Face au changement climatique, les derniers fondus de ski

Dans le domaine voisin de Planai-Schladming, il faut désormais débourser jusqu'à 73,50 euros à la journée - des tarifs en augmentation de 8,5% comparé à l'an dernier. (AFP)
Dans le domaine voisin de Planai-Schladming, il faut désormais débourser jusqu'à 73,50 euros à la journée - des tarifs en augmentation de 8,5% comparé à l'an dernier. (AFP)
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Publié le Jeudi 21 décembre 2023

Face au changement climatique, les derniers fondus de ski

  • Les pistes autrichiennes sont couvertes en moyenne à 70% de neige de culture, une proportion amenée à grimper alors que les hivers se réchauffent
  • Produit "haut de gamme" à la base, le ski va devenir de plus en plus coûteux du fait de l'impact climatique, commente Oliver Fritz, économiste

ALTENMARKT: Au coeur des Alpes autrichiennes, des ouvriers façonnent des milliers de skis par jour. Pour une clientèle prête à débourser de plus en plus pour dévaler des pistes menacées par le réchauffement climatique.

Atomic, Salomon, Armada... les plus prestigieuses marques sont fabriquées dans cette usine d'Altenmarkt, aux portes de Salzbourg, où sont assemblées pièces en bois, semelles et carres.

"Le ski devient de plus en plus un sport de luxe. C'est un fait", témoigne le PDG d'Atomic, Wolfgang Mayrhofer, dans un entretien à l'AFP.

Il évoque "des clients venus de Scandinavie ou de Hambourg en quête des meilleurs produits", les nombreuses "maisons secondaires" et "les énormes SUV qui sillonnent la région". Et puis, il y a "toujours les passionnés".

Rien ne les dissuade: ni les équipements toujours plus onéreux, ni les forfaits en hausse.

Dans le domaine voisin de Planai-Schladming, il faut désormais débourser jusqu'à 73,50 euros à la journée - des tarifs en augmentation de 8,5% comparé à l'an dernier.

70% de neige artificielle

Il s'agit de compenser l'augmentation des coûts de l'énergie liée notamment à l'enneigement artificiel, explique Christoph Eisinger, directeur de la société gestionnaire Ski Amade, qui chapeaute 25 stations.

Les pistes autrichiennes sont couvertes en moyenne à 70% de neige de culture, une proportion amenée à grimper alors que les hivers se réchauffent.

"Nous sommes bien sûrs affectés par le changement climatique", reconnaît le responsable. Mais grâce à des "équipements très performants", il se dit "confiant pour les 20 à 30 prochaines années".

Les forfaits annuels, au prix de 770 euros, se sont d'ailleurs arrachés cette année. En ce début de saison, les amoureux de la glisse sont au rendez-vous, prêts à "payer davantage chaque année pour s'offrir ce petit plaisir", confie à l'AFP Brigitte Pichler, retraitée autrichienne de 69 ans.

"Les prix ont explosé mais je préfère serrer la vis ailleurs et continuer à skier", renchérit une vacancière allemande, Andrea Mentges, 42 ans.

Dans ce contexte, les affaires d'Atomic, qui revendique le premier rang mondial, se portent bien: le chiffre d'affaires devrait signer un nouveau record cette année, dépassant les 277 millions d'euros enregistrés en 2022.

Forte d'un millier d'employés, la compagnie autrichienne - propriété du groupe finlandais Amer Sports, passé en 2019 sous pavillon chinois - produit chaque année 550 000 paires de ski à Altenmarkt et dans un autre site du sud de la Bulgarie.

«Dernière chance?»

De quoi nourrir "l'optimisme" des acteurs du secteur. Mais jusqu'à quand?

Certains déjà renoncent pour "raisons financières", selon une récente étude conduite en ligne par le cabinet Manova auprès de 3 000 personnes en Autriche, Allemagne et Suisse.

Produit "haut de gamme" à la base, le ski va devenir de plus en plus coûteux du fait de l'impact climatique, commente Oliver Fritz, économiste de l'institut autrichien Wifo.

A haute altitude, il faudra toujours plus de neige artificielle, ce qui fera grimper encore les tarifs, tandis que les domaines à plus faible altitude, souvent prisés des bourses plus modestes, sont voués à disparaître.

Dans le cas d'un réchauffement global de 4%, ce sont 98% des 2.234 stations européennes qui seraient confrontés à un risque "très élevé" de manque de neige, d'après une étude parue en août dans la revue scientifique Nature Climate Change.

Et la fabrication de neige, grande consommatrice d'eau et d'énergie, ne saurait être une solution miracle, pointait-elle.

Face à ces prédictions pessimistes, le "tourisme de la dernière chance" pourrait expliquer la résistance du secteur "malgré des prix élevés", avance M. Fritz.

"Peut-être qu'inconsciemment, les gens veulent en profiter tant qu'ils peuvent, sachant que le ski est en péril".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.