Immigration: Macron semble avoir dissuadé les «frondeurs» de son camp

Emmanuel Macron semble avoir circonscrit l'incendie déclenché par la loi controversée sur l'immigration du côté gauche de sa majorité, qui menaçait de tourner à la fronde (Photo d'illustration, AFP).
Emmanuel Macron semble avoir circonscrit l'incendie déclenché par la loi controversée sur l'immigration du côté gauche de sa majorité, qui menaçait de tourner à la fronde (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Lundi 25 décembre 2023

Immigration: Macron semble avoir dissuadé les «frondeurs» de son camp

  • Emmanuel Macron semble avoir circonscrit l'incendie déclenché par la loi controversée sur l'immigration du côté gauche de sa majorité
  • Au final, seule la voix du ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a jeté l'éponge, heurté par un texte jugé trop dur

PARIS: Des ministres mal à l'aise ou démissionnaires, finalement rentrés dans le rang : le président français Emmanuel Macron semble avoir circonscrit l'incendie déclenché par la loi controversée sur l'immigration du côté gauche de sa majorité, qui menaçait de tourner à la fronde .

Au final, seule la voix du ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a jeté l'éponge, heurté par un texte jugé trop dur et adopté avec l'opposition de droite et d'extrême droite.

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Sylvie Retailleau a elle aussi présenté mercredi sa démission, en raison d'un "désaccord profond" sur les mesures concernant les étudiants étrangers. Mais il lui a été signifié qu'elle était refusée et elle reste en poste, selon son entourage.

Quant au ministre des Transports Clément Beaune, qui avait fait partie de son malaise et échangé avec des collègues réfractaires avant le vote, il garde depuis le silence.

Le chef de l'Etat, soucieux de se montrer pugnace dans la crise, n'a rien laissé filtrer en public. Mais il n'en paraît pas moins agacé par ces ministres au bord de la crise de nerfs et par ces menaces de démissions.

Il a brutalement recadré mercredi une autre frondeuse présumée, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak, prenant le contre-pied de ses déclarations critiques contre Gérard Depardieu et défendant l'acteur star du cinéma français, dans la tempête après des accusations de viol et agression sexuelle.

Bourlanges: «personne ne pose les bonnes questions» sur l'immigration

Le député MoDem Jean-Louis Bourlanges estime "que personne ne pose les bonnes questions" sur l'immigration et juge plus largement que le pouvoir macroniste "navigue selon les attentes de l'opinion" depuis le début du second quinquennat, dans une interview publiée par la Tribune Dimanche.

Le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale s'est abstenu mardi lors du vote de la loi sur l'immigration.

"Personne ne pose les bonnes questions, la faute politique est là. D’abord, comment résolvons-nous l'enjeu démographique dans une Europe qui fait moins d'enfants? Ensuite, comment nous situons-nous par rapport au tiers-monde? Devons-nous le priver de ses forces ou l'aider à se développer? Enfin, comment contrôler vraiment les flux migratoires, avec quels moyens et quelles conséquences humaines?", s'interroge-t-il.

Le député explique s'être abstenu parce que plusieurs dispositions du projet de loi seraient inconstitutionnelles. "En outre, plusieurs articles de cette loi envoient à l'égard des immigrés des signaux malveillants qui ne sont pas bienvenus en ces temps de tensions", dit M. Bourlanges. "Enfin, l'intégration des travailleurs en situation irrégulière est ignorée au regard des enjeux de régulation des flux migratoires", ajoute-t-il.

«Personne n'est illégale»

La ministre, qui n'est autre que son ancienne conseillère à la Culture, tout comme Clément Beaune aux Affaires européennes, avait pourtant démenti le jour même les rumeurs de démission la concernant.

Emmanuel Macron, qui avait lui-même démissionné en 2016 du ministère de l'Economie pour préparer sa propre marche vers l'Elysée, appréciera sûrement à leur juste valeur toutes ces menaces avortées.

A peine arrivé à l'Elysée en 2017, il avait sèchement remis à sa place le chef d'Etat-major des armées, le général Pierre de Villiers, inquiet pour son budget, d'un cinglant "Je suis votre chef !"

Depuis le vote de la loi immigration, il a tout fait pour colmater les brèches et éviter l'image d'une majorité facturée. Avec un seul mot d'ordre à l'approche de 2024, année des Jeux Olympiques de Paris, il n'entend pas faire un tournant de son quinquennat : se mobiliser, serrer les rangs, poursuivre les réformes.

Pour éteindre l'incendie, le chef de l'Etat a immédiatement saisi le Conseil constitutionnel sur certaines dispositions de la loi, issues d'un compromis avec la droite mais très décriées sur son aile gauche. Une manière de donner des gages aux plus récalcitrants de son camp, qui espèrent voir certaines mesures censurées.

Le débat s'est notamment cristallisé sur les aides au logement, qui seront accessibles plus tard pour des étrangers arrivant sur le sol français et sur la "caution retour" demandée aux étudiants étrangers.

Le chef de l'Etat a lui-même convenu que demander une telle prudence n'était "pas une bonne idée" alors que la compétition internationale est grande entre universités pour accueillir les talents étrangers.

La communauté universitaire s'est dite "rassurée" vendredi après un échange avec sa ministre de tutelle visant à obtenir le retrait de "plusieurs mesures discriminatoires", dont la prudence.

Le parti d'opposition de droite Les Républicains, artisan du durcissement de la loi, craint désormais de voir le texte détricoté. "Pouvez-vous prendre l'engagement solennel que vous ferez appliquer la nouvelle loi immigration ?", a lancé son président, Eric Ciotti, dans une lettre à la Première ministre Elisabeth Borne.

Environ un millier de personnes ont manifesté vendredi à Paris et des centaines à Bordeaux (sud-ouest) pour dénoncer l'adoption du projet de loi controversé sur l'immigration, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Au cas par cas, on n'en veut pas, régularisation de tous les sans-papiers", "personne n'est illégale", ont scandé les manifestants qui ont défilé à l'appel de collectifs de sans-papiers et de la Marche des Solidarités.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.