mails. Il (le réalisateur, NDLR) n'en pouvait plus à la fin".

"C'est quelqu'un qui a une grande part d'ombre mais qui ne peut se reprendre à ça", assure-t-il de son phrase si singulier : lent et saccadé, le tout servi par une voix nasillarde.

Presque au même moment sortait dans les salles "Je verrai toujours vos visages" (plus d'un million d'entrées) de Jeanne Henry. L'acteur aux cheveux en bataille, qui y incarnait un frère incestueux, n'y jouait qu'un petit rôle mais dans une scène clé du film.

"C'est encore un peu tôt pour le dire mais je crois que c'est ce film qui m'a aidé à me faire connaître", avançait celui qui a été repéré en 2018 dans la série "HP", avant d'enchainer les tournages ("Fragile", "Fumer fait tousser", "Novembre") dans des rôles mineurs.

Depuis, "il ya plus de propositions, beaucoup plus d'opportunités (...)", explique-t-il. Il a en parallèle réalisé avec Hugo David un court-métrage plein d'autodérision, "L'acteur ou la surprenante vertu de l'incompréhension".

Plusieurs vies

Né en 1991 dans la banlieue de Grenoble où il a grandi, l'acteur a eu plusieurs vies.

Enfant, c'est d'abord footballeur qu'il s'imagine, puis militaire, avant de faire des études de chimie, notamment en Angleterre.

En rentrant en France, il opère un changement radical. Sortez la chimie, place au métier de comédien. "C'est jouissif de se dire qu'on peut tout être: mécanicien, chimiste, prof.. Plus besoin de choisir", plaisantait-il.

Mais le chemin vers le 7e art a été long. C'est par l'association 1.000 visages, fondée par la réalisatrice de "Divines", Houda Benyamina, qu'il fait ses premières armes. Cette association aide à l'insertion des jeunes des quartiers prioritaires et des zones rurales dans le cinéma.

"On se voyait trois fois par semaine. On a travaillé des textes et on a fait des impros", confiait-il.

Une formation express qui lui permet d'avoir ses premiers rôles. "Avant ça, j'avais fait des courts-métrages un peu underground. L'association m'a permis de rentrer en contact avec de jeunes réalisateurs et d'avoir mes premiers rôles rémunérés", racontait-il.

S'il cumule les genres, il revendique son goût pour un "cinéma populaire et exigeant, trop souvent assimilé, à tort, à de la médiocrité".


L'héritage d'Al-Turaif: inauguration d'une exposition au siège de l'Unesco à Paris

La princesse Tarfa al-Saoud à l’exposition «The Earthen Testament: Tracing the Legacy of Diriyah» à Paris. (X/@KSAForUNESCO)
La princesse Tarfa al-Saoud à l’exposition «The Earthen Testament: Tracing the Legacy of Diriyah» à Paris. (X/@KSAForUNESCO)
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  • L’exposition présente un mélange varié d'œuvres d'art, de photographies, d’œuvres cinématographiques et d'artisanat incarnant l'essence de Diriyah
  • Intitulé «Le testament terrestre: retrouver l'héritage de Diriyah», l’événement se tiendra jusqu’au 29 février à Paris

RIYAD: Une exposition consacrée à Diriyah a été inaugurée au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) à Paris, avec l'aimable autorisation de la Diriyah Gate Development Authority, la délégation permanente de l'Arabie saoudite auprès de l'Unesco et de la Commission nationale saoudienne pour l'éducation, la culture et la science, a-t-on annoncé jeudi.

L’exposition, The Earthen Testament: Tracing the Legacy of Diriyah («Le testament terrestre: retrouver l'héritage de Diriyah»), qui se tiendra jusqu'au 29 février, met en lumière le quartier historique d'Al-Turaif – site du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2010 – et met en valeur son patrimoine.

L’exposition vise à donner vie à la riche mosaïque d’art et de patrimoine du quartier, en présentant un mélange varié d’œuvres d’art, de photographies, d’œuvres cinématographiques et d’artisanat, qui incarnent l’essence de Diriyah, le berceau de l’État saoudien. S'étendant sur une durée de près de six cents ans, elle offre aux visiteurs un récit visuel du passé de Diriyah.

L'ambassadeur saoudien en France, Fahd ben Mayouf al-Rouwaili, a exprimé sa joie à la vue de l'exposition, ajoutant que cette initiative soulignait l'engagement commun en faveur de la sauvegarde et de la dynamisation des sites du patrimoine culturel, tant pour la société saoudienne que pour la communauté mondiale.

Jerry Inzerillo, PDG de la DGDA, a indiqué que l'exposition mêlait authenticité historique et créativité moderne en présentant des œuvres d'artistes saoudiens.

Les moments forts comprennent les œuvres de Rasha al-Rached, Omar Abdeljawad, Ali al-Sameen, ainsi que du cabinet d'architecture Bricklab Studio, basé à Djeddah.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Mort de Claude Montana, couturier français star des années 80

Le créateur français Claude Montana salue le public avec un mannequin portant sa création à la fin de son défilé de prêt-à-porter printemps-été à Paris le 17 octobre 1987 (Photo, AFP).
Le créateur français Claude Montana salue le public avec un mannequin portant sa création à la fin de son défilé de prêt-à-porter printemps-été à Paris le 17 octobre 1987 (Photo, AFP).
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  • Né le 29 juin 1947 à Paris, Claude Montamat, son vrai nom, grandit dans un milieu aisé
  • Révélé dans les années 70, coqueluche des années 80, il connaît la consécration en franchissant en 1990 les portes de la maison Lanvin

PARIS: Sa signature, c'étaient les épaules XXL et les tailles de guêpe. Le couturier français Claude Montana, mort vendredi à Paris à 76 ans, s'était imposé comme une figure de la mode des années 80 avant d'être éclipsé des podiums par des revers de fortune.

Une carrière faite de "très hauts et de très bas", comme le disait lui-même le styliste, reconnaissable à son éternel look "Easy Rider" (blouson, pantalon de cuir et santiags).

Révélé dans les années 70, coqueluche des années 80, il connaît la consécration en franchissant en 1990 les portes de la maison Lanvin, qui fête alors ses 100 ans. Il y récolte coup sur coup deux Dés d'or, la plus haute distinction dans le monde de la mode.

Il traverse par la suite des difficultés financières et personnelles et disparaît du devant de la scène au tournant des années 2000.

Swinging London 

Né le 29 juin 1947 à Paris, Claude Montamat, son vrai nom, grandit dans un milieu aisé. Mère protestante allemande, père d'origine catalane.

Il n'a pas du tout l'intention de suivre le studieux parcours de son frère aîné. Après le bac, il est figurant à l'Opéra de Paris avant de filer en Angleterre, attiré par le "Swinging London" marginal.

Ses parents désapprouvent ses choix et son mode de vie et coupent les ponts. Définitivement. Le succès de leur fils n'y changera rien.

Il restera en revanche très proche de Jacqueline, sa soeur cadette qui l'accompagnera dans ses projets professionnels et sera son assistante pendant des années.

A Londres, le jeune homme blond à la moustache frisottante se lance dans la confection de bijoux en papier mâché. Il est remarqué par le magazine Vogue mais le succès n'est pas vraiment au rendez-vous et il n'a pas de permis de travail.

De retour à Paris, il est modéliste chez le spécialiste du cuir, Mac Douglas. "Mon métier, c'est la mode", se dit-il alors. Premier défilé en 1975. Il fait tout de suite un tabac avec ses couleurs flashy et ses tenues extravagantes aux épaules de rugbyman.

Il crée sa propre marque en 1979. L'homme, plutôt discret et habitué des soirées du Palace, boîte parisienne à la mode, devient l'un des couturiers stars de Paris.

Ses défilés théâtraux sont des événements. De "grands shows", disait Christian Lacroix.

Après avoir décliné la proposition de Dior de devenir son directeur artistique et de prendre en charge à la fois la haute couture et prêt à porter, il rejoint Lanvin, qui veut réveiller ses collections. Gros succès.

Comme Jean Paul Gaultier et Thierry Mugler avant lui, il lance lui aussi son parfum, qui ne marche pas très bien, sa collaboration avec Lanvin s'achève en 1997, il fait faillite et doit céder sa marque.