La candidate musulmane au Congrès américain affirme que les Américains veulent voir de l'humanité dans les réactions à la guerre à Gaza

Mahnoor Ahmad. (X: @ahmadforhouse)
Mahnoor Ahmad. (X: @ahmadforhouse)
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Publié le Dimanche 10 décembre 2023

La candidate musulmane au Congrès américain affirme que les Américains veulent voir de l'humanité dans les réactions à la guerre à Gaza

  • Mahnoor Ahmad accuse son adversaire aux élections primaires démocrates, Sean Casten, actuellement en fonction, de ne pas répondre aux préoccupations arabes et musulmanes
  • Elle dit vouloir s'assurer que tous les habitants de son district de l'Illinois — Chrétiens, Musulmans et Juifs — soient représentés de manière égale, et que leurs préoccupations soient prises en compte

CHICAGO: Mahnoor Ahmad, candidate musulmane au Congrès américain, a déclaré que la nécessité de «davantage d’humanité» dans la réaction à la guerre israélienne contre Gaza était une question majeure de sa campagne.

Elle a affirmé à Arab News qu’elle entendait de plus en plus d’Américains dire qu’ils voulaient un cessez-le-feu à Gaza, que cela n’avait rien à voir avec leur politique, et que des innocents étaient victimes «du pire que pouvait produire l’humanité.»

Elle n'a pas peur de dire ce qui doit être dit pour contribuer à instaurer la paix et mettre fin à la violence, a-t-elle ajouté, accusant son adversaire dans les élections primaires du Parti démocrate pour le 6e district congressionnel de l'Illinois, qui doivent avoir lieu le 19 mars de l'année prochaine, de ne pas vouloir faire de même.

«Nous ne pouvons pas simplement nous détourner», a déclaré Mahnoor Ahmad. «Cela est devenu honteux au niveau international. Des voix s’élèvent partout dans le monde contre ce que fait le gouvernement israélien. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Le maintien du statu quo à l’heure actuelle est intolérable. Rien de bon ne peut en émerger.

«C’est quelque chose que nous devons aborder en tant qu’êtres humains. C’est une question de droits humains. Il ne s’agit pas ici de Juifs ou de Musulmans, ni de la Palestine ou d’Israël. Cela n’a plus rien à voir avec ça. Cela va bien au-delà. C’est une question qui doit être résolue de manière pacifique.

«Et en tant qu’États-Unis, pays démocratique, nous devrions être ceux qui entreprennent cela. Nous devrions être ceux qui disent que nous représentons la paix. Nous sommes un véritable État démocratique, et nous ne prendrons pas part aux bombardements continus contre des enfants ou des femmes.»

Qualifiant d’«horrifiantes» les images de violence contre les Palestiniens et les Israéliens depuis le début du conflit le 7 octobre, elle a déclaré: «Est-ce le plan, de continuer à bombarder ces enfants, ces femmes? Plus de la moitié, voire les deux tiers d’entre eux sont des enfants.

Mahnoor Ahmad a repoussé toute allégation selon laquelle elle serait anti-israélienne, pro-Hamas ou opposée à la paix. Le 6e district du Congrès, où elle espère siéger à la Chambre des représentants, compte l'une des plus grandes concentrations d'Arabes et de Musulmans du pays, a-t-elle déclaré, et mérite une représentation adéquate.

Sa famille s’est installée aux États-Unis quand elle avait sept ans. Elle a obtenu une maîtrise en santé de la Purdue University. Son père est pakistanais, et sa défunte mère était Arabe.

Son adversaire à la primaire démocrate, Sean Casten, actuellement en fonction, a soutenu la résolution 888 de la Chambre des Représentants, qui affirme «le droit d’Israël à exister» et associe la critique de l’État israélien à une forme d’antisémitisme. La résolution excluait toute référence aux droits palestiniens, arabes ou musulmans. Il a soutenu les appels à une «trêve» dans la campagne militaire israélienne contre le Hamas à Gaza, qui a jusqu’à présent coûté la vie à plus de 16 000 personnes, dont environ 6 000 femmes et enfants, selon les autorités palestiniennes.

Mahnoor Ahmad a déclaré qu’en ignorant les souffrances de «tous les civils», israéliens et palestiniens, Casten est déconnecté des habitants de son district et de «l’humanité.»

Elle l'a également accusé d’être «insensible» aux préoccupations de ses électeurs sur d'autres problèmes qui les touchent de près, notamment les coûts élevés des soins de santé.

Elle a affirmé que son objectif était de veiller à ce que «chaque personne de toute race, religion et ethnie» puisse venir à son bureau et soit libre de s’exprimer sur la nécessité de davantage d’humanité, s’agissant ainsi de toute une série de questions.

«Je fais partie à 100 % du peuple, en particulier des habitants du district, refusant de prendre de l'argent des entreprises, et me dévouant entièrement aux gens, que je dois écouter», a-t-elle soutenu. «Ce ne sont pas les entreprises que vous devriez écouter.

«Lorsque nous sommes élus, nous représentons le peuple, et lorsque vous représentez le peuple, cela doit être de bout en bout: tout le monde, sans distinction de race, de religion, d’origine ethnique ou nationale. Je parlerai et écouterai tout le monde dans le district.

«J'ai grandi dans cette région. C'est ma maison. C'est mon district, ce sont les gens avec qui je vis. Pour moi, ce ne sont pas seulement des électeurs, ce sont de vraies personnes avec lesquelles je suis profondément connectée.»

Elle a précisé que même si la crise humanitaire à Gaza et le meurtre de civils constituaient actuellement une préoccupation majeure, en tant que membre potentielle du Congrès, elle est également très préoccupée par les problèmes locaux et internationaux, notamment la criminalité, les soins de santé, l'économie, l'environnement et le changement climatique.

Les soins de santé en particulier constituent un problème majeur qui n'a pas encore été pleinement résolu dans le 6e district ou à l'échelle nationale, a-t-elle ajouté. Ils doivent être plus abordables pour tous les résidents, en particulier pour les personnes âgées, car actuellement, les coûts des médicaments et des traitements sont souvent hors de portée pour un grand nombre d’Américains.

«Les gens ne peuvent pas se les permettre», a-t-elle expliqué. «Les personnes âgées ne peuvent pas se permettre des soins dentaires, qui peuvent coûter des milliers de dollars par mois. Il y a des personnes âgées qui ressentent de la douleur et ne peuvent pas recourir au traitement de cette douleur, mais ont recours à des médicaments pour la soulager… ce sont des problèmes graves dans notre district et nous devons être plus actifs pour les résoudre.»

Il y a une «crise de la santé» en Amérique, a indiqué Mahnoor Ahmad, ajoutant: «Le Congrès devrait approuver cette législation, et non bloquer les lois qui pourraient étendre les soins de santé aux citoyens confrontés à une crise sanitaire… nous devons élire des personnes dont les mains ne sont pas liées aux industries de la santé, des entreprises ou quelque chose dans le genre, et votent «non» contre toutes les bonnes lois, afin que nous puissions faire quelque chose concernant cette crise de la santé.»

Sean Casten a contribué à bloquer une législation qui pourrait étendre l’accès à des soins de santé abordables, a-t-elle ajouté.

Elle appuie également des modifications de la loi visant à empêcher la «double imposition» des prestations de sécurité sociale versées aux personnes âgées, ce que selon elle, Casten n’a pas soutenu.

Elle a indiqué que les personnes âgées étaient «frustrées» par l’incapacité du Congrès à répondre pleinement à leurs préoccupations, ajoutant: «Nous devons véritablement veiller sur nos concitoyens âgés. Ce sont nos parents. Nous devons les garder en bonne santé. C’est une communauté vulnérable.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Etats-Unis et Iran échangent des frappes

Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
  • L’Iran affirme avoir visé des cibles américaines dans le Golfe en riposte aux frappes américaines contre des sites militaires iraniens, après une attaque contre un navire dans le détroit d’Ormuz
  • Malgré cette escalade, le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont dévoilé un accord-cadre entre Israël et le Liban pour une paix durable

TEHERAN: L'Iran a affirmé samedi avoir riposté, en attaquant des cibles américaines dans le Golfe, à des frappes menées la veille par Etats-Unis contre son territoire.

Les frappes américaines, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, ont été lancées à la suite de l'attaque d'un navire commercial ayant franchi le détroit d'Ormuz la veille et attribuée à l'Iran par les Etats-Unis.

"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que ça", ont averti les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, cités par la télévision d'Etat Irib.

De son côté, l'armée américaine avait annoncé avoir "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran", en réponse "à l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit d'Ormuz". Elle a ensuite publié sur X une vidéo de sa frappe contre l'Iran.

La télévision d'Etat iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion et d'un impact de projectile sur un quai de la ville de Sirik, dans le sud du pays, ainsi que plusieurs tirs d'avertissement visant ce que Téhéran qualifie de "navires en infraction" dans le détroit d'Ormuz.

"Le port de Sirik n'a subi aucun dommage lors de l'attaque ennemie", a plus tard indiqué un responsable des ports de la région d'Hormozgan, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

Le vice-président américain JD Vance a écrit sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.

"Vous verrez bien", a-t-il répondu de manière évasive aux questions sur une éventuelle réponse militaire américaine.

 

- Accord-cadre entre Liban et Israël -

 

Des navires ont néanmoins continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, que l'Iran a rouvert suite au protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

Et plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués jusque-là, selon l'OMI.

Sur l'autre front, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.

 

- "Vers une guerre civile" -

 

Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.

Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.

"L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent: cela ne vous regarde pas", a-t-il considéré.

L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi son président Joseph Aoun.

Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué dans leurs communications la question du désarmement du Hezbollah.

Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, le mouvement pro-iranien armé très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.

Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban - sur l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.