France: après l'échec cinglant de sa réforme sur l'immigration, le «macronisme» dans l'impasse

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin écoutent un participant alors qu'ils assistent à une réunion publique avec des habitants dans un gymnase du quartier de La Busserine lors d'une visite à Marseille, dans le sud-est de la France, le 26 juin 2023.. (Photo Ludovic Marin, POOL AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin écoutent un participant alors qu'ils assistent à une réunion publique avec des habitants dans un gymnase du quartier de La Busserine lors d'une visite à Marseille, dans le sud-est de la France, le 26 juin 2023.. (Photo Ludovic Marin, POOL AFP)
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Publié le Samedi 16 décembre 2023

France: après l'échec cinglant de sa réforme sur l'immigration, le «macronisme» dans l'impasse

  • Le rejet spectaculaire lundi du projet de loi sur l'immigration par les députés de gauche, de droite et d'extrême droite coalisés, constitue un nouveau tournant pour le gouvernement
  • Pour tenter de satisfaire les uns et les autres, le projet de loi reposait sur «deux jambes», avec d'un côté un volet répressif sur l'expulsion des étrangers jugés dangereux et de l'autre la promesse de régulariser certains travailleurs

PARIS  : Confronté à une forte poussée de l'extrême droite et sans majorité absolue au Parlement, le président français Emmanuel Macron se retrouve très fragilisé après le rejet fracassant du projet de loi sur l'immigration, à trois ans et demi de la fin de son mandat.

Après sa réélection en 2022, le spectre d'une France difficilement gouvernable surgissait déjà, avec le risque que les trois grandes forces issues des législatives - la majorité relative autour du parti présidentiel Renaissance, l'arrivée en force du Rassemblement national de Marine le Pen et la coalition de gauche Nupes - en viennent à se neutraliser.

Jusqu'ici, le gouvernement a réussi à faire passer de nombreuses lois en s'appuyant au cas par cas sur l'opposition ou en recourant à l'article 49.3 de la Constitution qui lui permet de contourner le vote parlementaire. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait une vingtaine de fois, quitte à s'attirer les foudres de l'opinion comme de l'opposition, notamment lors de la réforme des retraites l'an dernier.

Mais le rejet spectaculaire lundi du projet de loi sur l'immigration par les députés de gauche, de droite et d'extrême droite coalisés, constitue un nouveau tournant.

Pour Céline Bracq, directrice générale de l'institut de sondages Odoxa, ce «moment critique» peut même aboutir à «une crise politique majeure».

«Le président s'est vraiment mis dans la nasse», estime-t-elle, constatant qu'il n'avait jamais tiré toutes les leçons de l'absence de majorité absolue, pourtant déterminante dans le cas d'un régime présidentiel fort comme celui de la France.

Les passages en force liés au 49.3 ont donné lieu à «des oppositions vindicatives qui se liguent contre lui», alors même que les deux tiers des Français sont favorables au texte sur l'immigration, relève la sondeuse.

Pour l'entourage d'Emmanuel Macron, s'il y a eu «manifestement un blocage» lundi, c'est la faute aux oppositions, et particulièrement au Parti socialiste et aux Républicains (LR, droite), dont le président a dénoncé «le cynisme» et «l'incohérence» alors qu'ils ont «dirigé le pays pendant 40 ans». Surtout, «ça ne signifie pas que ce blocage est indépassable».

- «droitisation» -

Cet épisode est pourtant symptomatique, selon Luc Rouban, du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), en ce qu'il confirme l'échec de la majorité à «vouloir à tout prix dépasser les clivages droite-gauche pour une sorte d'efficacité de gestionnaire».

Pour tenter de satisfaire les uns et les autres, le projet de loi reposait en effet sur «deux jambes», avec d'un côté un volet répressif sur l'expulsion des étrangers jugés dangereux et de l'autre la promesse de régulariser certains travailleurs dans les métiers en tension comme la restauration.

Son rejet dans l'hémicycle oblige désormais le gouvernement à d'intenses manœuvres de négociations avec la droite, dont le soutien est indispensable, avant la réunion lundi d'une commission mixte paritaire qui réunira sept députés et sept sénateurs, pour tenter de s'accorder sur une version durcie du texte.

«On voit bien que la mécanique s'est grippée et que le gouvernement est dans l'impasse», note M. Rouban, pour qui le «grand gagnant à court terme» est le RN, qui s'impose peu à peu comme «force politique de référence» en poussant la droite traditionnelle comme la majorité à «toujours plus de droitisation».

L'extrême droite profite aussi d'un climat général tendu, entre le conflit israélo-palestinien et plusieurs faits divers récents comme l'assassinat en octobre dans le nord du pays d'un professeur de français par un jeune Russe radicalisé, souligne le politologue Jean-Yves Camus.

Comme ailleurs en Europe, où les leaders populistes sont en progression, «on avance a grands pas vers une forme de polarisation sur les questions de l’identité et de la religion», rappelle-t-il.

Pour les experts interrogés, l'exécutif dispose donc de peu d'options pour mener à bien ses ambitions réformatrices d'ici la fin de son quinquennat, en 2027.

Un remaniement ministériel ne débloquerait pas les obstacles au Parlement, et Emmanuel Macron lui-même a écarté l'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée, très risquée pour la majorité en cas de législatives anticipées.

Ce mécanisme s'était retourné contre le président Jacques Chirac en 1997, l'obligeant ensuite à composer avec un Premier ministre de cohabitation socialiste.

«Reste une seule option» au gouvernement, selon le politologue: «se droitiser davantage et retrouver les faveurs des Républicains (LR) qui luttent eux-mêmes pour leur survie face au RN».

Au risque de faire imploser la majorité actuelle, en provoquant l'ire de son aile gauche et centriste? «Le temps du +ni, ni+ ou du +en même temps+ est fini», estime M. Rouban: «Le macronisme est mort».

 


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.


Expo2030: la France devient le premier pays à officialiser sa participation

Jacques Maire Président de Cofrex & Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyad, en présence de Son Altesse le Prince Faisal bin Farhan Al Saud, ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du BIE. (Photo fournie)
Jacques Maire Président de Cofrex & Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyad, en présence de Son Altesse le Prince Faisal bin Farhan Al Saud, ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du BIE. (Photo fournie)
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  • La France est le premier pays à signer officiellement son contrat de participation à l’Expo 2030 Riyad.
  • Signé à Paris en marge de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane, l’accord précise les contours de la présence française et marque une nouvelle étape dans la préparation de l’Exposition universelle saoudienne.

PARIS: La France sera au rendez-vous de l’Expo 2030 Riyad. Elle est même le premier pays à avoir officiellement signé son contrat de participation à l’Exposition universelle qui se tiendra dans la capitale saoudienne du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031.

La signature de l’accord s’est déroulée à Paris, en marge de la visite du prince héritier et Premier ministre saoudien, Mohammed ben Salmane. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan Al Saoud, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du Bureau international des Expositions (BIE).

Le contrat a été signé par Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyad, et Jacques Maire, président de la Compagnie française des expositions (Cofrex), l’organisme chargé de préparer et de mettre en œuvre la participation française aux Expositions universelles.

Un premier contrat qui donne le ton

Au-delà de sa portée symbolique, cet accord fixe concrètement le cadre de la participation française pendant les six mois de l’Expo. Il précise notamment l’emplacement et la superficie attribués au pavillon français, ainsi que les grandes orientations de son contenu et de l’expérience proposée aux visiteurs et aux entreprises.

« La signature par la France de son contrat de participation, en tant que premier pays à franchir cette étape, constitue une avancée importante pour l’Expo 2030 Riyad », a déclaré Talal Al-Marri.

Le directeur général de l’Expo a également souligné la longue tradition française de participation aux Expositions universelles et son expertise dans les domaines de la culture, de l’innovation et de la création d’expériences destinées au public.

Cette première signature intervient alors que Riyad accélère les préparatifs de son Exposition universelle. Le 25 août, l’Arabie saoudite et le BIE ont également signé l’Accord de Siège, qui établit le cadre juridique et administratif applicable aux participants officiels. Plus de 135 pays ont déjà confirmé leur participation, selon le BIE.

« Sous un même ciel » : le pavillon français se dévoile

Le pavillon français sera installé dans le quartier thématique baptisé « Planète ». Son thème sera « Sous un même ciel », avec une scénographie articulée autour de quatre éléments : le ciel, la terre, le feu et l’eau.

Pour Jacques Maire, cette conception doit permettre à la France de conjuguer représentation culturelle, innovation et enjeux environnementaux.

Le pavillon aura une double vocation : proposer aux visiteurs une expérience immersive et mettre en avant le savoir-faire français, notamment dans les domaines liés à la protection de la planète et à la transition écologique.

« L’Expo 2030 Riyad constitue une plateforme exceptionnelle pour faire rayonner la créativité, l’innovation et le savoir-faire français », a déclaré le président de Cofrex.

La France entend ainsi utiliser l’Exposition comme une vitrine internationale pour ses entreprises, ses institutions et ses créateurs, tout en participant aux réflexions collectives sur les grands défis auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines.

Une exposition placée sous le signe de l’avenir

L’Expo 2030 Riyad aura pour thème général « Imaginer demain ». Elle devrait réunir plus de 200 participants officiels et accueillir quelque 42 millions de visites sur un site de six millions de mètres carrés.

Les organisateurs prévoient cinq quartiers thématiques, des pavillons nationaux, des espaces culturels immersifs et une programmation quotidienne destinée à favoriser les échanges entre visiteurs, pays et organisations.

L’intelligence artificielle et les technologies de pointe doivent également occuper une place importante dans l’expérience proposée au public, aux côtés de l’hospitalité saoudienne et d’une programmation culturelle internationale.

Pour Riyad, l’enjeu dépasse toutefois les six mois de l’Exposition. Le site doit à terme évoluer vers un « village mondial » permanent, conçu pour laisser un héritage durable à la capitale saoudienne et au Royaume.

Une dynamique franco-saoudienne qui se renforce

La signature du contrat français intervient dans un contexte de multiplication des coopérations entre les deux pays autour de l’Expo. Le 26 août, Expo 2030 Riyad et Atout France, l’agence nationale française de développement touristique, ont également signé un protocole d’accord destiné à renforcer les échanges d’expertise, notamment dans le tourisme durable, l’expérience des visiteurs et la préparation de l’héritage de l’Exposition.

Cette succession d’accords illustre la volonté de Riyad de transformer l’Expo 2030 en plateforme de coopération internationale bien avant son ouverture.

Pour la France, qui fait de son pavillon un espace de rayonnement culturel, économique et technologique, le rendez-vous constitue également une occasion de renforcer sa présence dans un Royaume engagé dans une profonde transformation économique et sociale.

À quatre ans de l’ouverture des portes de l’Expo 2030, le pavillon français entre donc officiellement dans sa phase de préparation. Et en choisissant la France comme premier pays à formaliser sa participation, Riyad donne un premier signal fort sur l’importance qu’il entend accorder à ses partenaires internationaux dans la construction de cette future vitrine mondiale.