A Marignane, la mairie impose la viande au nom de la laïcité, les parents d'élèves heurtés

La dirigeante du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen (C), rencontre des gens sur un marché en plein air à Marignane, près de Marseille, alors qu'elle fait campagne pour soutenir la candidature de Franck Allisio (R) dans la 12e circonscription du département des Bouches-du-Rhône, le 24 mai 2022, avant les élections législatives des 12 et 19 juin en France. (AFP).
La dirigeante du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen (C), rencontre des gens sur un marché en plein air à Marignane, près de Marseille, alors qu'elle fait campagne pour soutenir la candidature de Franck Allisio (R) dans la 12e circonscription du département des Bouches-du-Rhône, le 24 mai 2022, avant les élections législatives des 12 et 19 juin en France. (AFP).
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Publié le Vendredi 22 décembre 2023

A Marignane, la mairie impose la viande au nom de la laïcité, les parents d'élèves heurtés

  • "Avant il mangeait à la cantine", explique une maman, de confession musulmane
  • Contacté par l'AFP, le maire, parrain du candidat d'extrême droite Eric Zemmour lors de la présidentielle 2022, n'a pas souhaité s'expliquer

MARIGNANE: "C'est fait pour diviser": à Marignane, depuis la rentrée, c'est viande obligatoire à la cantine pour tous les écoliers, "au nom du principe de laïcité" a justifié la municipalité. Une mesure dénoncée comme "discriminatoire" par les syndicats et beaucoup de parents.

Devant le portail de l'école primaire Albert-Camus, près des zones commerciales de cette commune des Bouches-du-Rhône, l'incompréhension voire l'inquiétude dominent chez les parents, dont une majorité de mères.

"Avant il mangeait à la cantine", explique une maman, de confession musulmane, à propos de son fils de six ans qu'elle vient maintenant chercher: "Je ne le laisse plus", regrette-t-elle, ne souhaitant pas qu'on impose à son enfant de la viande non halal ou du porc.

"Vous devez respecter en vertu du principe de la laïcité (le fait) de servir toutes les composantes des menus, y compris la viande", indique une note interne de la mairie de Marignane adressée en septembre aux agents de restauration et consultée par l'AFP.

La note précise que viande et légumes ne doivent pas être mélangés et reconnaît quand même aux enfants "le droit de faire le choix de les manger ou pas".

"La note est un rappel aux cantinières qui se permettaient de ne pas servir de viande à tel ou tel enfant, en fonction de la religion", avait déclaré à France Bleu Provence Eric Le Dissès, maire divers droite de Marignane, en expliquant que cette mesure a été prise après un incident avec un enfant qui s'était plaint auprès de ses parents de ne pas avoir eu de viande.

Contacté par l'AFP, le maire, parrain du candidat d'extrême droite Eric Zemmour lors de la présidentielle 2022, n'a pas souhaité s'expliquer sur les motivations de cette décision.

"En aucun cas le principe de laïcité ne peut être mis en avant pour imposer un menu", conteste Nicolas Cadène, ex-rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité, qui ne voit pas de "critères objectifs" ou un "intérêt supérieur de l'enfant" justifiant juridiquement une telle mesure. "C'est une fois de plus une instrumentalisation de la laïcité, une réponse qui stigmatise et divise."

Une « maltraitance aux enfants »

"Un paquet (de familles) ont retiré leurs enfants", affirme un père de famille, devant l'école Albert-Camus, sans vouloir donner son nom. Lui-même de confession juive et mangeant casher, il n'avait de toute manière pas mis ses enfants à la cantine, mais est hostile à la mesure de la mairie. Dont il apprécie pourtant globalement la politique.

Plus critique, Nadia Khiari, 33 ans, jongle elle avec son emploi du temps pour venir chercher ses deux fils de 7 et 6 ans et sa fille de 3 ans. "Je les mets à la cantine quand je n'ai pas le choix", explique la jeune femme de confession musulmane, dénonçant une décision "discriminatoire". "Sans même parler de religion, il y a des enfants végétariens", ajoute-t-elle.

"J'ai grandi à Vitrolles, il n'y avait pas ces problèmes", explique-t-elle, jugeant que la mairie aurait pu "éviter d'en faire toute une histoire", sans pour autant réclamer de repas de substitution végétariens, comme le pratique cette commune voisine.

"Les parents, pas plus que la CGT, ne demandent du casher ou du halal à tous les repas ou un repas de substitution", confirme Johnny Benoit, secrétaire général de la CGT Territoriaux de Marignane.

"C'est fait pour diviser", estime-t-il, soulignant également le gaspillage de nourriture induit par cette mesure et la pression mise sur les agents de restauration, dans un contexte tendu autour de l'école et des questions de laïcité.

"On est en première ligne", confie une agente de restauration de la commune, qui "ne souhaite pas infliger cette maltraitance aux enfants". Mais la consigne a été donnée par la mairie de ne pas servir de viande aux écoliers dont les parents sont "les plus virulents" contre cette mesure, assure-t-elle.

Une pétition en ligne, intitulée "Stop à la discrimination dans les écoles de Marignane" et exigeant le retrait de cette note municipale, a recueilli environ 400 signatures, dont de nombreux parents. "On n'est pas là pour embêter le système scolaire", témoigne Nadia Khiari qui veut juste avoir le choix.


Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
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  • D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger
  • Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

NANTES: Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.

"Cette guerre on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Oui le combat est compliqué mais on ne perdra pas cette guerre", a martelé le ministre, depuis le lieu de la fusillade survenue jeudi soir, où il est arrivé en fin de matinée.

D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger.

Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Une cellule psychologique du Samu a été mise en place dans le quartier, a constaté l'AFP.

Jeudi, vers 19H30, deux individus "cagoulés" sont arrivés et ont ouvert le feu "un peu à l'aveugle" sur un groupe de jeunes adolescents, dans ce quartier hérissé de barres d'immeubles construites au milieu de la verdure au bord d'une rivière, a rappelé le ministre.

Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont "très probablement liés" au narcotrafic, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que rien n'indiquait que les adolescents visés par les tirs "et a fortiori" celui qui est décédé étaient liés au trafic.

Ce point de deal est "très convoité", la police ayant interpellé cinq personnes en mars et "quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire", a expliqué le ministre, faisant le parallèle avec des faits récemment survenus à Nice et près de Lyon.

Le 11 mai à Nice, en plein après-midi, un homme déposé en voiture avec une trottinette avait tiré par rafales en direction d'un groupe devant un café et un magasin de bonbons, tuant deux pères de familles de 57 ans et 39 ans. Il avait aussi blessé six personnes, dont trois grièvement.

Le même jour, à Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, un incendie "d'intimidation" a conduit à la mort de trois personnes, "qui n'avaient rien à voir avec le trafic de stupéfiants", a rappelé M. Nuñez.

"Très peur" 

"Il y a des drames qui se produisent", mais "il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux. Ce qui s'est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante" contre le narcotrafic, a-t-il encore déclaré, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland.

Vendredi matin, trois impacts de balles sont toujours visibles dans la porte d'entrée de l'immeuble du 3 rue de Pornichet, où les tirs se sont produits.

Une habitante de l'immeuble a décrit à l'AFP, sous couvert d'anonymat, comment elle a découvert l'un des adolescents touchés par balle "qui ne respir(ait) plus", disant avoir pensé à lui "toute la nuit".

Une voisine "envisage de quitter le quartier où elle a grandi". Son petit garçon de 10 ans a dit avoir "très peur". "Ça m'inquiète, j'en ai assez de tout ça", se désole le garçonnet qui ne veut plus dormir qu'au côté de sa mère depuis les premiers coups de feu entendus dans le quartier il y a plusieurs semaines.

Le trafic s'est "installé petit à petit", a témoigné auprès de l'AFP Cécile, sexagénaire qui habite rue de Pornichet "depuis 1995" et qui se dit "profondément choquée".

"Depuis quelques années et surtout quelques mois, on voit bien que ça craint en fait et là ça fait vraiment peur à tout le monde", a-t-elle ajouté, observant depuis peu des personnes différentes, "des plus grands, cagoulés, tout en noir".

Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à 6,8 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'en 2010, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.