Les membres de la Commission parlementaire d’amitié franco-saoudienne veulent renforcer leur coopération

Au cours de la réunion, les représentants ont discuté des moyens de renforcer la collaboration entre le Conseil et le Parlement dans divers domaines (Photo, AN).
Au cours de la réunion, les représentants ont discuté des moyens de renforcer la collaboration entre le Conseil et le Parlement dans divers domaines (Photo, AN).
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Publié le Mercredi 06 décembre 2023

Les membres de la Commission parlementaire d’amitié franco-saoudienne veulent renforcer leur coopération

  • Les représentants ont discuté des moyens de renforcer la collaboration entre le Conseil et le Parlement dans divers domaines
  • Ils ont également discuté d’autres sujets et questions d’intérêt commun

RIYAD: La Commission parlementaire d’amitié franco-saoudienne du Conseil de la Choura a rencontré une délégation dirigée par Amélia Lakrafi, présidente de la Commission homologue au Parlement français, à Riyad.

Au cours de la réunion, dirigée par Ayman ben Saleh Fadhel, président de la Commission saoudienne, les représentants ont discuté des moyens de renforcer la collaboration entre le Conseil et le Parlement dans divers domaines, a rapporté mardi l’agence de presse saoudienne.

Ils ont souligné la nécessité de renforcer la coopération et l’importance de tirer parti du travail des Commissions d’amitié parlementaires des deux pays pour faciliter et renforcer les projets communs. Les participants ont également discuté d’autres sujets et questions d’intérêt commun, indiquent les responsables.

Walid el-Khuraiji, vice-ministre des Affaires étrangères, s’est également entretenu avec la délégation française; ils ont discuté de la coopération et des efforts en cours pour renforcer la collaboration étroite entre les pays.

Mme Lakrafi a également rencontré le vice-président du Conseil de la Choura, Michal al-Sulami. Les deux dirigeants ont mis en lumière l’importance des relations entre Riyad et Paris, notamment dans le domaine parlementaire.

Amélia Lakrafi a remercié le Royaume pour l’accueil qui lui a été réservé lors de sa visite. Elle a également insisté sur les liens solides et durables entre les deux pays, l’influence et l’importance mondiales du Royaume, ainsi que son rôle dans la promotion de la véritable essence de l’islam à travers le monde.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: les conservateurs sortent gagnants d'élections largement boudées

Des Iraniens ont voté dans un bureau de vote lors des élections pour sélectionner les membres du Parlement et un organe clé du clergé, à Téhéran le 1er mars 2024 (Photo, AFP).
Des Iraniens ont voté dans un bureau de vote lors des élections pour sélectionner les membres du Parlement et un organe clé du clergé, à Téhéran le 1er mars 2024 (Photo, AFP).
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  • Des médias officiels ont estimé que le taux de participation s'était élevé à environ 41%
  • La participation était le principal enjeu de ces élections, considérées comme un test pour le pouvoir

TÉHÉRAN: Les conservateurs vont renforcer leur contrôle du Parlement iranien, selon les résultats partiels des élections de vendredi, marquées par une abstention record en 45 ans de République islamique.

Deux jours après le scrutin, le dépouillement des bulletins de vote s'est poursuivi dimanche, dans l'attente de la proclamation des résultats définitifs par le ministère de l'Intérieur.

D'ores et déjà, des médias officiels ont estimé que le taux de participation s'était élevé à environ 41%.

Le double scrutin destiné à élire les 290 députés et les 88 membres de l'Assemblée des experts, chargée de désigner le guide suprême, a donc mobilisé quelque 25 millions des 61 millions d'électeurs, dans un pays de 85 millions d'habitants. Aucune estimation indépendante n'était disponible.

La participation était le principal enjeu de ces élections, considérées comme un test pour le pouvoir car elles sont les premières depuis le vaste mouvement de contestation ayant secoué le pays à la suite de la mort en septembre 2022 de la jeune Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du strict code vestimentaire du pays.

Les chiffres montrent une tendance à la baisse marquée de la participation, qui s'était élevée à 42,57% aux précédentes législatives de 2020, organisées au début de la crise du Covid. Elle était déjà au plus bas depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Les autorités se sont cependant félicité du niveau de la participation, qui démontre que "le plan de boycott des élections fomenté par des ennemis de l'étranger" n'avait pas fonctionné.

C'est "un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l'Iran après les émeutes" de 2022, a jugé samedi le président Ebrahim Raïssi.

«Appel au réveil»

La presse était dimanche partagée sur les leçons du scrutin.

Le quotidien réformateur Ham Mihan a estimé qu'il représentait "une chute pour le pouvoir", regrettant que "l'âme des élections s'était perdue".

Pour le journal progouvernemental en anglais Iran, le scrutin est "un appel au réveil" pour les autorités, qui doivent "écouter les voix des 36 millions de personnes qui n'ont pas voté pour différentes raisons".

La principale coalition de partis réformateurs, le Front des réformes, avait annoncé son refus de participer à ces "élections dénuées de sens" après la disqualification de nombreux de ses candidats.

Symbole de cette défiance, le chef de file de ce camp, l'ancien président Mohammad Khatami, qui a dirigé le pays entre 1997 et 2005, n'a pas voté pour la première fois.

Avant le scrutin, il avait regretté que l'Iran soit "très éloigné d'élections libres et compétitives", sans appeler au boycott, au contraire d'opposants en exil.

En revanche, l'ex-président Hassan Rohani (2013-2021) s'est rendu dans un bureau de vote malgré la disqualification controversée de sa candidature à l'Assemblée des experts, chargée de désigner le guide suprême.

La principale conséquence de cette forte abstention est que le prochain Parlement sera encore davantage "entre les mains des conservateurs radicaux" qui "ont profité de l'occasion créée par la participation réduite", remarquait le quotidien réformateur Shargh. Le nombre de bulletins nuls et blancs serait par ailleurs supérieur aux précédentes élections, selon certains médias.

Ainsi, à Téhéran, où la participation ne se serait élevée qu'à environ 25% selon certains médias, 12 députés élus vendredi appartiennent tous au courant ultraconservateur, qui défend le gouvernement du président Ebrahim Raïssi.

Les candidats plus modérés ont été battus ou devront passer par un second tour en avril ou mai, qui sera nécessaire pour pourvoir les sièges restants de la capitale.

La majorité composée de conservateurs et d'ultraconservateurs est partisane d'une ligne stricte sur les valeurs de la République islamique et de fermeté vis-à-vis des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec l'Iran.


Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis à Riyad pour discuter de la guerre de Gaza

Réunion ministérielle conjointe entre les ministres des Affaires étrangères du CCG et le ministre égyptien des Affaires étrangères, au siège du Secrétariat général du Conseil de coopération des États arabes du Golfe à Riyad (X/@GCCSG)
Réunion ministérielle conjointe entre les ministres des Affaires étrangères du CCG et le ministre égyptien des Affaires étrangères, au siège du Secrétariat général du Conseil de coopération des États arabes du Golfe à Riyad (X/@GCCSG)
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  • Le ministre égyptien des affaires étrangères Sameh Shoukry a déclaré que ce qui se passe à Gaza est un plan systématique visant à liquider la cause palestinienne
  • Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jasem Mohammed Al-Budaiwi, a fermement réitéré la position collective des nations du CCG, dénonçant les graves violations du droit humanitaire international commises par Israël à Gaza

RIYAD : Le Conseil de coopération du Golfe a tenu sa 159e session ministérielle à Riyad dimanche, tandis que des réunions séparées ont eu lieu avec les ministres des Affaires étrangères de Jordanie, d'Égypte et du Maroc.

Une réunion ministérielle conjointe s’est tenue en marge de la session entre le CCG et le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry, le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi, et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Le ministre égyptien des affaires étrangères Sameh Shoukry a déclaré que ce qui se passe à Gaza est un plan systématique visant à liquider la cause palestinienne. Il a ajouté que "les solutions sécuritaires au conflit n'ont apporté que la destruction à la région, et l'escalade à Gaza s'est étendue à la mer Rouge et à Bab al-Mandab"

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jasem Mohammed Al-Budaiwi, a fermement réitéré la position collective des nations du CCG, dénonçant les graves violations du droit humanitaire international commises par Israël à Gaza, en particulier le fait que les civils soient systématiquement et directement pris pour cible. M. Al-Budaiwi a également souligné la nécessité immédiate d'un cessez-le-feu.

M. Al-Budaiwi a également rappelé que le CCG rejetait toute mesure susceptible d'affecter le droit de l'Égypte sur les eaux du Nil et a insisté sur la nécessité de parvenir à un accord sur le barrage de la Renaissance.


L'IA, en appui d'Israël dans ses frappes à Gaza, remise en question

Un enfant palestinien porté par un homme regarde les gens fouiller les décombres de la maison de la famille Abu Anza détruite par une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2024. (Photo par Said Khatib AFP)
Un enfant palestinien porté par un homme regarde les gens fouiller les décombres de la maison de la famille Abu Anza détruite par une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2024. (Photo par Said Khatib AFP)
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  • Le chef d'état-major à l'époque, Aviv Kochavi, déclarait l'an dernier au site d'information israélien Ynet que l'IA avait permis de générer «100 nouvelles cibles chaque jour», contre «50» par an dans la bande de Gaza «dans le passé»
  • Mais un ancien officier des renseignements israéliens soutenait en novembre au journal d'investigation israélo-palestinien indépendant «+972 Magazine» que cette technologie était en train de se transformer en «une fabrique d'assassinats de masse»

PARIS : L'armée israélienne affirme que l'intelligence artificielle (IA) l'aide à cibler les combattants du Hamas dans la bande de Gaza en guerre mais des experts s'interrogent, alors que le nombre de victimes civiles ne cesse de grimper.

Depuis le début de la guerre il y a près de cinq mois, déclenchée par une attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien, les opérations militaires israéliennes en représailles ont fait plus de 30.300 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

Israël affirme avoir «éliminé 10.000 terroristes». L'armée, qui n'a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire, a toujours assuré ne frapper «que des cibles militaires» et prendre «les mesures possibles pour atténuer les dommages aux civils».

«Soit l'IA est aussi performante que ce qui est avancé et l'armée israélienne n'a cure des dommages collatéraux, soit l'IA n'est pas aussi performante qu'on le dit», remarque face à cet écart numérique Toby Walsh, professeur d'Intelligence artificielle à l'Université New South Wales, en Australie, interrogé par l'AFP.

- «Attaques précises» -

L'armée israélienne revendique avoir mené la «première guerre par l'IA» durant onze jours en mai 2021 à Gaza. Le chef d'état-major à l'époque, Aviv Kochavi, déclarait l'an dernier au site d'information israélien Ynet que l'IA avait permis de générer «100 nouvelles cibles chaque jour», contre «50» par an dans la bande de Gaza «dans le passé».

L'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël a causé la mort d'au moins 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

D'après un blog du site de l'armée, plus de 12.000 cibles ont ensuite été identifiées en 27 jours, grâce à la technologie d'IA nommée Gospel. D'après un responsable cité anonymement, cet outil a sélectionné des cibles «pour des attaques précises des infrastructures associées au Hamas, infligeant des dommages importants à l'ennemi, tout en causant à ceux non impliqués le moins de tort possible».

Mais un ancien officier des renseignements israéliens s'exprimant sous couvert de l'anonymat soutenait en novembre au journal d'investigation israélo-palestinien indépendant «+972 Magazine» que cette technologie était en train de se transformer en «une fabrique d'assassinats de masse».

Citant une source dans les renseignements, le journal rapporte que Gospel avalait quantité de données, plus rapidement que «des dizaines de milliers d'agents du renseignement», et permettait d'identifier en temps réel des sites pouvant être des lieux de résidence de combattants supposés. Le type de données et les critères de ciblage n'étaient pas détaillés.

Plusieurs experts indiquent à l'AFP que l'armée peut nourrir l'outil avec des images venant de drones, des messages sur les réseaux sociaux, des informations recueillies sur le terrain par des espions, des localisations téléphoniques, notamment.

Une fois une cible sélectionnée, la technologie peut utiliser les sources officielles concernant la population pour estimer la probabilité de dommages aux civils.

- «Données douteuses» -

Mais pour Lucy Suchman, professeur d'anthropologie des sciences et technologies à l'université de Lancaster, au Royaume-Uni, l'idée que davantage de données produirait un meilleur ciblage est fausse.

Les algorithmes sont entraînés pour trouver des motifs répétés dans les données. Chaque motif précédemment identifié comme cible peut donc générer une nouvelle cible, explique-t-elle. Les «hypothèses discutables» dans l'interprétation des données risquent ainsi d'être amplifiées.

«En d'autres termes, plus il y a de données douteuses, plus le système est mauvais», d'après elle.

Les Israéliens ne sont pas les premiers à déployer des méthodes de ciblage automatisées sur les terrains de guerre.

Pendant la guerre du Golfe en 1990-1991, l'armée américaine a eu recours aux algorithmes pour améliorer ses frappes. Elle a aussi travaillé avec les outils d'analyse de données de la société Palantir à l'occasion de la guerre en Afghanistan lancée après les attentats du 11 septembre 2001.

En 1999 au Kosovo, durant la campagne de bombardement des cibles militaires serbes, l'Otan a commencé à utiliser les algorithmes pour évaluer le nombre de victimes civiles potentielles.

Ces technologies sont-elles, pour autant, dignes de confiance?

Même si l'armée israélienne est «l'une des plus pointues technologiquement», «les chances qu'elle utilise l'IA avec un tel degré de sophistication et d'autonomie sont très faibles», estimait l'analyste Noah Sylvia pour le centre de réflexion britannique sur la défense Rusi, le mois dernier. Et d'ajouter que les humains devraient encore recouper tout résultat.