«Ras-le-bol !»: Grève nationale des livreurs Uber, qui réclament une meilleure rémunération

Une cinquantaine de livreurs travaillant pour Uber Eats manifestent place de la Bataille de Stalingrad à Paris  (Photo, AFP).
Une cinquantaine de livreurs travaillant pour Uber Eats manifestent place de la Bataille de Stalingrad à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 décembre 2023

«Ras-le-bol !»: Grève nationale des livreurs Uber, qui réclament une meilleure rémunération

  • Malgré le froid, ils étaient quelques dizaines à s'être rassemblés sur la place Stalingrad à Paris
  • «Avec l'inflation, les salaires augmentent partout, on est les seuls à voir notre rémunération baisser»

PARIS: "C'est quoi la prochaine étape, bientôt il faudra payer pour livrer ?" Les chauffeurs Uber ont manifesté samedi à travers la France, pour réclamer une meilleure rémunération après un changement dans l'algorithme du groupe qu'ils estiment désavantageux.

Malgré le froid, ils étaient quelques dizaines à s'être rassemblés sur la place Stalingrad à Paris, chasubles de syndicat sur le dos et pour certains vélo à la main.

"Je suis là pour dénoncer cette nouvelle tarification qui a été faite de manière totalement unilatérale par Uber", a expliqué à l'AFP Adrien, livreur de 37 ans, qui ne souhaite pas donner son nom de famille. Deliveroo et Stuart, "c'est le même délire", a-t-il aussi critiqué.

Depuis le 10 octobre, un nouveau système a été mis en place par Uber Eats dans les agglomérations de Lille, Rouen et Valence, pour "valoriser le temps passé à réaliser la course", a justifié la plateforme.

Généralisée depuis le 1er novembre, cette nouvelle tarification "peut faire varier certaines courses à la hausse et d'autres à la baisse, mais ne vise pas à diminuer la rémunération moyenne par course", avait assuré vendredi à l'AFP Uber Eats, qui dit avoir même noté "une légère augmentation du revenu moyen par course de 1,4%" dans les villes pilotes.

Mais des livreurs évoquent une autre réalité: "J'ai constaté que les courses à un ou deux kilomètres sont payées 2,85 euros sur Uber, alors qu'avant elles étaient à 3,30 euros", a affirmé Adrien, qui utilise Uber depuis 2020 et récemment aussi Deliveroo. "Il y en a ras-le-bol !"

"Avec l'inflation, les salaires augmentent partout, on est les seuls à voir notre rémunération baisser. Ça sera quoi la prochaine étape? 0,50 euro la course? Devoir payer pour livrer?", proteste celui qui a l'impression d'être la "variable d'ajustement" du système.

«Pas rentable»

L'appel à la grève a été lancé par Union-Indépendants, la fédération CGT Transports et SUD Commerces. Des rassemblements de livreurs grévistes sont prévus samedi et dimanche, notamment à Paris, Bordeaux, Nice, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Marseille et Armentières, dans le nord de la France.

Des mouvements de protestation de livreurs indépendants, qui sont en France quelque 65.000 à passer par Uber Eats, avaient déjà eu lieu en novembre.

A Bordeaux, une vingtaine de livreurs, accompagnés d’une dizaine de militants de la CGT et du porte-parole du NPA Philippe Poutou, se sont eux aussi réunis place de la Victoire en fin de matinée pour réclamer l’amélioration de leur rémunération et de leurs conditions de travail.

"Ce n'est pas un travail rentable. Tu vas sacrifier toute ta journée pour avoir 50 euros", a dénoncé auprès de l'AFP Ousmane Doumbia, coursier Uber Eats de 22 ans. Les "courses de 2 km pour 3 euros, qui en réalité sont plus longues", si "tu les fais en moto, si tu comptes l'essence, l'Urssaf, l'entretien de la moto, à la fin tu n'as rien".

"D'après nos estimations, le nouveau système entraîne une baisse (de rémunération) de 10 à 40%", a assuré Lilian Pouill, livreur de 22 ans venu manifester à Paris. Résultat: "Je travaille plus pour compenser la perte."

«Esclavage moderne»

Selon la députée LFI Danièle Simonet, présente au rassemblement parisien, les plateformes utilisent leur promesse de rémunérer au minimum horaire de 11,75 euros pour "faire baisser le prix des courses" pour les livreurs, ces "tâcherons du XXIe siècle".

"C'est 11,75 euros de l'heure effective de course", sans compter le temps d'attente, a-t-elle dit à l'AFP. Donc "vous cumulez des courses pendant une heure pour qu'elles soient rémunérées au total à 11,75 euros, ça veut dire que vous faites fortement chuter le prix de chaque course individuelle."

"Ça crée une situation d'esclavage moderne", a protesté David Belliard, élu à la mairie de Paris, ville où les "livraisons de repas ont explosé ces dernières années". M. Belliard demande à ces plateformes, qui "exploitent ces gens", de requalifier leurs contrats en salariat. Il regrette que ce système de rémunération pousse les livreurs "à prendre évidemment des risques inconsidérés pour eux et ceux qui sont autour".

"La plupart d'entre nous veulent rester indépendants", a affirmé Adrien, mais "avec  un minimum de protection et surtout, une meilleure rémunération!"


L'agroalimentaire, un fleuron fragile du commerce extérieur français

Un troupeau de vaches marche et broute dans un alpage au-dessus de La Clusaz le 22 août 2022. (Photo de JEFF PACHOUD / AFP)
Un troupeau de vaches marche et broute dans un alpage au-dessus de La Clusaz le 22 août 2022. (Photo de JEFF PACHOUD / AFP)
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  • Après avoir bondi de 36% en valeur en 2022 sous l'effet de la flambée des prix du blé provoquée par la guerre en Ukraine, les exportations de produits agricoles ont reculé de 15% en 2023
  • Le pays est le premier producteur agricole européen et profite de la réputation de ses produits

PARIS: Avec leurs vins, leurs céréales et leurs fromages, l'agriculture et l'industrie alimentaire françaises restent un fleuron du commerce extérieur du pays, mais cette puissance s'érode.

Après avoir bondi de 36% en valeur en 2022 sous l'effet de la flambée des prix du blé provoquée par la guerre en Ukraine, les exportations de produits agricoles ont reculé de 15% en 2023, selon les chiffres des Douanes diffusés début février.

Les importations ont parallèlement progressé de 1%.

Résultat: "le solde agricole reste excédentaire mais à un niveau près de quatre fois moindre qu'en 2022 (1,2 milliard d'euros contre 4,8 milliards en 2022)", notent les Douanes.

Les exportations de produits agroalimentaires ont, elles, progressé, mais à un rythme ralenti (+2%).

Au total, l'agroalimentaire a continué en 2023 à dégager un excédent commercial, de 6,7 milliards d'euros, mais inférieur à celui de l'année précédente (10 milliards).

Un repli à relativiser, estime Thierry Pouch, chargé des études économiques aux chambres d'agriculture.

"La France n'a plus connu de déficit (des échanges agroalimentaires) depuis 1977", rappelle-t-il. On observe certes un "tassement" ces dernières années, mais "la tendance reste entre 5 et 10 milliards d'euros par an d'excédent", ajoute-t-il.

Du 2e au 6e rang

L'agroalimentaire est le troisième poste d'excédent commercial pour la France, après l'aéronautique/spatial et le secteur chimie/parfums/cosmétique.

Le pays est le premier producteur agricole européen et profite de la réputation de ses produits.

En 2022, selon l'organisme public FranceAgriMer, la France était le 1er pays exportateur mondial de vins et spiritueux, de semences et plants, d'animaux vivants et génétique animale, ainsi que le 4e exportateur de lait et produits laitiers, et de sucre.

"Toutefois, ce qui inquiète, ce n'est pas tant que la France ne soit plus une puissance agricole; c'est qu'elle le soit de moins en moins", d'après un rapport du Sénat sur la "compétitivité de la ferme France" paru en septembre 2022.

La France était cette année-là le 6e exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, avec 4,5% de part de marché, derrière les Etats-Unis, le Brésil, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Chine, selon FranceAgriMer. Elle était 2e en 2000 avec près de 8% de part de marché.

Parmi les facteurs avancés dans le rapport sénatorial pour expliquer le repli de la compétitivité figurent le coût du travail, le degré d'exigence des politiques environnementales, la taille des exploitations en moyenne plus petites que celle des concurrents, une productivité en berne. Et la stratégie de montée en gamme pour atteindre des marchés de niche plus rémunérateurs s'est avérée "être un mauvais calcul", ont conclu les sénateurs.

Les accords de libre-échange, particulièrement décriés lors de la récente fronde des agriculteurs, ne sont pas forcément en cause. Entre l'entrée en vigueur du Ceta en 2017 et l'année 2022, les exportations agroalimentaires vers le Canada ont progressé de 47%, contre 35% au total vers le monde hors UE.

«Exigence très élevée»

C'est surtout auprès des pays européens que la compétitivité de la France s'érode, notamment sous l'impulsion de l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est, souligne Thierry Pouch.

Mais les exportations, affirme le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA), ouvrent de nouveaux débouchés et renforcent la compétitivité des productions. Si elles sont en hausse, alors la production l'est aussi, tout comme les investissements, permettant des économies d'échelle qui, in fine, bénéficient aux consommateurs français.

Les exportations permettent aussi d'écouler les pièces boudées par les consommateurs français, comme les pieds et têtes de cochons en Asie, explique Philippe Dumas, représentant de la fédération professionnelle de la viande Interbev au sein du CNPA.

Quant à de possibles représailles si la France exige des "mesures miroirs" imposant pour les produits importés les mêmes standards de production qu'en Europe, Philippe Dumas balaie les inquiétudes. "Quand on fait de l'export, il faut des agréments" et certains pays comme la Chine "ont déjà des niveaux d'exigence très élevés", affirme-t-il.


Pour le RN, la question stratégique des agriculteurs

Un ouvrier passe devant un hashtag #SIA pour "Salon International de l'agriculture" au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, le 22 février 2024, 2 jours avant son ouverture pour son 60e anniversaire. (Photo, AFP)
Un ouvrier passe devant un hashtag #SIA pour "Salon International de l'agriculture" au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, le 22 février 2024, 2 jours avant son ouverture pour son 60e anniversaire. (Photo, AFP)
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  • A l'occasion du Salon de l'agriculture le Rassemblement national entend quoi qu'il en soit ramasser les fruits de son soutien à la colère paysanne
  • C'est la Coordination rurale, deuxième force syndicale aux élections professionnelles, que le RN courtise plus ou moins discrètement

PARIS: Deux jours de déambulation entre vaches et veaux pour Jordan Bardella dimanche et lundi, une troisième salve assurée par Marine Le Pen dans la semaine: le RN entend investir le Salon de l'agriculture, un thème jugé central à trois mois des Européennes.

Un mois après les grandes manifestations paysannes, le Rassemblement national veut croire que le sujet n'est pas purgé, même si ses prédictions, le mois dernier, d'"une explosion sociale d'importance" avec une "solidarisation avec les routiers" n'est pas véritablement advenue.

Récupération? "Rien à foutre. La solution sera politique, donc, oui, il faut récupérer politiquement", assume un député RN, sûr que le programme de son parti "correspond exactement aux demandes des agriculteurs" et, donc, "que ça (lui) profitera électoralement" lors du scrutin européen du 9 juin.

Un enthousiasme parfois zélé qui n'a pas empêché les faux pas: trois députés RN - Julien Rancoule, Frédéric Falcon et Christophe Barthès - qui avaient fièrement posé aux côtés de manifestants devant une pancarte arborant un message obscène ont été rappelé à l'ordre par les instances du parti. "De la bêtise, de la beaufitude...", peste encore un cadre dirigeant, conscient d'être "sur une ligne de crête".

Déficit électoral

A l'occasion du Salon de l'agriculture le Rassemblement national entend quoi qu'il en soit ramasser les fruits de son soutien à la colère paysanne.

Or, l'ex-Front national, qui compte deux exploitants agricoles dans ses rangs à l'Assemblée nationale, accuse un déficit électoral persistant auprès de cette catégorie professionnelle historiquement attachée à la droite modérée: en 2022, à trois semaines du scrutin présidentiel, Marine Le Pen ne recueillait que 11% d'intentions de vote, presque moitié moins qu'en population générale.

Sur le fond, les stratèges RN estiment désormais que la crise débutée en janvier leur a fait gagner des points. "La confirmation que nous avions vu juste", se réjouit en privé Marine Le Pen, quand ses lieutenants observent la reprise du concept d'"exception agriculturelle" - dont ils revendiquent à tort la paternité, qui revient en fait à la gauche.

"Quand on reprend vos mots, il y a une victoire idéologique", estime pourtant un député RN, esquissant une nouvelle étape de la lepénisation croissante du débat public, notamment incarnée par la loi immigration.

Coordination rurale courtisée 

Sur la forme, le Rassemblement national considère également que "les lignes bougent". La FNSEA, le syndicat majoritaire qui a appelé à voter "contre Marine Le Pen" au second tour de la présidentielle? "Ils n'ont pas maîtrisé le mouvement, ils n'ont pas tenu leurs troupes", lâchait il y a un mois un ponte RN dans un sourire assumé.

Surtout, c'est la Coordination rurale, deuxième force syndicale aux élections professionnelles, que le RN courtise plus ou moins discrètement.

Au Salon de l'agriculture comme dans les innombrables foire agricoles provinciales où Jordan Bardella éprouve régulièrement sa "stratégie du selfie", le patron du RN ne manque jamais le stand de cette organisation qui jure de son "apolitisme" - elle n'avait donné aucune consigne de vote au second tour de la présidentielle.

L'une de ses figures, Serge Bousquet-Cassagne, ne cache d'ailleurs pas sa bienveillance envers les lepénistes, alors que l'un de ses fils fut investi par le parti à la flamme lors d'une législative dans le Lot-et-Garonne en 2013.

Mieux: la présidente de la Coordination, Véronique Le Floc'h, avait fait sensation fin janvier en affirmant que "si tout le monde avait le même discours que (le Rassemblement national), on pourrait aller dans le bon sens".

"Si ce sont nos idées qui sont reprises, je ne vais pas aller dire qu'elles sont mauvaises quel que soit le parti qui les reprend", tempère-t-elle désormais, en disant déplorer que "certains pensent nous atteindre en nous entachant de cette proximité" avec le RN.

L'idée que Mme Le Floc'h puisse figurer sur la liste Bardella pour les Européennes demeure pourtant un objectif assumé de nombre de lepénistes depuis plusieurs semaines. Ce qui n'est, selon elle, pas d'actualité: "A ma connaissance, il n'y a pas eu de démarchage".


Imbroglio autour du débat entre Macron et le monde agricole au Salon de l'Agriculture

Mis sous pression par la FNSEA, l'Elysée a finalement préféré ne pas convier le collectif (Photo, AFP).
Mis sous pression par la FNSEA, l'Elysée a finalement préféré ne pas convier le collectif (Photo, AFP).
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  • L'échange entre Emmanuel Macron et le monde agricole a été plombé avant même son ouverture
  • «Décidément, Macron n’incarne rien d’autre que la confusion, le mépris et le désordre» a réagi Marine Le Pen

PARIS: Mis sous pression par la FNSEA dont le président Arnaud Rousseau a refusé de débattre avec Macron si les Soulèvements de la Terre étaient invités, l'Elysée a finalement préféré ne pas convier à son grand débat le collectif dont le gouvernement voulait la dissolution il y a quelques mois.

Voulu par la présidence sur le modèle des grandes discussions organisées pendant la crise des "gilets jaunes", l'échange entre Emmanuel Macron et le monde agricole a été plombé avant même son ouverture, samedi, au Salon de l'Agriculture.

"L'invitation par le PR [président de la République] au #SIA d'un groupuscule dont la dissolution a été demandée par son propre gouvernement est une provocation inacceptable pour les agriculteurs. J'avais accepté de participer à un débat. Dans ces conditions, je refuse de prendre part à ce qui ne sera qu'une mascarade", a posté sur X dans la soirée de jeudi Arnaud Rousseau, le président du premier syndicat agricole.

L'invitation du collectif, qualifié d'"éco-terroriste" par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, a également provoqué la colère du président des Jeunes Agriculteurs Arnaud Gaillot. "Il n'y a pas de débat possible avec ces gens violents", a-t-il posté sur X, refusant lui aussi de participer.

L'opposition s'est aussitôt engouffrée dans la brèche. "Décidément, Macron n’incarne rien d’autre que la confusion, le mépris et le désordre", a réagi la cheffe de file de l'extrême droite Marine Le Pen. Le président des Républicains Eric Ciotti a lui dénoncé un "+en même temps+ macroniste (...) insupportable".

Après quelques instants de flottement, l'Elysée a finalement décidé de ne pas convier les Soulèvements de la Terre, "pour garantir la sérénité des débats".

Ce débat doit permettre d'"esquisser l'avenir" de la filière, d'après l'Elysée. "L’ensemble des acteurs pourront donner leur point de vue, faire des propositions, confronter des idées", a promis la présidence.

Il doit durer au moins deux heures et est censé réunir les principaux responsables des syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne, etc.), mais aussi des représentants de la grande distribution et des industriels.

Plusieurs responsables d'associations environnementales sont également invités comme le Réseau Action Climat et Générations Futures.

La présidence, qui veut des échanges "ouverts, francs et transparents", "sans filtre", "dans un état d'esprit républicain" a malgré tout été contrainte de plier face à la pression des syndicats agricoles en désinvitant les Soulèvements de la Terre.

«Rien de concret»

Les atermoiements autour de ce débat sont survenus alors que les agriculteurs, en colère depuis plusieurs semaines, maintiennent la pression sur le gouvernement. Une centaine d'entre eux ont manifesté jeudi à Arras à l'appel de la Coordination rurale pour réclamer des "actes".

"Je ne pensais pas encore une fois redescendre dans la rue, je préférerais être dans ma ferme à travailler", mais "des annonces ont été faites et il n'y toujours rien de concret", a déploré par exemple Adrien Spriet, venu garer son tracteur devant la préfecture où une délégation a été reçue dans l'après-midi.

Dans l'Oise, des agriculteurs ont défilé à Beauvais sur 80 tracteurs jusque devant le préfecture. Des opérations escargot ont aussi eu lieu sur les routes de ce département, à l'initiative de 400 agriculteurs, d'après la FDSEA.

"On attend l'intervention du président (Emmanuel Macron) parce que ce qu'a annoncé le Premier ministre Gabriel Attal ne nous satisfait pas", a expliqué Linda Monnier, directrice de la FDSEA de l'Oise.

M. Attal se rendra vendredi en Charente-Maritime où il visitera le marché de Royan puis rencontrera notamment des représentants des agriculteurs.

Agriculteurs espagnols

Mercredi, le Premier ministre a récapitulé les dizaines d'engagements et chantiers déjà lancés pour répondre à la colère du monde agricole.

De nouvelles mesures ont  été annoncées sur les visas des saisonniers étrangers, les pesticides, avec l'abandon d'un indicateur controversé, ou encore la rémunération. Ces déclarations n'ont pas empêché plusieurs actions de protestation un peu partout en France.

Jeudi, une vingtaine d'actions ont eu lieu sur le territoire, dont un tiers engagées depuis mercredi, selon une source policière (blocages de plateformes, bases logistiques, échangeurs autoroutiers…). Des préfectures et sous-préfectures ont aussi été visées.

D'après une source policière, des agriculteurs espagnols envisagent la semaine prochaine des blocages à la frontière avec la France, en espérant être rejoints par des agriculteurs français.