Libérée, Ahed Tamimi témoigne des menaces proférées à l’encontre de sa famille

Ahed Tamimi, militante récemment libérée, se tient parmi ses partisans lors d'une cérémonie de bienvenue après la libération des otages palestiniens des prisons israéliennes (Photo, AFP).
Ahed Tamimi, militante récemment libérée, se tient parmi ses partisans lors d'une cérémonie de bienvenue après la libération des otages palestiniens des prisons israéliennes (Photo, AFP).
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Libérée, Ahed Tamimi témoigne des menaces proférées à l’encontre de sa famille

  • Malgré sa libération, Ahed Tamimi a souligné que sa joie était incomplète tant que 30 femmes palestiniennes restaient en prison
  • Elle est devenue célèbre en décembre 2017 lorsqu'une vidéo la montrant en train de gifler un soldat israélien a fait le tour d’Europe monde

ALGER: La militante palestinienne Ahed Tamimi, âgée de vingt ans, a raconté son calvaire après avoir été libérée des prisons israéliennes dans le cadre d'un accord d'échange de prisonniers entre Israël et le Hamas.

Ahed Tamimi était détenue dans la prison de Damoun, près de Haïfa. Elle a parlé à Al Jazeera des menaces de l'occupation contre son père, actuellement détenu, si elle révélait les conditions difficiles subies par elle-même et d'autres femmes. Elle a confirmé que des femmes palestiniennes avaient été enlevées en présence de leurs enfants et que les prisonnières étaient maltraitées.

Tamimi faisait partie des 30 prisonniers libérés lors de la trêve temporaire à Gaza, suscitant des célébrations parmi les militants pour la liberté et le succès de la résistance.

Malgré sa libération, Ahed Tamimi a souligné que sa joie était incomplète tant que 30 femmes palestiniennes restaient en prison, subissant des tortures dans des conditions difficiles, sans accès à l'eau ni à la nourriture.

Peine de prison indéterminée 

La jeune femme risquait une peine d'emprisonnement indéterminée pour des accusations de terrorisme infondées. Les autorités israéliennes avaient restreint ses contacts avec son avocat et sa famille, suscitant des préoccupations au sein des organisations internationales de défense des droits de l'homme.

Sa détention a également suscité une vive réaction, avec des critiques envers le recours massif à la détention administrative par Israël. 

Cette procédure, héritée du mandat britannique, permet d'emprisonner des personnes sans inculpation pendant 3 à 6 mois, renouvelables indéfiniment. Des groupes de défense des droits de l'homme ont condamné cette pratique, soulignant qu'elle avait atteint son niveau le plus élevé depuis 30 ans.

Ahed Tamimi avait été arrêtée en novembre, accusée d'incitation au terrorisme. Sa famille a nié les accusations, affirmant que son compte Instagram avait été piraté. Le ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, a salué l'arrestation, mais des militants ont appelé à la libération de Tamimi, dénonçant la glorification de l'arrestation d'une jeune femme par des soldats.

Qui est Ahed Tamimi ?

Ahed Tamimi est une militante palestinienne née le 31 janvier 2001 à Nabi Salih, en Cisjordanie. Elle est devenue célèbre en décembre 2017 lorsqu'une vidéo la montrant en train de gifler un soldat israélien a fait le tour des médias sociaux. La vidéo a été filmée peu après que des soldats israéliens eurent tiré sur son cousin, lui  provoquant une fracture du crâne.

Ahed Tamimi vient d'une famille engagée politiquement et est elle-même une militante active depuis son jeune âge. Elle a été arrêtée par les autorités israéliennes peu de temps après l'incident et a passé huit mois en prison. 

Sa détention a attiré l'attention internationale, suscitant des débats sur la manière dont les autorités israéliennes traitent les manifestants palestiniens, en particulier les enfants.

Ahed Tamimi est devenue un symbole de la résistance palestinienne, et son cas a mis en lumière la situation complexe et tendue en Cisjordanie, marquée par la fin du cessez le feu. 

Retour des bombes 

L'armée israélienne a affirmé samedi avoir attaqué plus de quatre cents objectifs dans la bande de Gaza depuis l'expiration de la trêve la veille, frappes qui ont fait 240 morts selon le gouvernement dirigé par le Hamas.

650 autres personnes ont été blessées lors de «centaines de frappes aériennes, d'artillerie et de bombardements navals, partout dans la bande de Gaza», a indiqué le Hamas dans un communiqué.

Les intenses bombardements, sur la bande de Gaza, petit territoire palestinien surpeuplé, ont fait, selon le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 morts, majoritairement des civils.

(Avec AFP).


Trump dit ne pas penser que le guide suprême iranien soit mort

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
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  • Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei
  • Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

WASHINGTON: Donald Trump a dit mercredi qu'il "ne pensait pas" que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui n'a pas été vu en public depuis fin février, "soit mort".

"Il a été très sérieusement blessé mais je ne pense pas qu'il soit mort", a dit le président américain pendant un entretien avec un animateur conservateur, Glenn Beck.

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei.

Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

Cette discrétion, en plein conflit régional, a donné lieu à des spéculations à la fois sur son état de santé et sur ses relations avec d'autres hauts responsables iraniens.


Oman et Téhéran négocient la régulation du détroit d'Ormuz sans déblocage en vue

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  • Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre"
  • Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte

TEHERAN: Oman et Téhéran discutent d'un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et de son déminage mais les autorités iraniennes ont prévenu mercredi que le passage stratégique ne serait pas ouvert avant que les Etats-Unis ne mettent fin à la guerre.

Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, qui est au cœur de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit dure depuis près de six mois, Washington a intensifié la pression économique avec un nouveau train de sanctions "secondaires" annoncé cette semaine, touchant non pas directement l'Iran mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

A Mascate, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage, selon un communiqué conjoint.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre".

Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné mardi sur X que lors de négociations avec les partenaires omanais et pakistanais, "l'accent a été mis sur des solutions régionales". "Le cadre proposé pour un nouveau corridor, le déminage conjoint et la gestion future du détroit d'Ormuz en sont une parfaite illustration".

Mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a prévenu Washington tôt mercredi sur X: "Avant toute action visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l'ensemble des engagements qu'ils ont violés".

"Le détroit d'Ormuz ne sera rouvert qu'en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts, de la levée du blocus et d'un règlement de la situation au Yémen."

Il a ajouté que la réponse de l'Iran aux sanctions américaines serait de "viser leurs intérêts économiques".

"Mines retirées", selon Trump 

Sur son réseau social, Donald Trump avait, lui, affirmé que, selon la marine américaine, "toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz".

"L'Iran a été informé que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines (serait) (...) détruit", a-t-il ajouté.

Plus tôt, il avait assuré que le détroit était sous contrôle américain - ce que Téhéran a démenti - et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait "en travers" de la route des Etats-Unis sur Ormuz.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a dit lundi la volonté de Washington de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran

En Iran, déjà éprouvé par des décennies de sanctions internationales, de nombreux automobilistes et motards se sont pressés mardi dans les stations-service de Téhéran.

Malgré les informations toujours contradictoires, les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi dans un regain d'optimisme, le Brent s'installant sous les 90 dollars.

La guerre a été déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui a riposté en frappant des pays alliés de Washington dans la région et en verrouillant le détroit d'Ormuz.

Au cœur du conflit, le stratégique détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Washington mène en retour un blocus des ports iraniens.

Téhéran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit.


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
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  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.