Les troupes russes accentuent encore leurs attaques sur Avdiïvka, selon l'Ukraine

La médecin militaire ukrainienne Vasylyna (à droite), 28 ans, de la 80e brigade d'assaut aérien distincte, soigne un militaire blessé dans une voiture d'évacuation médicale dans une zone non divulguée de la région de Donetsk, le 30 novembre (Photo, AFP).
La médecin militaire ukrainienne Vasylyna (à droite), 28 ans, de la 80e brigade d'assaut aérien distincte, soigne un militaire blessé dans une voiture d'évacuation médicale dans une zone non divulguée de la région de Donetsk, le 30 novembre (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 décembre 2023

Les troupes russes accentuent encore leurs attaques sur Avdiïvka, selon l'Ukraine

  • Ailleurs en Ukraine, le corps sans vie d'un enfant a été extrait des décombres à Novogrodivka
  • L'armée ukrainienne affirme de son côté repousser les attaques russes et infliger de lourdes pertes à son adversaire

KIEV: Les troupes russes ont encore accentué leurs assauts sur la ville d'Avdiïvka, dans l'Est de l'Ukraine, en attaquant depuis deux directions supplémentaires dans le but d'encercler la ville, ont rapporté lundi les autorités locales.

L'armée russe tente de s'emparer de cette cité industrielle fortifiée du Donbass depuis près de deux mois, si bien qu'Avdiïvka est devenu le principal point chaud du front depuis l'échec de la contre-offensive estivale ukrainienne.

Selon son maire, Vitaly Barabach, les assauts russes ont été "beaucoup plus nombreux" ces deux derniers jours, tout comme les bombardements d'artillerie.

"La troisième vague d'assauts de l'ennemi diffère des deux précédentes en ce qu'elle est lancée depuis deux nouvelles directions", a expliqué le responsable ukrainien.

Selon lui, ces assauts visent à "détourner le plus possible l'attention" des soldats ukrainiens, tandis que les forces russes poursuivent en parallèle leurs tentatives d'encercler Avdiïvka par le Sud et le Nord.

"Il est très probable qu'ils attendent des conditions météorologiques plus favorables pour utiliser des équipements militaires dans ces zones", a-t-il dit.

"Le lancement de nouvelles directions prouve que l'ennemi a reçu l'ordre de s'emparer de la ville à tout prix", a-t-il estimé, précisant que 1.295 civils se trouvaient encore dans la ville.

Selon l'Institute for the Study of War (ISW), centre de réflexion basé aux Etats-Unis qui se fonde sur des images géolocalisées, les troupes russes ont "réalisé des avancées confirmées" ces derniers jours dans la zone d'Avdiïvka.

La chaîne Telegram DeepState, proche de l'armée ukrainienne, a fait état dimanche soir d'une situation "tendue" sur le front et de "succès partiels" de l'armée russe près de Stepove, village situé au nord-est d'Avdiïvka.

Pertes 

L'armée ukrainienne affirme de son côté repousser les attaques russes et infliger de lourdes pertes à son adversaire.

Ailleurs en Ukraine, le corps sans vie d'un enfant a été extrait des décombres à Novogrodivka, dans l'Est, après un bombardement russe qui avait touché un immeuble résidentiel mercredi dernier, a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur ukrainien.

A Lougansk, l'une des deux grandes villes du Donbass sous contrôle russe depuis 2014, une frappe de drone ukrainienne a détruit un dépôt de carburant, selon le gouverneur régional ukrainien Artem Lyssogor.

Cette frappe ukrainienne a été confirmée par les autorités d'occupation russe locales à l'agence Ria Novosti, qui ont précisé qu'elle avait provoqué un incendie sans faire de victimes.

La Russie a elle mené dans la nuit une nouvelle série de bombardements, la défense antiaérienne ukrainienne affirmant avoir abattu un missile Kh-59 et 18 des 23 drones tirés.

Les régions méridionales de Kherson et Mykolaïv ont été visées, ainsi que celle d'Ivanov-Frankivsk, Khmelnytski et Lviv (ouest), selon l'armée ukrainienne.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé la semaine dernière à son armée d'"accélérer" la construction de structures défensives sur le front face à la nouvelle offensive russe, au 22e mois de l'invasion.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.