Macron veut «transformer» la recherche et ouvrir «l'acte 2 de l'autonomie» des universités

Le président français Emmanuel Macron fait des gestes alors qu'il s'exprime lors d'une réunion avec plus de 300 membres de la communauté de la recherche, sur la vision de l'avenir de la recherche française à l'Elysée présidentielle à Paris, le 7 décembre 2023. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)
Le président français Emmanuel Macron fait des gestes alors qu'il s'exprime lors d'une réunion avec plus de 300 membres de la communauté de la recherche, sur la vision de l'avenir de la recherche française à l'Elysée présidentielle à Paris, le 7 décembre 2023. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)
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Publié le Jeudi 07 décembre 2023

Macron veut «transformer» la recherche et ouvrir «l'acte 2 de l'autonomie» des universités

  • L'acte un de l'autonomie, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait donné lieu à un long bras de fer
  • Emmanuel Macron a reconnu que «nous avons vécu des moments difficiles ces dernières années»

PARIS: Emmanuel Macron a annoncé jeudi vouloir, "d'ici dix-huit" mois, "transformer" l'organisation de la recherche française et ouvrir "l'acte 2 de l'autonomie" des universités, dans le cadre d'une "vraie révolution" pour remédier à un "morcellement" qui affaiblit la position mondiale des chercheurs hexagonaux.

"Je souhaite que nous réussissions à transformer nos grands organismes nationaux de recherche", comme le CNRS, l'Inserm ou l'Inrae, "en de vraies agences de programmes", qui soient "stratèges" dans leur domaine, a déclaré le chef de l'Etat lors d'une réunion à l'Elysée avec plusieurs dizaines de chercheurs.

Il a énuméré les spécialités dévolues aux organismes transformés: climat, biodiversité et sociétés durables au Centre national de la recherche scientifique (CNRS); santé à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm); agriculture, alimentation durable, forêt et ressources naturelles associées pour l'Institut national de la recherche agronomique (Inrae); énergie décarbonée au Commissariat à l'énergie atomique (CEA); numérique logiciel à l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria): spatial au Centre national d'études spatiales (Cnes).

Parallèlement il a plaidé pour donner davantage "d'autonomie" aux universités pour qu'elles "organisent et gèrent la recherche" au niveau local, selon une "logique de site".

"Ce que je leur propose, c'est d'ici à dix-huit mois d'ouvrir l'acte deux de l'autonomie et d'aller vers la vraie autonomie", impliquant de "vrais contrats pluriannuels" et "une gouvernance réformée", a-t-il lancé.

"Il faut avancer sans tabou" sur "les enjeux de gouvernance, de modèle économique et, en effet, bâtir des vrais contrats d'objectifs, de moyens et de performance avec des financements beaucoup plus incitatifs", a-t-il ajouté.

L'acte un de l'autonomie, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait donné lieu à un long bras de fer.

Conscient de cet écueil, Emmanuel Macron a plaisanté sur le fait que sa ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Sylvie Retailleau, lui avait "interdit de prononcer le mot" de "statut" pour les personnels car le modifier serait "tout de suite la bronca". "Tout le monde va se mettre en travers, on n'arrivera à rien faire", a-t-il acquiescé. "Donc je n'ai pas dit qu'on allait réformer les statuts", a-t-il ajouté, suscitant les rires du parterre de chercheurs.

Après avoir vanté le bilan des efforts faits depuis sa première élection en 2017 pour remettre la recherche française sur les rails après des décennies de "désinvestissement trop important", Emmanuel Macron a reconnu que "nous avons vécu des moments difficiles ces dernières années".

A cet égard, il a évoqué l'"étrange défaite" du vaccin contre la Covid, la France ayant découvert le principe de l'ARN messager mais n'ayant pas su mettre au point le remède.

Il a déploré le "morcellement désordonné" du système de recherche qui "nous prive de nous concentrer sur de grands défis partagés, nous empêche d’être réactifs en cas d’urgence et diminue notre capacité parfois d'être attractif aussi dans le monde".


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.