Pologne: Tusk, de retour au pouvoir, appelle à une UE puissante et au soutien à l'Ukraine

Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk (Photo, AFP).
Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 décembre 2023

Pologne: Tusk, de retour au pouvoir, appelle à une UE puissante et au soutien à l'Ukraine

  • Par 248 voix contre 201, les députés de la chambre basse ont apporté mardi soir leur soutien au gouvernement pro-européen de Donald Tusk
  • Il doit désormais être investi par le président Andrzej Duda lors d'une cérémonie qui aura lieu mercredi et refermera les huit années au pouvoir des nationalistes populistes du parti Droit et Justice

VARSOVIE: Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé mardi l'Occident à maintenir son soutien à l'Ukraine et livré un plaidoyer pro-européen lors de son discours de politique générale, à l'issue duquel son gouvernement a obtenu la confiance du Parlement.

Par 248 voix contre 201, les députés de la chambre basse ont apporté mardi soir leur soutien au gouvernement pro-européen de M. Tusk, qui a déjà été Premier ministre en Pologne entre 2007 et 2014.

Il doit désormais être investi par le président Andrzej Duda lors d'une cérémonie qui aura lieu mercredi et refermera les huit années au pouvoir des nationalistes populistes du parti Droit et Justice (PiS).

Dans son discours devant les députés, le dirigeant de 66 ans a appelé le monde à "une mobilisation totale" en faveur de l'Ukraine face à l'offensive russe et a assuré d’œuvrer "de manière efficace en faveur de Kiev".

"Dans quelques dizaines d'heures, je me rendrai à Bruxelles (au sommet européen, ndlr), avec l'espoir (...) de persuader nos alliés traditionnels d'être sans équivoque en faveur de la liberté, des valeurs républicaines et de la défense de l'Ukraine contre l'agression russe", a lancé M. Tusk.

L'ancien chef du Conseil européen (2014-2019) a également exprimé son espoir de rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de ce sommet.

Il a également promis de résoudre le conflit à la frontière avec l'Ukraine, bloquée depuis un mois par les routiers polonais qui dénoncent "la concurrence déloyale" de leurs collègues ukrainiens.

Le blocage a provoqué une crise grave dans les relations entre les deux pays.

"Nous avons déjà trouvé les solutions pour répondre le plus vite possible aux besoins des transporteurs polonais et débloquer la frontière", a-t-il déclaré.

La volonté de coopérer semble réciproque puisque le président ukrainien a envoyé sur X ses "félicitations" lundi, immédiatement après la désignation de M. Tusk au poste de Premier ministre.

«Union européenne puissante»

S'adressant à la chambre basse du Parlement, M. Tusk a déclaré qu'il rétablirait la crédibilité de la Pologne qui retournera désormais "à la place qui lui est due" au sein de l'UE.

"Nous sommes d'autant plus forts, d'autant plus souverains non seulement quand la Pologne est plus forte, mais aussi quand l'Union européenne l'est", a-t-il déclaré, alors que le précédent gouvernement populiste entretenait des relations conflictuelles avec Bruxelles.

Pour donner de la voix sur la scène internationale, M. Tusk a misé sur un vieux routier de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, au poste du ministre des Affaires étrangères.

M. Sikorski a déjà occupé ce poste dans les années 2007-2014.

Le Premier ministre a promis de rétablir l'Etat de droit, source de conflit profond entre Varsovie et Bruxelles qui reprochait au précédent gouvernement d'entraver l'indépendance de la justice et a, en conséquence, bloqué plus de 35 milliards d'euros de financements.

"Je ramènerai de Bruxelles ces milliards tant attendus", a lancé M. Tusk, qui a été président du Conseil européen de 2014 à 2019. Pour le poste de ministre de la Justice, il a choisi "un garant de l'indépendance", l'ancien médiateur polonais pour les droits humains Adam Bodnar.

Lundi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité le nouveau Premier ministre, soulignant que son "expérience et fort engagement envers nos valeurs européennes seront précieux pour forger une Europe plus forte".

Outre les ministères traditionnels, plusieurs nouvelles administrations ont été également créées, dont le ministère de l'Egalité, celui de la Société civile ou celui en charge des Personnes âgées.

«Redresser tous les torts»

Composée par la Coalition Civique (KO, centre), la Troisième Voie et La Gauche, la coalition pro-européenne dispose de 248 députés, face à 194 élus du parti PiS et aux 18 représentants de la Confédération (extrême droite), sur 460 sièges au total.

Même si la coalition de forces pro-européennes a remporté les législatives du 15 octobre, c'est au pouvoir nationaliste sortant que le président Andrzej Duda, son allié, avait d'abord confié la tâche de constituer un gouvernement, offrant ainsi au camp nationaliste populiste deux mois au pouvoir supplémentaire.

Lundi, le Parlement a refusé sa confiance au gouvernement sortant de Mateusz Morawiecki avant d'élire M. Tusk.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.