A la frontière franco-britannique, des mineurs étrangers «plus vulnérables que les vulnérables»

Un migrant court dans un camp de fortune dans la ville de Calais, dans le nord de la France, le 7 novembre 2023. (AFP)
Un migrant court dans un camp de fortune dans la ville de Calais, dans le nord de la France, le 7 novembre 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 décembre 2023

A la frontière franco-britannique, des mineurs étrangers «plus vulnérables que les vulnérables»

  • A Calais, les associations comptent environ 130 mineurs non accompagnés, souvent entre 15 et 17 ans
  • Les associations dénoncent les difficultés pour ces mineurs d'accéder à une protection, en dépit des obligations prévues par la Convention internationale des droits de l'enfant

CALAIS: Dans le nord de la France, plus d'une centaine de mineurs étrangers isolés vivent dans des campements insalubres à des milliers de kilomètres de leur famille. Des adolescents en "grande détresse psychologique" qui tentent chaque nuit de rejoindre l'Angleterre au péril de leur vie.

Khaled, 17 ans, vit seul dans un bois de Calais, derrière une voie ferrée. Sa tente entourée de détritus s'enfonce dans la boue, ses vêtements peinent à sécher sur des branches humides.

"Et tous les matins, on doit remballer nos affaires" lors des expulsions répétées des autorités, souffle le jeune soudanais arrivé là il y a une semaine, après l'Italie, la Tunisie et la Libye.

Chaque soir, il tente de passer la frontière en grimpant sur des camions. "Impossible", pense-t-il, mais "pour le bateau il faut au moins 800-1.000 euros et je n'ai rien".

A Calais, les associations comptent environ 130 mineurs non accompagnés, souvent entre 15 et 17 ans.

Depuis juillet, l'ONG Médecins sans frontières les accueillent dans un centre de jour, un lieu de répit pour créer du lien, se reposer, jouer et rencontrer travailleurs sociaux, infirmière et psychologue.

De jeunes soudanais y rechargent leur téléphone et font défiler des vidéos sur TikTok. Certains lisent les documents de l'association expliquant les dangers liés au passage clandestin.

"Je n'ai pas peur, nous sommes déjà arrivés jusqu'ici, on va continuer à avancer", dit Nasser. "C'est l'aventure", sourit à ses côtés Ahmed, 16 ans.

Originaire du Darfour, l'adolescent veut "rejoindre des proches" en Angleterre et "y recommencer sa vie". En France, il ne "connaît personne" et la langue est "trop difficile".

Aucun ne veut expliquer pourquoi ils sont seuls sur les routes de l'exil.

Dans un rapport de 2017, le Sénat évoque plusieurs profils: les "exilés" fuyant un conflit, les "mandatés" envoyés par la famille, les "exploités", ou encore les "fugueurs", fuyant leur milieu de vie.

«Désillusion»

"J'ai 17 ans, mais j'ai déjà des cheveux blancs avec ce que j'ai vécu", rigole Niamatoullah, un Afghan venu s'entretenir avec la psychologue.

Il attend une météo favorable pour traverser en bateau. "La vie est compliquée ici, on a de la boue jusqu'aux genoux, et la police prend tout le temps nos affaires."

Les mineurs non accompagnés (MNA) "sont en grande détresse psychologique", pointe Chloé Hannebouw, psychologue chez MSF.

"La rupture avec le pays d'origine et la famille utilise beaucoup de capacités d'adaptation dans une période de la vie qui est déjà en mouvement: l'adolescence", explique-t-elle.

En outre, "il existe un décalage entre ce qu'ils attendent de l'Europe et les conditions dans lesquelles ils vivent ici à Calais, c'est la désillusion".

Ces jeunes sont aussi "plus susceptibles d'être victimes de traite" notamment "quand il y a des dettes" liées au passage, explique Jérémy Ribeiro E Silva, de l'ONG Ecpat.

"Ils sont plus vulnérables que les vulnérables", résume Ali Besnaci, coordinateur du projet de MSF à Calais.

Dispositif «inadapté»

Le Département du Pas-de-Calais, responsable de la prise en charge des MNA, propose un centre d'urgence à Saint-Omer. Mais d'une capacité d'une trentaine de places, il est "saturé" et "inadapté" regrette M. Besnaci.

Les associations dénoncent les difficultés pour ces mineurs d'accéder à une protection, en dépit des obligations prévues par la Convention internationale des droits de l'enfant.

A Loon-Plage, à l'est de Calais, une Soudanaise de 16 ans s'entretient avec une travailleuse sociale de la Croix-Rouge, Jeanne Hogard, entre légèretés et conseils sérieux.

"Conduire le bateau, c'est considéré comme un crime", "Tu connais le numéro des secours ? Tu sais te géolocaliser ?", questionne l'éducatrice.

"On travaille dans l'urgence, parfois on réduit d'abord les risques à la traversée, et on répond à leurs besoins primaires", explique Christelle Barbe, responsable de la mission MNA de La Croix Rouge sur le littoral.

Quand le lien de confiance est créé, ils abordent leur situation personnelle et leurs droits. Ils "ont des fausses idées sur le Royaume-Uni, on leur donne une information juste", relate Mme Barbe.

Malgré tout, la plupart gardent les yeux rivés sur l'Angleterre et face aux voies d'accès légales "trop longues", ils préfèrent "prendre le risque de traverser en bateau parce que c'est plus rapide", regrette-t-elle.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.