L'Ukraine s'alarme d'un blocage de l'UE sur son avenir européen

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s'adresse à une conférence de presse avec le haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité après leur rencontre, au siège de l'UE à Bruxelles, le 28 novembre 2023. (Photo de JOHN THYS / AFP)
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s'adresse à une conférence de presse avec le haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité après leur rencontre, au siège de l'UE à Bruxelles, le 28 novembre 2023. (Photo de JOHN THYS / AFP)
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Publié le Lundi 11 décembre 2023

L'Ukraine s'alarme d'un blocage de l'UE sur son avenir européen

  • Budapest refuse toujours que les 27 ouvrent des négociations en vue d'une adhésion de l'Ukraine
  • Kiev attend aussi que l'UE poursuive son soutien à son effort de guerre, et espère le déblocage d'une aide de 50 milliards d'euros sous forme de dons et de prêts

BRUXELLES: A trois jours d'un sommet européen crucial qui doit décider de la suite de son parcours vers l'UE, l'Ukraine s'inquiète d'une absence de consensus parmi les 27, sur fond de cavalier seul de la Hongrie.

"Je ne peux pas imaginer (...) les conséquences dévastatrices si le Conseil européen échouait à prendre une décision, non seulement pour l'Ukraine mais aussi pour l'élargissement" de l'Union européenne, a lancé lundi à Bruxelles le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba avant une réunion de ses homologues de l'UE.

"Nous avons fait notre part du travail. Nous attendons de l'Union européenne qu'elle fasse la sienne!", a-t-il martelé.

Budapest refuse toujours que les 27 ouvrent des négociations en vue d'une adhésion de l'Ukraine, jugeant que ce pays en guerre contre la Russie n'est pas prêt.

Kiev attend aussi que l'UE poursuive son soutien à son effort de guerre, et espère le déblocage d'une aide de 50 milliards d'euros sous forme de dons et de prêts, ainsi que celui d'une aide militaire de 5 milliards d'euros.

Mais là encore, la Hongrie s'obstine dans son refus, en dépit d'une très forte pression de ses partenaires.

"Nous devons prendre des décisions stratégiques et nous engager en faveur d'une victoire de l'Ukraine. Si nous ne le faisons pas, le prix sera incroyablement élevé", a ainsi jugé le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis.

Message d'unité

Le président russe Vladimir Poutine "essaie de créer un nouvel élan dans sa guerre contre l'Ukraine", a averti de son côté le patron de la diplomatie européenne Josep Borrell, à l'issue de la réunion.

Ce n'est donc pas le moment de réduire le soutien européen à l'Ukraine, ce qu'ont reconnu une majorité de ministres lundi, a-t-il assuré.

L'opposition affichée par la Hongrie inquiète et laisse perplexes plusieurs pays européens qui s'interrogent sur ses motivations profondes.

Le président du Conseil européen Charles Michel, le président français Emmanuel Macron, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, dont le pays assure la présidence semestrielle de l'UE, ont tous essayé de convaincre Viktor Orban de la nécessité de soutenir l'Ukraine et empêcher que Vladimir Poutine ne gagne sa "guerre d'agression".

Et lundi, le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé ses partenaires européens à envoyer un "message" d'unité au président russe sur le soutien à l'Ukraine.

En vain pour l'instant.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rencontré Viktor Orban à Buenos Aires ce week-end, en marge de l'investiture du nouveau président argentin Javier Milei.

Lundi, à Bruxelles, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a dénoncé une "pression extraordinaire exercée aux niveaux politique et médiatique" pour pousser la Hongrie à accepter l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE de l'Ukraine.

«Contre l'Europe»

"C'est inacceptable!", a-t-il lancé, répétant que Kiev ne remplissait pas à ses yeux les conditions nécessaires. Il s'est longuement enretenu avec son homologue ukrainien, qui ne l'a semble-t-il pas convaincu.

"La proposition (d'ouvrir des négociations d'adhésion) n'a pas été bien préparée: la Commission européenne n'a pas la moindre idée de l'impact que l'adhésion de l'Ukraine à l'UE aurait sur l'ensemble de la communauté", a ainsi affirmé le ministre hongrois.

Plusieurs pays européens veulent encore croire au bluff de la part de Budapest qui attend de ses partenaires le versement de près de 22 milliards d'euros gelés pour cause de manquements à l'Etat de droit.

Dix milliards d'euros pourraient être débloqués cette semaine, juste avant le début jeudi du sommet des dirigeants de l'UE.

Kiev a également adopté une loi protégeant les droits des minorités en Ukraine, dont la minorité hongroise, que Budapest réclamait avant tout accord sur l'ouverture de négociations d'adhésion, a souligné lundi M. Kuleba.

Il n'est toutefois pas certain que cela suffise à convaincre Viktor Orban, dont certains redoutent qu'il aille jusqu'au bout.

"La seule façon dont je lis la position hongroise, et pas seulement sur l'Ukraine, c'est qu'elle est contre l'Europe et tout ce que l'Europe signifie", a lancé, très amer, le ministre lituanien Landsbergis.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.