Turquie: un arbitre lynché, le championnat de football suspendu

L'arbitre turc Halil Umut Meler montre le carton rouge au défenseur brésilien Robert Renan (hors cadre) lors du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde U-20 Argentine 2023 entre le Brésil et la Tunisie au stade Estadio Unico Diego Armando Maradona à La Plata, Argentine, le 31 mai 2023. (AFP).
L'arbitre turc Halil Umut Meler montre le carton rouge au défenseur brésilien Robert Renan (hors cadre) lors du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde U-20 Argentine 2023 entre le Brésil et la Tunisie au stade Estadio Unico Diego Armando Maradona à La Plata, Argentine, le 31 mai 2023. (AFP).
Short Url
Publié le Mardi 12 décembre 2023

Turquie: un arbitre lynché, le championnat de football suspendu

  • Tombé au sol, l'arbitre s'est roulé en boule pour se protéger mais a reçu dans la foulée plusieurs coups de pied au visage
  • La Fédération turque de football (TFF) a elle décidé "le report sine die" de toutes les rencontres du championnat en réaction à cet incident qui réveille le spectre de la violence dans le football turc

ISTANBUL: Un arbitre d'une rencontre du championnat de football de Turquie a été roué de coups lundi par plusieurs hommes, dont le président du club d'Ankaragücü, un incident grave qui a provoqué la suspension du championnat de première division jusqu'à nouvel ordre.

Selon des images diffusées en direct à la télévision, le dirigeant du club d'Ankara, Faruk Koca, s'est précipité sur la pelouse à l'issue du match entre Ankaragücü et Rizespor avant d'asséner un coup de poing au visage de l'arbitre de la rencontre, Halil Umut Meler.

Rizespor venait d'égaliser (1-1) quelques instants plus tôt dans le temps additionnel sur le terrain d'Ankaragücü, qui s'était vu refuser un but plus tôt dans le match.

Tombé au sol, l'arbitre s'est roulé en boule pour se protéger mais a reçu dans la foulée plusieurs coups de pied au visage, donné par au moins deux autres hommes, vraisemblablement membres de l'équipe locale.

Selon les médias turcs, Halil Umut Meler, tuméfié sous l'oeil gauche, a été transféré à l'hôpital.

Le ministre de l'Intérieur, Ali Yerlikaya, a annoncé sur le réseau social X l'interpellation de trois hommes, dont le président du club d'Ankaragücü.

Émoi et indignation en Turquie après l'agression d'un arbitre

Preuve de l'extrême résonance de cet acte de violence, le président turc Recep Tayyip Erdogan a réagi. "Je condamne l'attaque contre l'arbitre Halil Umut Meler (...) Nous ne permettrons jamais que la violence s'immisce dans le sport turc", a-t-il écrit sur X.

Dénonçant une "soirée noire" pour le football turc, l'Association turque des arbitres a elle appelé ses membres à exercer leur droit de retrait.

"Nous croyons, ou voulons croire, que les responsables du football turc et de la justice turque prendront toutes les mesures pénales nécessaires", écrit l'association dans un communiqué.

"Nous présentons nos excuses aux supporters (...) et à l'ensemble de la communauté sportive pour ce triste incident", a indiqué le club d'Ankaragücü.

L'AKP, le parti islamo-conservateur du président Erdogan, a pour sa part lancé une procédure d'exclusion à l'encontre de Faruk Koca, selon la chaîne publique turque TRT Haber.

M. Koca avait été élu deux fois député AKP en 2002 et 2007.

La Fédération turque de football (TFF) a elle décidé "le report sine die" de toutes les rencontres du championnat en réaction à cet incident qui réveille le spectre de la violence dans le football turc.

"Nous condamnons fermement l'attaque inhumaine et méprisable contre Halil Umut Meler (...) et souhaitons un prompt rétablissement à notre précieux arbitre", a indiqué la fédération.

Cité par l'agence de presse étatique turque Anadolu, le médecin-chef de l'hôpital Acibadem d'Ankara, où a été transporté l'arbitre, a indiqué que celui-ci souffrait d'un traumatisme crânien.

"Son pronostic vital n'est pas engagé. Il y a un saignement autour de l'œil gauche et une petite fissure à cet endroit", a détaillé le Dr. Mehmet Yörübulut.

Plusieurs championnats européens (Grèce, France...) ont été secoués récemment par des violences, mais l'agression d'un arbitre par des membres ou des dirigeants d'un club professionnel reste rarissime.

Les matches du championnat de Grèce de football se disputeront ainsi à huis clos jusqu'au 12 février pour tenter d'endiguer les violences qui émaillent régulièrement ce sport, a annoncé lundi le gouvernement grec.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

Short Url
  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

Short Url
  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Short Url
  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.